L'annonce était ainsi rédigée : “ Châtelaine, 32 ans, reçoit le week-end du 25-26 octobre amies 20-40 ans. S'inscrire par E-mail ( evdev@gmail.com ) en envoyant CV et photographies. Nombre de places disponibles limitées à 18. Les candidates venant en couples et disponibles dès le 24 octobre au soir seront retenues en priorité.“
Juliette remarqua cette annonce à la rubrique “rencontres“ dans le n° du 18 septembre d'un hebdomadaire bien connu. Intriguée, elle envoya une demande d'information à l'adresse mail indiquée. Elle eut la surprise de recevoir une réponse.
Elle était ainsi rédigée :“ Je suis bien la personne ayant fait paraître l'annonce en question, je vis avec mon amie dans mon château en Périgord et deux ou trois fois par an, j'accueille pour un week-end “Nature et plaisir“, des jeunes femmes qui souhaiteraient partager avec nous les diverses facettes de leur sensualité.
“Seul le voyage est aux frais des participantes. Si vous étiez intéressée, envoyez nous votre candidature avec CV et photos de vous dévêtue. Rappelez-vous aussi que les
couples sont prioritaires.
"En pièces jointes, voici quelques vues du lieu qui vous accueillera peut-être.“
Les photos étaient en effet alléchantes : l'une d'elles montrait une piscine (couverte) avec des baigneuses nues, dont les visages les plus visibles avaient été floutés.
Une autre représentait un vaste salon, avec des couples, ou des groupes de femmes, nues aussi, et dans des positions qui ne demandaient pas de légendes ; là encore aucune femme ne pouvait être reconnue.
Il y avait aussi des photos de chambres, confortables, avec un très grand lit, mais non habitées.
Juliette, qui travaille pour l'hebdo qui publia l'annonce, vit dans cette histoire la possibilité d'un reportage croustillant, qui lui donnerait l'occasion de se faire valoir. Afin de se voir, ultérieurement, confier des reportages enfin en rapport avec son ambition.
Il lui fallait des photos et trouver une compagne. Juliette se considérait comme bisexuelle à préférence hétéro. Son ami Claude, se chargea des photos : ce fut facile car elle adorait se montrer nue et prendre des poses très érotiques.
Les clichés de Claude, qui prenait plaisir à photographier sa chérie, furent totalement satisfaisants. Ces séances furent d'ailleurs multiples car elles déclenchaient, immanquablement, des séances de baise homériques.
Trouver une partenaire était en revanche, une épreuve plus délicate : Juliette, en effet, n'avait pas de relations saphiques fréquentes. Elle aimait bien, à l'occasion, se commettre avec des filles, mais elle n'avait aucune amie attitrée, et cette activité relevait plus, pour elle, du délassement, ou du remplacement, lorsque son hétérosexualité était contrariée par un différend avec Claude, ou lorsque celui-ci s'absentait.
Heureusement la sœur jumelle de Claude, Élisa, était une vraie lesbienne et, après s'être fait prier, elle accepta, étant momentanément sans partenaire, à la suite d'une rupture.
Sous condition que sa relation avec sa belle sœur puisse la satisfaire. Et réciproquement. Les expériences furent satisfaisantes, et au-delà de leurs espérances ; elles se firent réellement plaisir, à tel point, même, que Claude en eut un grand déplaisir.
Les deux jeunes femmes envoyèrent, ensemble, leurs dossiers.
Trois jours plus tard leurs candidatures furent acceptées, et elles reçurent une feuille de route leur donnant rendez-vous à Bergerac. À partir de là, elles seraient prises en charge par leurs hôtesses et convoyées, en secret, au Château des Plaisirs.
Les deux jeunes femmes envoyèrent, ensemble, leurs dossiers.
Trois jours plus tard leurs candidatures furent acceptées, et elles reçurent une feuille de route leur donnant rendez-vous à Bergerac.
Juliette en rentrant à Paris a commencé ainsi son reportage
"Ce fut vraiment pour nous une expérience étonnante, pleine de surprises inouïes, certes, mais qui, surtout, nous a placées dans l'atmosphère d'une douce euphorie, d'un fabuleux érotisme, et, en même temps, d'une liberté individuelle sans limites.
"Lorsque toutes les invitées furent arrivées, nous étions seize, soit un total de neuf couples en comptant la châtelaine, Evelyne de V. et son amie, Kristin.
Toutes, nous sommes arrivées, le vendredi soir, entre 19 et 20 heures à Bergerac, par train ou en voiture. À partir de là, nous avons été prises en charge par nos hôtesses et convoyées, en une
demi-heure, en “fourgon “ fermé, au Domaine de V. Nous y fûmes reçues sur un grand pied.
Après avoir pris possession de nos chambres luxueuses, nous avions pour consigne de nous retrouver, en tenue “habillée“, pour un apéritif dans le grand salon, afin de faire connaissance avant de passer à table à 21 H 30.
"Ève (Evelyne se fait appeler Ève... ) nous a accueillies par ces quelques mots :
“Vous avez toutes compris pourquoi nous sommes ici réunies au Château de Saphos : nous nous aimons entre femmes, toutes, que nous soyons bi ou pures lesbiennes. Donc nous sommes ici pour exprimer, sans limitation, mais sans contrainte, c'est important de le dire, notre sensualité de femmes entre femmes.
“Après le dîner, vers 11 heures, tout le personnel du château partira, en congé jusqu'à dimanche soir. Tout sera prêt pour que nous puissions passer deux nuits, la journée de samedi et celle de dimanche jusqu'à la fin de l'après-midi, entre nous.
"Nous pourrons alors aller et venir à l'intérieur du château, et dans le parc, jusqu'au périmètre délimité par un grillage qui nous met à l'abri des regards indiscrets, comme il nous plaira, nues si nous le voulons. En tout cas libre des relations que nous souhaiterons établir entre nous.“
OOO
Et puis Juliette cessa tout à coup d'écrire, en panne. Elle prit soudain conscience d'être incapable de rendre ce vécu inoubliable par un texte acceptable par son rédacteur en chef... ...
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