Texte Libre

RÉCITS ISOLÉS

Samedi 4 avril 2009
Aventure L'hôtel où j'avais retenu pour quelques jours n'était plus très loin. Tant mieux car la route, depuis que j'avais traversé le Rhône à Valence, n'était qu'une succession de tournants, jusqu'à Lamastre, et même jusqu'à Saint-Agrève. J'approche de Tence, et depuis la sortie de Saint-Agrève, justement, ça va mieux. Ce sont les hauts plateaux du nord de l'Ardèche, aux confins de la Haute-Loire, et c'est plus reposant : herbages et forêts de résineux se succèdent, et, malgré la chaleur élevée qui s'est installée depuis quelques jours, en cette fin de juillet 2006, il fait ici bien plus frais. Je me suis arrêtée pour respirer un peu, humer le bon air des sapins.   Vous allez vous demander : qu'est-ce que cette fille de Provence vient faire parmi les vaches de la France profonde, fin juillet, au lieu d'aller rôtir sur les plages du Var.   Je pourrais, en effet, jouer à l'estivante, coincée entre deux mecs empressés qui ne demanderaient pas mieux que de lorgner mes seins nus et de se proposer pour se succéder, sur ma belle personne, au cours de nuits de plaisirs, jouissance physique et inédite garantie !   Eh bien !, justement, c'est ce genre de lieu que j'évite. J'ai réussi, en un rien de temps, à faire fuir l'ami qui depuis des années me faisait grimper au septième ciel, presque chaque nuit, sans refuser d'honorer à son tour, la copine qui m'aimait depuis plus longtemps encore.   En fait, ils sont partis ensemble...   Donc, fatiguée, écœurée, démoralisée, pour ne pas dire franchement déprimée, je me suis dit "Cécile, ma vieille, va donc loin de tout ça, dans un coin sauvage et frais, à la campagne, parmi les vaches et les chèvres, renouer avec la nature, te purifier dans la vie saine et calme de nos chères vieilles montagnettes anciennement volcaniques."   Aussitôt ce sage appel entendu, j'ai exploré la carte Michelin France-Sud, et en fermant les yeux, désigné un bled inconnu, sans nom même, de mon index : quelque part en plein désert entre Saint-Agrève, Le Chambon-sur-Lignon, Devesset et Tence, localités de moi tout aussi étrangères !   J'ai ensuite recherché, avec Booking.com, les ressources hôtelières du coin : j'ai finalement retenu une chambre, dans mes prix, dans un hôtel situé au-delà de Tence, donc un peu plus à l'ouest que prévu, “le Marconnès“, sur la commune au nom tout aussi improbable de Saint-Arcons-de-Barges !   Et j'y arrive sur les sept heures du soir. Coin champêtre, vieille bâtisse du xvième siècle (en partie !), genre manoir, grand calme garanti. Ma chambre, au premier étage est certes rustique, avec des murs d'un mètre d'épaisseur, mais d'un bon confort bourge tout de même. Elle donne sur les Monts du Velay : vue à couper le souffle, sans vis-à-vis. Que demande le peuple ? S'il n'a pas de pain, il aura de la brioche !   Je redescends pour prendre un drink sur la terrasse (j'ai bien besoin d'un remontant !), tout en lisant le thriller suédois à la mode, de Stieg Larsson, “Millénium“, dont le premier tome vient de paraître. Il y a peu de monde pour l'instant. À côté de ma table, une famille de trois : père, mère et adolescent de 15-16 ans ; très très mignon, l'ado! Je lui fais face, et je vois qu'il zyeute avec intérêt ma petite robe courte qui a du mal couvrir ne serait-ce que mes cuisses. Je ne parle pas du reste, que je ne peux apprécier que dans les yeux exorbités du garçon ! Le gamin, ça va, c'est même plutôt sympa, mais voilà que le père s'y met aussi ! Là, tant pis pour l'ado qui répond au doux prénom de Cyril, mais je me sens obligée de me déplacer un peu et de tirer ma robe vers les genoux pour éviter le regard libidineux du père.   La femme s'aperçoit du manège du fils et de l'époux, et se retourne pour voir le spectacle qui les intéresse tant. En même temps, nous nous reconnaissons : "Cécile, c'est bien toi ? Oh, Cécile ! —Charlotte, toi ici ? C'est pas possible !" Nous nous levons pour nous enlacer et nous poutouner avec joie : il y a plus de 10 ans que nous ne nous sommes vues ! La dernière fois, c'était peu après le bac, pendant l'été 1995, nous avions 18 ans ; ensuite, nos études, la vie, d‘autres amours aussi, nous avaient séparées bien que pendant trois ans nous avions été liées de façon très intime, fusionnelle même... Charlotte fait les présentations : "Gerard, ou plutôt, Gerry, Rabaud, mon mari, Cyril, mon beau-fils. Cécile Malvert, une vieille amie du lycée. Et toi, tu es seule ? Qu'est-ce qui t'amène dans ce coin perdu ? —Vieille dis-tu ? Nous avons 29 ans, je crois, et tu nous dis vieilles ! Qu'est-ce qui m'amène ? Je ne sais trop, le besoin de calme, d'authenticité aurait dit Pagnol (qui aimait cultiver l' “Authentique, souviens-toi!). Je pourrais te retourner la question, non ? —Eh, bien ! nous aussi, nous cherchons le calme et l'authentique, et ici nous les trouvons. Nous y venons à l'estive pour la seconde année."   Charlotte me propose de m'installer à leur table pour dîner. Il y a aussi un autre couple, Nadine et Julien. J'ai à ma gauche, Charlotte, à ma droite, Julien, en face, Gerry, Nadine et Cyril. Cyril me fait les yeux doux tout en les plongeant souvent, et avec concupiscence, dans mon décolleté avantageux. Manifestement, je lui plais. Et, je l'avoue sans honte, cela ne me déplait pas.   Julien raconte qu'avec Nadine, ils sont allés passer l'après-midi au bord d'un petit lac; ils ont pu se baigner et rester nus, sans être dérangés par quiconque. Un coin idyllique, quoi. Gerry suggère d'y aller demain. Tout le monde semble d'accord : il n'y a guère que moi pour dire que je ne me sens pas trop l'envie d'aller m'exhiber en pleine nature. Nadine, que je trouve agréable et qui me semble être une personne sensée, dit : "je vous assure, Cécile, que c'est un coin vraiment épatant. On y accède par un petit chemin, loin de la route. D'ici, en vélo, c'est à peine à trois quarts d'heure. Et on y est seuls : nous n'avons pas vu trace d'occupation récente. Ça serait sympa d'y aller tous les six, non ?"   Je me dis que les deux couples, qui semblent bien se connaître, sont des habitués de ce genre d'ébats. Et Cyril ? Après tout, il n'est apparenté à aucune des femmes, peut-être qu'il les baise toutes les deux... Pour une fois, ce soir, je vais me coucher de bonne heure...   Vers minuit (je ne le sais qu'après, bien sûr !), je me réveille. Un corps nu s'est glissé dans mon lit ! Comme je dors nue moi-même, il y a un corps nu contre mon corps nu. Une bouche sur ma bouche, une main sur un de mes seins, une autre sur ma chatte, avec un doigt qui cherche à se glisser par ma fente. J'ai vite reconnu Cyril. "Qu'est-ce que tu fais là ? —Tu n'as pas fermé ta porte à clé, alors j'ai tenté ma chance. —As-tu déjà souvent chevauché une femme ? —Souvent? Non ! Quelquefois? oui. Figure-toi que j'ai du succès auprès des femmes mûres. D ‘ailleurs je les préfère aussi aux minettes de mon âge. Elles m'apprennent beaucoup. —Tu parles de ta belle-mère ? — Charlotte, oui, bien sûr, c'est elle qui m'a initiée. Bien d'ailleurs. Mais d'autres aussi. Nadine, et d'autres amies de Charlotte. Toi aussi tu me plais bien, tu es vraiment "canon". — Tiens donc, et tu crois que tu me tentes ? — Oui, je l'ai vu tout de suite à la façon dont tu as remonté ta robe devant moi." Que pouvais-je dire ? Que pouvais-je faire ? Sinon me laisser aller et suivre ma pente !   Le lendemain, après une si bonne nuit, je traîne un peu au lit, par paresse, après avoir pris mon petit-déjeuner en chambre. Vers 10 heures, Charlotte frappe à ma porte. "Cécile, nous pensons partir avant 11 heures, pour avoir le temps de nous baigner avant de manger. Viens-tu avec nous ? Tu sais, le temps est toujours au beau et au chaud. —Entendu, j'arrive." L'hôtel nous prête six bicyclettes et nous prépare un repas froid. À II heures et demie, nous sommes sur place. C'est vrai que l'endroit est vraiment chouette. En fait de lac, c'est un étang : le chemin qui y mène passe sur la digue de retenue, puis se prolonge ensuite par un étroit sentier, apparemment peu suivi. Nous laissons les vélos dans un fourré, et, à travers bois, Nadine et Julien nous emmènent à la tête de l'étang, là où se déverse le ruisseau qui l'alimente. Il descend des collines qui s'élèvent en amont, nous sommes dans une petite prairie qui borde l'étang de ce côté-ci, en laissant, entre l'herbe et l'eau une minuscule bande de sable. Tout autour, ce ne sont que des bois, mais le soleil donne déjà sur cette petite crique, et, comme l'étang s'étend vers l'ouest, il y donnera tout l'après-midi clarté et chaleur. Après le bain, nous nous étendons, nus, côte à côte, au soleil. Un moment plus tard, les deux couples s'éloignent ensemble dans les bois. Cyril me dit : "Ils sont partis baisers. Et nous ? —Quoi, nous ? —Nous pourrions baiser aussi, non ? Tu n'en a pas envie ? —Comme tu es déluré ! Tu t'es bien débrouillé cette nuit. J'ai bien aimé ! Tu ne crois pas que l'on pourrait attendre la nuit prochaine, non ? — Je peux attendre, bien sûr, mais, il faut au moins que les autres sachent que nous deux ça colle bien, sinon, mon père et Julien vont vouloir te sauter, et les femmes vont dire pareil. Faisons au moins semblant. — Je ne crois pas que tu fasses semblant de bander. Allons-y."   Cyril, emportant nos draps de bain, m‘entraîne vers la source de la petite rivière qui alimente l'étang. À une centaine de mètres en amont, il me montre que l'eau sort du rocher, comme une grosse source. En marchant quelques mètres les pieds dans l'eau, dans une sorte de goulotte creusée dans le roc, on parvient, en se courbant beaucoup,dans une caverne de quelque vingt mètres de long. Au fond, l'eau jaillit par un saut de près de deux mètres. De part et d'autre du ruisseau qui traverse la grotte dans sa longueur, s'étalent deux banquettes de sable fin de trois à cinq mètres de large où Cyril étant nos serviettes de toilettes : il fait bon s'y étendre. Le sol est doux, la fraîcheur y est agréable, et, curieusement, au plafond de la grotte, près de l'entrée, un orifice irrégulièrement arrondi par lequel s'insinue un faisceau de rayons solaires qui vient illuminer l'emplacement que Cyril a choisi pour nos ébats.   Il n'a pas cessé de bander et de mon côté, je ne me fais pas prier. Le souvenir de la nuit suffit à faire sourdre d'entre mes lèvres, la mouille suffisante pour nous emballer pour une nouvelle chevauchée. Il m'attire sur lui, et cette fois, c'est à mon tour de régler la chorégraphie. Ce jeune corps, sous moi, prend vite le rythme, d'abord lent, que j'impose pour ne pas aller trop vite vers une conclusion qui pourrait être décevante. Je monte et descends le long de sa hampe, je m'arrête pour l'embrasser, pour sucer ses mamelons ; je me dégage aussi, une fois ou deux pour prendre le temps de déguster son gland chargé de ses sucs mêlés aux miens. J'approche aussi ma chatte échauffée de ses lèvres pour qu'il me mange aussi, mais sans succès : il ne connais pas ou ne goûte pas encore cette pratique que toute femme espère de son amant.   Finalement, je conclus dans un crescendo très brillant qu'il a de la peine à suivre mais qui nous conduit néanmoins l'un et l'autre à une explosion orgasmique qui nous laisse, un long instant anéantis moi sur lui, emprisonnant son pénis encore dégorgeant en quelques spasmes sur le fond de mon vagin frémissant. Après avoir retrouvé son souffle, Cyril me dit : "Tu sais, Cécile, c'est avec Chloé que j'ai découvert l'étang et la caverne, l'an dernier. Je n'ai rien dit hier, car c'était resté un secret. C'est là que nous venions faire l'amour, c'est tout de même mieux que de se câliner sur l'herbe ou dans les bois comme font les autres, non ? —Si, c'est mieux ; on est bien ici. Dis-moi, qui est cette Chloé ? —C'est une autre copine de Charlotte. Elle m'a appris, l'été dernier, à me débrouiller avec une femme. Elle m'a fait découvrir l'amour, beaucoup mieux, et de loin, que les filles de mon âge, qui sont chichiteuses ; on peut à peine leur mettre un doigt et elle sont même pas bonnes à nous sucer correctement. Elle s'appelle Chloé Epstein. Une très belle femme, un peu comme toi. Belle, tendre et sensuelle. —Diable ! Comme tu t'y connais déjà bien en femmes... —C'est Eric, son mari, qui parle d'elle comme ça. Il m'a remercié de m'occuper d'elle, tu te rends compte ? Car, m'a-t-il dit, sa sensualité (il a même parlé de libido, mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire), sa sensualité est tellement exubérante, qu'il ne suffit pas à la combler. Pourtant, je t'assure, c'est un bel homme, qui doit avoir du répondant, et ils semblent très amoureux l'un de l'autre. Il m'a dit qu'un seul homme ne lui suffisait pas, et qu'il aimait mieux qu'elle baise avec moi, plutôt qu'avec des connards comme mon père et Julien. Il m'a dit aussi que Chloé est bisexuelle et qu'elle aime aussi les femmes. Comme toi, non ? —Oui, c'est vrai ! Qui te l'a dit ? —J'ai entendu, tout à l'heure, une conversation entre mon père et Julien. Ils se disaient que tu étais craquante, baisable, quoi ! C'est pourquoi je t'ai dit qu'il fallait leur montrer que nous faisions l'amour ensemble. Car tu sais, sinon, ils t'auraient embêtée jusqu'à ce que tu y passes, poussés d'ailleurs par Charlotte et Nadine qui adorent les partouzes. Je suis certain que dans leur coin, je ne sais où, peut-être aussi dans leurs chambres, ils baisent en chœur. Ce sont des échangistes. Mon père a dit aussi de toi que tu aimes les femmes, que tu avais baisé avec Charlotte dans le temps et qu'il avait bien vu que tu lui plaisais à nouveau, et à Nadine aussi. C'est vrai tout ça ? —Que Charlotte a été mon amante ? Oui, pendant trois ans, jusqu'à l'été du bac. Donc jusqu'à nos 18 ans. Charlotte a été mon premier amour, un amour qui compte. Pour le reste : est-ce que Charlotte voudrait recommencer ? Est-ce que Nadine s'intéresse à moi ? Je ne sais pas. J'ai connu une Chloé, après avoir rompu avec Charlotte. Elle était un peu comme tu dis, exubérante, instable, toujours avec plusieurs liaisons à la fois, si bien qu'entre nous, ça n'a pas duré plus d'une année, à peine, même. Elle s'appelait Ramain. Est-ce la même que ta Chloé Epstein ? Je ne sais pas : ma Chloé avait 4 ou 5 ans de plus que moi. Elle devrait donc avoir maintenant à peu près 40 ans. —Oui, c'est l'âge de Chloé, elle me l'a dit. Et je me suis senti très fier d'intéresser une femme aussi vieille. Depuis, j'ai couché avec d'autres : Charlotte, Nadine, et encore une autre copine de ma belle-mère. Mais aucune ne m'a paru aussi bandante que Chloé. Et que toi. —Je suis donc simplement bandante ? Pourquoi veux-tu donc me protéger des assauts de ton père et de Julien ? — Parce que je te trouve trop bien, tendre, caressante. Je me plais avec toi, et je n'ai pas envie de te partager avec eux, ils sont sales !"   En rejoignant les autres pour le repas, tous les deux enlacés comme des amoureux, je pense que me voilà sérieusement touchée par ce gamin...   Je me rends compte bien vite combien son jugement des deux hommes est fondé. Car, en effet, nous avons droit à des plaisanteries libidineuses du plus bas étage : "Il était bon ce câlin ? Ta foufoune a-t-elle été bien brossée ? Pas un peu trop jeune, ce gamin ? Peut-être que tu aimerais mieux baiser avec un vrai mâle ?" et quelques autres vannes éculées du même acabit, jusqu'à ce que, n'y tenant plus, je dise calmement: "Fermez vos gueules, machos à la manque !"   Très vite après le repas, pour les fuir, nous allons nous baigner à nouveau. Au large, l'étang s'approfondit rapidement, et le sable en suspension disparaît; c'est alors que Cyril se met en tête de me pénétrer dans l'eau. Comme nous avons ri ! Après avoir bu plusieurs fois la tasse, il comprend que ce n'est pas encore une prouesse à sa portée...   Nous revenons sur la berge au moment où les autres repartent forniquer dans les bois. Quant à nous, nous regagnons notre tanière, et là, sans se lasser, Cyril me prend et me reprend, comme si ce très jeune homme a une inépuisable ressource de sève ! Il se montre pressé de d'abuser de sa sexualité, toujours avec succès et pour notre plus grand plaisir.   Dois-je vous dire que le soir nous rentrons vannés ? Après le repas nous ne traînons pas à gagner notre chambre. Je n'attends pas Cyril ce soir, mais, au cas où il retrouverait une nouvelle vigueur virile, je ne ferme pas ma porte à clé.   Vers 11 heures, c'est Charlotte qui me réveille en se serrant contre moi. C'est avec émotion que je reconnais sa bouche sur ma bouche, sa main sur mes seins, la douceur de son corps sur ma peau et toutes les odeurs de la très jeune fille tant aimée parmi les nouvelles fragrances de la femme mûre...
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Dimanche 22 mars 2009

Peindre et faire l'amour (tragi-comédie à trois)


L'aube commence à poindre lorsque Aurore s'éveille. Elle est seule, maintenant, dans son lit alors qu'elle y a passé une nuit très agitée avec Gaël et Bernard.

Elle s'étire prudemment, comme une chatte au réveil, en essayant de faire jouer ses vertèbres et autres articulations, par un savant travail sur les différents muscles qu'elle a appris à mobiliser aux cours de yoga.

Son corps, qui a été sollicité dans des positions plus ou moins acrobatiques sur les instances de son partenaire d'un soir, est, par endroits, endolori. Rien de grave, cependant. Non !

En passant sa main sur son ventre plat et sur son pubis et son sexe épilés, les réminiscences de ses nombreux orgasmes la font sourire et un bien-être sexuel indéniable, mais qui était jusque-là ensommeillé, surgit à nouveau et lui semble très gratifiant.

Elle s'assied sur le bord du lit et jette un œil par la fenêtre : beau temps matinal ; l'océan, calme, juste avant le lever du soleil, paraît sombre, presque noir, intense.

Elle se lève, s'en va aux toilettes, se vide la vessie en un jet bruyant et jubilatoire, avant de s'examiner, à la salle de bain, entre les deux grands miroirs jumeaux placé en vis-à-vis.

Elle peut s'y observer, en tout points, avec, ne le cachons pas, une complaisance certaine, et aussi avec une certaine concupiscence.

À part quelques marques de suçons, vestiges tenaces de la folle nuit d'amour, elle n'est pas mécontente de son examen : deux nichons oblongs, bruns aux aréoles mauves, que leur poids respectable incline un peu vers le bas, malgré la fermeté de ces honnêtes attributs.

Bien des femmes de son âge aimeraient avoir encore à exhiber une avant-scène aussi bien garnie.

Les grandes lèvres épaisses de sa vulve sont encore gonflées d'avoir tellement baisé. La corolle de ses nymphes, elle aussi gorgée de sang, reste bien étalée. Et sa couleur joyeusement écarlate souligne nettement le marron clair de sa peau de métisse.

Elle presse de son index son clitoris et le sent réagir. Rassurée elle n'insiste pas : l'heure n'est pas aux plaisirs solitaires auxquels elle n'a recours qu'en cas de solitude, justement.

Les fesses et le dos, qui furent si bien fouettés, ne conservent des lanières de cuir que des traces insignifiantes, grâce au drap de bain humide qu'elle a eu la prudence de faire étendre sur elle.

Aurore n'est pas masochiste, oh que non !, mais elle reconnaît de plus en plus que la fessée à main nue et le fouet, sont des pratiques qui, parmi les autres préliminaires, la préparent à l'extase. Il lui arrive même d'atteindre l'orgasme par ces seuls moyens-la.

 


Bernard y est passé maître. Aurore a 40 ans et lui 55. Depuis 20 ans, ils vivent en couple un immense amour. Il est peintre et elle travaille dans le graphisme pour le compte d'un grand éditeur parisien. Il arrive à Bernard de travailler avec elle lorsqu'il est chargé de l'illustration d'un ouvrage ; par exemple, d'un recueil de poèmes sensuels et même un tantinet érotiques, comme c'est en ce moment le cas.

L'avantage de ce travail, c'est qu'elle ne doit aller à Paris que de façon épisodique. Son activité ne nécessite qu'un ordinateur performant et une bonne liaison Internet. Pour l'instant ils sont en Bretagne, dans une maison qu'ils louent à Tréguennec, d'où ils dominent la superbe baie d'Audierne. Fin mai, avant que les flots de vacanciers ne déferlent, ils se retireront en Haute Provence, où ils possèdent une modeste maison de campagne ; ils y passent toujours, selon le mode de vie rustique qu'ils affectionnent, l'été et une partie de l'automne.

Ce couple d'artistes est indissoluble. Malgré la grave maladie de Bernard qui, sans avoir fait fléchir sa sexualité, en fait toutefois un partenaire qui laisse Aurore insatisfaite. Car l'intervention urologique qu'il a dû subir, nécessaire pour le traitement de son cancer, a rendu Bernard incapable d'éjaculer, si ce n'est à rebours, vers la vessie. Bien sûr il bande et peut la pénétrer, et même ainsi la faire jouir, mais cette éjaculation
" rentrée " est pour lui, la plupart du temps très douloureuse, sauf lorsqu'elle est causée par un tendre et lent massage des mains et de la bouche d'Aurore.

En retour, Bernard, par ses diverses caresses amène Aurore à la jouissance. Mais, cela ne satisfait que de façon très imparfaite sa libido exigeante.

Alors, un jour, Bernard a pris une décision sûrement douloureuse—car jusqu'alors leur union avait été sans partage—, mais qu'il assume maintenant sans regret. Il invite des amis en qui il a confiance, qui connaissent la situation du couple, et tenant Aurore pour une femme digne de l'amour de Bernard, acceptent de l'honorer.

Oh, ils ne sont pas nombreux : deux en Bretagne, peut-être aussi deux autres en Provence !

Gaël est de ceux-là. Il est peintre, lui aussi, installé à Pont-Aven. Célibataire, il est secrètement amoureux d'Aurore, ce qui lui facilite bien la chose, car jamais, il n'aurait tenté de la séduire dans le dos de son ami connu dans un atelier d'apprentissage parisien. Ils vont chez l'un ou chez l'autre, par le fait en voisins. Hier, c'était à Tregennec, chez Aurore et Bernard.

 

Elle repense, dans son bain à la soirée d'hier. Après le repas, elle est allée se préparer. Gardant ses sous-vêtements affriolants que Bernard et Gaël adorent, elle passe juste une vaporeuse et large robe chasuble qui couvre à peine le haut de ses bas. Les deux hommes, comme d'habitude, sont assis sur le canapé et sirotent le vieux calva qu'elle leur a servi.

Elle s'assied sur les genoux de Bernard qui aussitôt glisse une main entre ses cuisses et titille son kiki en se faufilant sous sa culotte. Bien vite elle mouille et sent durcir le sexe de Bernard. Celui de Gaël aussi qu'elle flattait de la main. Elle fait se dévêtir les deux hommes ; elle-même enlève sa culotte, et se mettant aux genoux de Bernard caresse et suce lentement sa hampe durcie jusqu'à ce qu'il gémisse de plaisir. Puis, se mettant à califourchon sur Gaël, elle s'empale et maîtrisant l'excitation de son partenaire, gave délicieusement son calice de sa puissante giclée.

Plus tard ils se retrouvent tous trois dans la chambre où elle subit le somptueux supplice du fouet puis à plusieurs reprises les brillants assauts de Gaël.


Aurore, toilette faite, descend prendre son déjeuner : Bernard a tout préparé. Ensuite elle court le rejoindre dans son atelier, installé dans un cabanon bien éclairé, à 100 mètres de la maison, au bout du pré, face à l'océan.

Ils s'embrassent comme deux amoureux, longuement, à pleine bouche, langue contre langue.

Bernard s'enquiert : "As-tu bien dormi ? Bien baisé aussi ? J'ai eu l'impression que Gaël était en forme hier soir, non ?
—Oui mon chéri, j'ai bien dormi, j'ai bien baisé, oui, il était très bien, comme tu as vu.
—Oh, ma douce, je ne suis pas resté avec vous tout le temps à tenir la chandelle, tu le sais bien.
—Oui, je le sais, mais tu as été là un bon moment : c'est toi d'ailleurs qui m'a fouettée.
—C'est vrai, j'aime te faire jouir ainsi, et je n'ai pas envie que ces baiseurs t'esquintent.
—Gaël ne peut me faire du mal, mai j'aime que ce plaisir vienne de toi ! Il est déjà parti ?
—Mais oui, il avait un rendez-vous important ce matin pour préparer une exposition. Es-tu encore en manque ? Veux-tu que nous invitions Jordan ?
—Non, rien ne presse, j'ai eu de la chance cette nuit. J'attendrai bien que tu demandes à Gaël de revenir. Vous vous entendez bien tous les deux pour m'envoyer en l'air. Et toi, avec lui, tu es en confiance.
—En effet, sais-tu pourquoi ?
—Oui, chéri, parce qu'il m'aime bien.
—Parce qu'il t'aime, tout simplement. Au moins, quand je te quitterais, je sais que tu seras en bonnes mains.
—Ne dis donc pas de bêtises, tu sais que ce cancer est à évolution lente.
—Je dis ce que je pense. Je sais que je ne ferai pas de vieux os."

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Mercredi 25 février 2009

Lorsque le TGV arriva à Roissy, il était près de huit heures. Un taxi la déposa à l'hôtel un quart d'heure plus tard. Elle se dirigea vers l'accueil: "Vous devez avoir une chambre retenue pour moi:je suis Ellen Crawford.
—En effet, Madame Crawford, retenue et payée. C'est la 580.
—Me sera-t-il possible de dîner?
—Certainement Madame, mais, si je peux me permettre, attendez vingt à trente minutes car maintenant c'est un peu la bousculade.
—Merci du conseil, Monsieur, je vais aller me rafraîchir et je redescendrai plus tard."

Ellen, qui depuis le matin n'avait pas beaucoup eu le temps de se reprendre, se déshabilla en un instant, prit une douche revigorante, savonna, rinça et mit à sécher ses sous-vêtements de la journée.

Elle s'examina ensuite avec complaisance : malgré ses quarante-deux ans, son corps se tenait bien. Elle soupesa ses beaux seins en forme d'obus, lourds mais à peine tombant, caressa sa toison sombre, glissa un doigt sur les lèvres de sa chatte, non sans un léger frisson, et examina son visage à la recherche de comédons ou de poils disgracieux. Elle se sentait prête pour une aventure.

Puis elle sortit de sa valise un porte-jarretelles, des bas noirs et une robe claire, gris bleu, infroissable, qu'elle emportait toujours en voyage pour avoir l'air habillé, en soirée. Elle ne jugea pas indispensable de remettre un slip ni un soutien-gorge. Sa robe de jersey, doublée, suffisait. Même ses seins libres de toute entrave se trouvaient à l'aise, à peine cachés par le corsage ouvert de l'élégant vêtement.

À neuf heures Ellen se présenta au restaurant. Elle attendit au bar, avec un martini, qu'une table se libère.

Un jeune homme qui buvait un scotch fut manifestement allumé par la présence d'Ellen. Bien qu'elle eût sans doute près de vingt ans de plus que lui, elle était, il est vrai, très attirante.

Son doux visage mat, encadré d'une belle chevelure auburn, ne passait pas inaperçu, sans doute en raison de ses yeux très clairs, lumineux, profondément sensuels; son corps mince, élancé, sa poitrine bien proportionnée et assez mal dissimulée par le vaste décolleté en V de sa robe bleu clair assorti à la couleur rare de ses yeux gris.

Lui, blond, bien bâti, sans une ombre d'embonpoint, était, selon elle, séduisant. Le genre d'hommes qui lui plaisait ! Mais en beaucoup plus jeune que ceux qu'elle fréquentait occasionnellement, surtout en voyage, au hasard des rencontres.

Un maître d'hôtel s'approcha: "Madame, Monsieur, votre table est libre."

Avant qu'Ellen ait pu répondre, le jeune homme lui offrant le bras, l'entraîna dans la salle où on les plaça en angle à une petite table ronde.

"J'espère que je ne suis pas trop importun : j'ai pensé que c'était une occasion à ne pas perdre pour vous faire gagner du temps.
—Si je peux me permettre, Monsieur...
—Julien Mallard...
—...vous ne manquez pas d‘air, Monsieur Mallard.
—Je désirais vraiment vous inviter, Madame...
—Ellen Crawford...
—Sans oser le faire, Madame Crawford. J'ai simplement su saisir...
—de main de maître ...
—la possibilité que ce maître d'hôtel, en effet, m'a offerte.
—Chapeau, Monsieur, chapeau !
—Ainsi donc, vous acceptez ?
—D'après vous, puis-je faire autrement sans me ridiculiser? Appelez-moi Ellen. Vous êtes adorable, Julien, mais c'est inutile de m'inviter, je suis en voyage professionnel et mes dépenses sont prises en charge par mon employeur."

Ils firent leur choix. Julien prit un verre de vin, tandis qu'Ellen se contenta d'eau, car, dit-elle, elle a dû boire un peu plus de vin que d'habitude, pendant son voyage.

"Puis-je vous demander dans quelle branche vous travaillez ?
—Oui, bien sûr ! Je prospecte les vignobles français, pour le compte d'un importateur américain. Je suis moi-même américaine. Je termine un tour qui m'a fait passer par Beaune, Saumur, Bordeaux et Châteuneuf-du-Pape, d'où j'arrive. Et demain matin, je reprends l'avion pour Boston. Et vous-même Julien ?
—J'ai fait des études d'ingénierie, et je pars en Finlande pour le compte d'Areva travailler à la construction d'une centrale nucléaire."

À la fin du repas, cuisse contre cuisse, ils se trouvaient, en bonne intelligence et très à l'aise. Julien s'enhardit, posa sa main au creux du giron de sa compagne, en lui disant : "Ellen, voulez-vous faire l'amour avec moi ?"

Elle feignit d'être fâchée, et retira sa main. "Comme vous y allez, Julien, à la hussarde! Vous êtes un vrai gamin : rendez-vous compte, je pourrais être votre mère !
—je m'en rends très bien compte, Ellen. J'aime coucher avec les femmes qui ont l'âge de ma mère...peut-être parce que j'ai toujours rêver de coucher avec elle ! Vous êtes superbe, et j'ai très très envie de vous, vous êtes bandante."

Ils sortirent de table. Dans l'ascenseur, elle lui prit une main qu'elle glissa dans son décolleté. Julien faillit défaillir en saisissant délicatement l'un de ses seins.

Au cinquième, elle sortit en lui disant : "chambre 580. Va faire ta toilette et viens vite me retrouver, je suis en manque."

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