Le pavillon d'entrée, une petite construction de plain-pied avec le clos engazonné et arboré de la Villa de Lesbos, comprend trois pièces dont l'une, qui devient le bureau de Zoé, est en relation avec la cuisine de l'appartement. Celle-ci, assez vaste, est réaménagée en cabinet d'examen. La pièce suivante, également de belle taille, est pourvue d'une salle d'eau avec douche. Partagé en deux, cet espace devient le domaine de Rama et de Caro. En avant un bureau dans lequel Rama reçoit les clientes et en arrière, la salle de massage avec la salle d'eau associée. La dernière chambre reste pour l'instant inoccupée : ce sera à partir de l'été, le cabinet de la diététicienne. Toutes ces pièces communiquent avec une entrée suffisamment vaste pour faire office de salle d'attente.
La première femme à avoir rendez-vous ce soir-là est Fanny Fabre, 25 ans. Elle est introduite auprès de Zoé par Rama.
"Bonjour Madame Fabre. Qu'est-ce qui vous amène ?
—Docteur, j'ai vu sur le site de votre association, l'École du bien-être, que vous ouvriez une consultation de sexologie. C'est pour cela que je suis ici.
—Très bien ! Vous avez donc un problème précis ?
—En effet, Docteur je suis frigide !
—Cela arrive en effet ! Qu'est-ce qui vous permet de l'affirmer ?
—Tout simplement parce que je ne ressens pas de plaisir lorsque je fais l'amour.
—Il va falloir, Fanny, que je vous pose des questions très intimes. Vous permettez que je vous appelle par votre prénom ? ce sera plus facile. Moi, c'est Zoé.
—Oui Zoé, vous pouvez m'appeler Fanny et me poser toutes les questions que vous estimerez nécessaires.
—Alors voilà : c'est avec un homme que vous faites l'amour ?
—Oui, avec mon mari, depuis cinq ans que nous sommes mariés.
—Et avant votre mariage ?
—Avant, jamais! J'étais vierge au moment de mon mariage.
—Et, à ce moment-là, donc, comment la défloration s'est-elle passée ?
—Normalement, je suppose, mon mari m'a pénétrée, j'ai eu mal et puis voilà. Depuis, jamais le moindre plaisir.
—Fanny, est-ce que votre mari vous fait l'amour souvent ?
—Oh, il voudrait faire ça souvent, tous les soirs même, mais je refuse jusqu'à ce qu'il se mette en colère...
—Comment s'y prend-il, Fanny ? Missionnaire, levrette, Andromaque, petites cuillers, lotus ? Soigne-t-il les préliminaires ?
—D'après ce que j'ai lu, Zoé, c'est en missionnaire, en général, qu'il fait l'amour ; parfois en levrette. Quant aux préliminaires, comme vous dites, c'est très vite fait.
—Avez-vous essayé avec un amant, ou une amante ?
—Oh ! Docteur, je n'ai pas d'amant, je suis fidèle. Et je ne suis pas attirée par les femmes.
—Pouvez-vous me dire, Fanny, si vous avez du plaisir lorsque vous vous masturbez, avec un doigt, ou avec un godemiché ?"
À cette question, Fanny reste interdite, rougissante. Elle finit par articuler, péniblement : "cette question me gêne, Zoé ; elle est indiscrète.
—Pas plus que les autres, j'ai besoin de savoir, Fanny, si vous voulez que je vous aide. Vous savez, toutes les femmes le font. Même celles qui jouissent avec leur mari.
—Vraiment ? Vous aussi ?
—Vraiment, moi aussi !
—Eh bien oui, quand je me caresse, j'éprouve du plaisir. Je n'ai jamais utilisé de gode.
—C'est une bonne nouvelle, ça ! Fanny, le faites-vous souvent ?
—Oui, Zoé, souvent. Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ?
—Souvent, dites-vous. Chaque jour, ou moins souvent ?
—Chaque jour, et parfois plusieurs fois par jour...
—C'est bien, ça! C'est une bonne nouvelle parce que vous venez de me dire que vous n'êtes pas frigide. Il faudrait aider votre mari à vous donner du plaisir.
—Non Zoé, c'est un égoïste. Il faut que vous m'aidiez autrement.
—Alors, quittez-le et prenez un amant si les femmes ne vous attirent pas.
—Encore ! Pourquoi me parlez-vous encore de prendre un amant ? Ou une amante ?
—Si votre mari ne vous donne pas satisfaction, je ne vois pas d'autre façon de savoir si c'est un autre homme qu'il vous faut, ou une femme. Vous savez, Fanny, la sensualité d'une femme n'a rien
à voir avec celle d'un homme. Les hommes, trop souvent son des brutes ; nous pourrons en reparler, si vous revenez me voir... Et puis, vous n'avez pas encore essayé un de ces jolis jouets sexuels
que l'on trouve maintenant, et que nous pourrions vous faire découvrir ici. Beaucoup de femmes trouvent en eux des compagnons très agréables et dociles.
—Bon, je vous remercie. Je vais réfléchir. Combien vous dois-je ?
—Fanny, cette consultation est gratuite. Nous verrons la prochaine fois si vous revenez me voir."
En raccompagnant Fanny Fabre, Zoé voit que sa prochaine patiente est Valérie Gillois, 31 ans, qui vient pour sa troisième visite. C'est un cas différent de celui de Fanny. Elle a affaire à un compagnon qui perd ses moyens. Il débande dès qu'il faudrait entrer en action. Bien entendu, elle est frustrée. À la précédente consultation, ils sont venus en couple : Bruno, le mari, a convenu, en aparté, qu'avec une autre femme, ça ne se passait pas ainsi. Ce fut une séance difficile, puisqu'il a dû avouer à sa femme qu'il la trompait avec une collègue de travail, le soir entre cinq et sept. Mais ce fut positif, puisque Valérie comprit que c'était en somme une incompatibilité entre eux deux qui était la cause des pannes sexuelles de Bruno. Y avait-il une solution ? Zoé avoua que la solution la plus simple était la séparation du couple, mais que cependant, avant d'en arriver là, ils pourraient essayer de faire de l'échangisme en petits groupes avec des couples amis pour tenter de stimuler la libido sans doute un peu défaillante de Bruno en présence de sa femme.
"Alors Valérie, où en êtes-vous ?
—Eh bien voilà !, nous avons eu deux séances avec deux couples de nos amis, et cela n'a pas mal marché du tout. D'abord, moi, j'ai pris du bon temps avec mes deux amis et Bruno avec les deux
épouses, dont l'une est d'ailleurs la femme avec laquelle il me trompait en catimini. Et, hier soir, il m'a baisée avec succès devant les deux autres femmes. C'est un début.
—En effet, c'est un début. Mais il faut poursuivre encore, avant de crier victoire. Je crois que vous devriez essayer de le rendre jaloux, en refusant de faire l'amour avec lui devant les autres
et même en baisant avec un autre homme, ou avec une femme, oui, avec une femme, ça le rendrait furieux, non ? En lui faisant savoir, après coup bien sûr. S'il tient vraiment à vous, ça pourrait
le stimuler.
—Vraiment, vous croyez, j'y avais pensé, mais je n'osais pas me lancer dans ce genre de traquenard. Charlotte, la fille qu'il baise, elle me plait bien, et je sais qu'elle est à voile et à
vapeur.
—Essayez donc, mais vite, il faut aller vite : vous n'allez pas garder ce mari s'il ne vous baise pas. Est-ce que vraiment vous avez attendu de me voir pour vous faire servir ? franchement ?
—Franchement ? Franchement non ! Il y a longtemps que j'ai trouvé des compensations. Oui Zoé ! Avec mon beau-frère, de cinq à sept... Lui, il bande bien et me fait jouir, vraiment!
—C'est bien, ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Il faut prendre soin de vous."
En raccompagnant Valérie, Zoé retrouva Fanny qui demanda si elle pouvait prendre un nouveau rendez-vous.
"Zoé, j'ai réfléchi. Au moins aux sex-toys : je veux faire des essais. Quand pouvez-vous me prendre ?
—Pour cela j'ai besoin de faire équipe avec ma collègue, Madame Lê. Je
vais l'appeler pour lui demander quand elle pourrait se libérer. Je sais qu'elle est là en ce moment : êtes-vous pressée de rentrer?
—Maintenant? Oh oui !, ce serait très bien ! je suis pressée d'essayer."
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
C'est la VIE qu'on trouve dans tes lignes. Les bons et les mauvais moments... mais la Vérité de la VIE.
Je t'embrasse... Kassy