Mercredi 4 juin 2008
NOUVELLE
Par Claire GIBEAULT & Manon MORENO
-(I)-« NOCHE TRISTE »
Cécile de Noblecourt-Rancy ouvre avec anxiété la lettre qu'elle
vient de recevoir de sa sœur Solange, qui s'est suicidée la veille.
vient de recevoir de sa sœur Solange, qui s'est suicidée la veille.
«Ma chérie,
c'est à toi que je me confie, comme à ma meilleure
amie. Quand cette lettre t'arrivera, je ne serai plus de ce
monde. Mes souffrances seront terminées, car, comme toi, je
sais que la mort est définitive, qu'il n'y a rien après.
«J'ai fait une terrible erreur en portant plainte contre cet
individu malfaisant, sans tenir compte de ses avertissements,
motivée que j'étais par le souci de mettre un terme à ses
agissements afin de protéger d'autres éventuelles victimes.
«Je n'ai pas cru qu'il irait jusqu'à envoyer à "la presse du
caniveau", ni les lettres que j'avais reçues de Robert, ni lesmonde. Mes souffrances seront terminées, car, comme toi, je
sais que la mort est définitive, qu'il n'y a rien après.
«J'ai fait une terrible erreur en portant plainte contre cet
individu malfaisant, sans tenir compte de ses avertissements,
motivée que j'étais par le souci de mettre un terme à ses
agissements afin de protéger d'autres éventuelles victimes.
«Je n'ai pas cru qu'il irait jusqu'à envoyer à "la presse du
photos qu'il a prises de moi dans les postures que tu sais, ni,
enfin, le montage des extraits choisis des bandes enregistrées
pendant les rapports sexuels qu'il m'a imposés.
ont pris plaisir à publier non seulement lettres et photos, mais
aussi des articles d'un niveau si misérable, c'est vrai, que dans
le montage audio qu'il a confectionné, on a vraiment la
conviction que j'ai pris un plaisir certain à subir ses assauts. Et,
comme je te l'ai dit, d'une certaine manière, ce n'est pas faux :
j'ai effectivement, à la troisième ou quatrième fois ressenti un
vrai plaisir que je n'ai pas été capable de cacher entièrement et
des soupirs, des halètements, et même des cris de plaisir sont
parfaitement audibles sur la copie qu'il n'a pas manqué de me
faire parvenir.
«Tu te souviens, je te l'ai raconté, il m'a étourdie dans mon
sommeil avec un tampon de chloroforme, et lorsque j'ai repris
mes esprits, j'étais nue, bâillonnée et ligotée . Couchée à plat
dos par terre, j'étais attachée au radiateur par les poignets et à
la poignée de la porte de la salle de bain par une longue corde
raccordée à mes deux chevilles. Il avait placé le pouf qui se
trouve dans ma chambre entre mes pieds de sorte que je ne
pouvais pas faire autrement que d'écarter les jambes.
«Mais, à part cela, si ce n'est qu'il m'a violée à plusieurs
reprise, il ne m'a pas brutalisée. Il m'a ôté le bâillon, en me
disant qu'il m'assommerait au moindre cri bruyant, et il s'est
complètement dévêtu, à l'exception de la cagoule qu'il a gardée
tout le temps. Il m'a caressé les lèvres avec son énorme verge
en érection, sans prendre le risque de l'introduire dans ma
bouche, tout en débitant des propos que je ne peux transcrire
tant ils étaient d'une vulgarité écoeurante, il s'est masturbé
jusqu'à ce qu'il décharge son foutre sur mes lèvres.
«Après quoi, il m'a embrassé les seins, le sexe, et un peu
partout, en me caressant longuement sur tous les endroits
sensibles du corps, jusqu'à ce que ma vulve commence à
couler. Et à partir de là, il m'a baisée cinq fois, en prenant
chaque fois son temps, sans me brutaliser, et sans porter de
préservatifs.
«Après cela, il a détendu un peu les liens pour me mettre à
genoux, et comme je me suis débattue, il a repassé la corde
des chevilles derrière le radiateur, avant de la fixer à nouveau
à la porte et il m'a prise deux fois en levrette et une dernière
fois par l'anus.
«Tout cela a bien duré trois heures ! Il avait dû prendre du
viagra pour bander si longtemps et me pénétrer au total à huit
reprises, sans même compter sa première éjaculation sur ma
bouche! Je dois t'avouer que plusieurs fois, malgré les
circonstances, j'ai réellement ressenti du plaisir, et même si son
montage élimine tous les moments où je l'ai injurié et maudit, il
rend bien compte de la jouissance qui a été la mienne, à ma
grande honte!
«Avant de partir, il a pris des photos de moi, dans différentes
positions—tu as vu que certaines, et non des moindres, ont été
publiées (heureusement, si je puis dire, les liens qui me
ligotaient sont visibles sur certaines d'entre elles)! Il a ensuite
cherché et trouvé les lettres de Robert dans un tiroir de
l'armoire, sous mes culottes. Puis il m'a promis les pires ennuis
si je portais plainte, avant de m'estourbir à nouveau avec du
chloroforme.
«Lorsque j'ai repris conscience, j'étais ligotée et bâillonnée, mais
sur mon lit, et couverte. C'est dans cet état que Maria m'a
trouvée le lendemain au début de l'après-midi lorsqu'elle est
venue prendre son service. «Elle a appelé Louis qui a bien
voulu se déplacer mais m'a interdit de faire venir la police qui
aurait pu prélever tous les indices possibles sur la scène du
crime, y compris faire procéder à des prélèvements vaginaux. Il
n'a rien voulu entendre, disant qu'il n'avait pas besoin de
publicité...
«Je te rappelle tout cela pour que tu connaisses le modus
operandi de cet individu, au cas où tu voudrais faire des
recherches. Tu comprendras que je ne puisse pas plus
longtemps être la risée du monde, mais je regrette de ne pas
avoir pu démasquer cette crapule.
«J'ai porté plainte plus d'un mois après et je n'avais conservé
que les draps dans lesquels il m'avait couchée à la fin après
m'avoir lavée puisque les services de la police scientifique n'a
rien pu en faire, parait-il...
«Je suis certaine qu'il s'agit d'un type que nous recevons dans
nos réceptions, car j'ai écrit à une vingtaine de femmes et
rencontré certaines d'entre elles, parmi celles que nous
recevons les unes et les autres (je t'en joins la liste). C'est
d'ailleurs peut-être cela qui l'a incité à agir (mon impression est
que, peut-être, parmi ces femmes se trouverait la sienne et qu'il
aurait été informé par ce biais).
«Les moins timorées (celles qui sont cochées sur la liste), soit
un petit tiers de ses femmes, ont reconnu avoir reçu la visite
nocturne d'un individu masqué, trois seulement (celles dont le
nom est souligné), ont admises avoir été violées.
«Si tu acceptes de poursuivre l'enquête, ces femmes pourront
peut-être t'aider si elles ne sont pas, maintenant, terrorisées.
Mais je t'en prie, mets cette lettre et les documents qui sont
joints, en lieu sûr, en dehors de chez toi.
un petit tiers de ses femmes, ont reconnu avoir reçu la visite
nocturne d'un individu masqué, trois seulement (celles dont le
nom est souligné), ont admises avoir été violées.
«Si tu acceptes de poursuivre l'enquête, ces femmes pourront
peut-être t'aider si elles ne sont pas, maintenant, terrorisées.
Mais je t'en prie, mets cette lettre et les documents qui sont
joints, en lieu sûr, en dehors de chez toi.
«Ma petite soeur chérie, ne te laisse pas abuser par la froideur
"technique" de ma lettre. Je suis, comme tu le penses
certainement, très très affectée par cette histoire et je disparais,
tu t'en doutes avec regret, mais aussi avec un réel soulagement.
Je me rends compte que ma lettre est dure et sèche. Mais je
veux que tu saches que mes meilleurs moments, je les ai vécus
avec toi. Je t'embrasse. Sois prudente.
«Ta Solange qui t'aime ».
-(II)-HUMILIATIONS.
"technique" de ma lettre. Je suis, comme tu le penses
certainement, très très affectée par cette histoire et je disparais,
tu t'en doutes avec regret, mais aussi avec un réel soulagement.
Je me rends compte que ma lettre est dure et sèche. Mais je
veux que tu saches que mes meilleurs moments, je les ai vécus
avec toi. Je t'embrasse. Sois prudente.
«Ta Solange qui t'aime ».
Aux obsèques de Solange, il y avait peu de monde, une petite
centaine de personnes en tout. Même son mari, Louis de
Fontevrault, s'était fait porté malade. Malgré tout, Robert, son
ami, était présent, ainsi que Catherine Nottin, une des femmes
approchées par Solange. Celle-ci, discrètement, glissa à Cécile
qu'elle pouvait compter sur elle (et sans doute aussi sur
d'autres femmes qu'elles connaissaient) pour l'aider à démasquer
ce « salopard ». Elles décidèrent de se rencontrer dans la plus
grande discrétion.
centaine de personnes en tout. Même son mari, Louis de
Fontevrault, s'était fait porté malade. Malgré tout, Robert, son
ami, était présent, ainsi que Catherine Nottin, une des femmes
approchées par Solange. Celle-ci, discrètement, glissa à Cécile
qu'elle pouvait compter sur elle (et sans doute aussi sur
d'autres femmes qu'elles connaissaient) pour l'aider à démasquer
ce « salopard ». Elles décidèrent de se rencontrer dans la plus
grande discrétion.
-(II)-HUMILIATIONS.
L'homme pénétra par l'entrée de service qui s'ouvre dans une
petite rue tranquille parallèle à l'Avenue***. Ses repérages, qui
duraient depuis plus d'un mois, lui avaient laissé le temps de
trouver les moyens de pénétrer sans effraction dans l'immeuble
cossu du 16ème arrondissement où se trouve l'appartement de
Cécile de Noblecourt-Rancy. à laquelle il rendait visite cette nuit
de mars 2004.
Cécile, il l'avait rencontrée à une réception, chez Solange de
Fontevrault ; elle lui avait aussitôt plu et il s'était juré de "se la
faire" tout comme il s'était "fait " Solange, la soeur de Cécile, et
plusieurs autres "dames" des beaux quartiers, repérées dans les
mêmes conditions.
En fait, il avait déjà visité, par deux fois, le somptueux logement
de sa prochaine victime. Il connaissait donc bien l'ensemble des
lieux, et notamment la chambre de Cécile. Il avait prélevé dans
son secrétaire quelques lettres de certains de ses amants,
choisies en fonction, d'une part de la nature des relations
qu'elles révélaient sans ambiguïté, et de préférence avec des
détails bien suggestifs, et, d'autre part, de la situation sociale et
politique des rédacteurs.
Depuis la plainte déposée par Solange de Fontevrault, et l'issue
fatale à laquelle elle l’avait conduite, il se félicitait de la
sagesse de telles précautions et redoublait d'efforts pour ne
rien laisser au hasard. Il avait aussi toujours avec lui,
maintenant, dans de telles expéditions, un équipement audio et
vidéo miniaturisé qui lui permettait d'enregistrer des phases très
suggestives de ces rencontres. Tout cela était préparé
minutieusement.
Dans le cas de Cécile, il savait qu'elle serait seule, ce samedi
soir, car, son amant-le ministre- était en déplacement, sa femme
de chambre, la seule domestique hébergée dans l'appartement,
était de congé jusqu'au lundi matin, et Norbert, son mari,
passait la nuit avec sa maîtresse comme tous les week-ends et
beaucoup d'autres nuits, lorsqu'il ne voyageait pas pour ses
affaires.
Il avait donc le champ libre, et en cas de surprise, il avait
prévu plusieurs façons de faire marche arrière.
Il était une heure du matin, et tout paraissait calme. Par
l'escalier de service, il monta jusqu'au dernier étage, ouvrit une
petite chambre de bonne inhabitée, et accrocha au garde-corps
de la fenêtre une corde descendant le long d'une conduite
jusqu'à l'étage au-dessous, au niveau de la fenêtre de la garde-
robe qui jouxte la chambre de Madame de Noblecourt.
Précaution simple, mais qui pouvait être utile, s'il ne pouvait
s'échapper, en cas de mauvaise surprise, par l'une des issues de
l'appartement.
Il sortit de la chambre, en fermant soigneusement la porte au
moyen d'un verrou qu'il avait lui-même changé, et revint à
l'étage au-dessous, le sixième. Il entra par la porte de service
avec les clés qu'il s'était procurées lors de ses précédentes
visites (pour remplacer les outils qu'il avait utilisés la première
fois). Il s'assura que tout était en ordre dans l'appartement. Il
plaça, près des gonds de chacune des deux portes d'accès, des
coins métalliques associés à des alarmes sonores. Ce dispositif
devait l'avertir de toute ouverture intempestive et lui permettre
de s'éclipser.
Il se dénuda entièrement, et revêtit un caleçon long, des
chaussettes, un ticheurte et une cagoule, le tout en fil noir très
fin ; les gants grossiers qu'il portait jusque-là furent échangés
contre de fins gants de même matière. Il reprit son sac et
pénétra tranquillement dans la chambre de Cécile de
Noblecourt.
Elle dormait, sur le côté droit, comme une bienheureuse, avec
une petite veilleuse qui permettait d'apercevoir son visage
pur et gracieux, sa chevelure brune et son épaule, son bras, et son
sein gauches, découverts. L'homme se dit : « elle dort donc nue,
cela va bien faciliter les choses ! » Il l'éveilla en douceur, non
sans lui placer la main sur la bouche pour éviter tout cri de
surprise, sinon de panique.
«Surtout, ne vous débattez pas, ne criez pas, sinon je serai
obligé d'employer la manière forte.»
Abasourdie, ensommeillée, Cécile se laissa passer des menottes
dont la chaîne engagée derrière un barreau du lit de style
ancien en fer forgé très "classe“ (et que l'homme avait bien sûr
remarqué avec intérêt lors de ses visites exploratoires) lui étirait
les bras vers la tête, sans possibilité de mouvements. Ensuite, il
entreprit de faire la même opération aux chevilles en dégageant
la literie au pied du lit.
Mais alors, Cécile commença à se débattre, à lui donner des
coups de pieds et à crier « sale voyou, laissez-moi, prenez ce
que vous voudrez, mais ne m'attachez pas davantage, sinon je
vais hurler.»
L'homme fouilla dans son sac, en sortit une matraque, et lui dit
"je vais vous assommer, si vous ne vous tenez pas tranquille". Il
lui donna un petit coup derrière l'oreille pour la "calmer" un
peu, et lui montrer qu'il ne plaisantait pas, et s'asseyant sur les
jambes de la jeune femme, il lui enchaîna les chevilles au pied
du lit. Il recouvrit sa poitrine nue, pour la tranquilliser.
Après quoi, la future victime étant immobilisée, il alla verrouiller
la porte et passant dans le dressing dont il ouvrit la fenêtre, il
vérifia que sa corde de secours était bien accessible comme
prévu, sans être trop visible de la rue. Pour donner le change
et retrouver le calme nécessaire pour se mettre en état de
réaliser le projet auquel il se préparait depuis si longtemps, il
ouvrit l'armoire, visita la lingerie de la dame, sortant notamment
des dessous affriolants, se rendit au secrétaire dont il rechercha
les recoins et tiroirs secrets (qu'il avait, en fait, déjà, repérés).
«Dites-moi ce que vous cherchez, je pourrai peut-être vous
aider » dit Cécile, d'une voix qu'elle s'efforça de rendre ferme
et assurée malgré l'angoisse qui l'oppressait. «Je cherche les
lettres de votre amant, le ministre.» «Je n'ai pas de lettres, pas
d'amant, ministre ou pas. Je n'ai pas d'argent, seulement des
bijoux ; prenez ce que vous voudrez, libérez-moi et partez de
chez moi ». «Non, ma belle, le ministre existe, ainsi que ses
lettres. Je les veux. Pour me protéger ! » « Je ne garde pas de
lettres, inutile de chercher.»
Alors, pour lui montrer qu'il n'était pas dupe et qu'il ne
plaisantait pas, il alla ouvrir le tiroir secret contenant les lettres
et les enferma dans son sac. Vaincue, Cécile compris que ce
type était vraiment dangereux et avait très bien préparé son
coup. Elle se souvint de ce qui était arrivé à sa soeur Solange
et eut vraiment peur.
L'homme sortit un petit caméscope et enclencha un minuscule
magnétophone. Il se dirigea vers le lit et retira draps et
couverture : elle était effectivement nue. Elle commença à
crier : il l'arrêta aussitôt en la menaçant de sa matraque et lui
dit : « Si vous ne voulez pas être brutalisée, taisez-vous. Vous
êtes à ma merci ! » « Mais de quel droit vous permettez-vous
de violer mon intimité ? Que me voulez-vous ? Dites-le à la fin !
» « Madame, c'est vous que je veux, je vais vous faire l'amour !
» « Misérable ! Misérable voyou, vous croyez que l'on peut
violer une femme de ma qualité en toute impunité ? »
« Madame, je bande déjà, regardez bien » et il sortit sa verge en
érection par la braguette entrouverte de son caleçon, « est-ce
qu'elle ne vous fait pas envie, autant que celle de votre
ministre ? » « Misérable malade, je vous traînerai devant la
justice ! » « Mais non ma chérie, je prépare cette nuit depuis
des semaines, et je ne vous prendrai pas sans que vous soyez
en partie consentante, rassurez-vous, mais vous avez raison, il
me faut des garanties : la vidéo, votre voix et vos gémissements
de plaisir et les lettres de votre amant. »
Et il se mit à la filmer attachée sur son lit : son visage,
sa poitrine, son sexe, et il l'obligea à prendre des poses. Elle ne
résistait plus, elle pleurait, en silence. Il la fit mettre à quatre
patte, ouvrir les cuisses, toutes sortes de figures pour l'humilier
et la soumettre. Cécile était anéantie. Il installa son caméscope
sur un trépied et le dirigea, en marche, sur le lit. Il s'approcha
d'elle, toujours bandant et, après avoir enlevé un gant, se mit à
la caresser : les lèvres, les seins, les cuisses, le sexe, dans
lequel il pénétra doucement d'un doigt, puis de deux, pour
finalement en glisser quatre, gardant le pouce, pour faire
pression sur le clitoris. D'abord Cécile se débat, puis à sa
grande honte, elle commence à ressentir plutôt du plaisir. Il s'en
rend compte et lui dit : « tu vois, ce n'est pas si désagréable,
tu commences même à mouiller joliment, non ? » Il enfila une
capote et se mit en devoir de la pénétrer. Elle résista, serra les
cuisses, se tordit, se tourna même sur le ventre au risque de se
blesser. Alors, il tendit la chaîne qui attachait ses jambes au
pied du lit de façon à lui écarter les jambes, et, pesant sur elle,
il la pénétra sans difficulté et même en douceur. Cécile était
confondue. Elle pleurait en se débattant, se disant : « je ne vais
tout de même pas lui montrer qu'il me donne du plaisir », et
elle se mit à crier. L'homme lui mit la main sur la bouche
jusqu'à ce qu'il eût fini son affaire. Après quoi, il l'étourdit d'un
coup de matraque. Peu après, il recommença, elle était
redevenue consciente et elle ne parvint pas à s'empêcher de
gémir doucement en espérant faire croire que c'était de douleur,
ou de rage. Mais elle n'osa pas crier. À la troisième reprise, sa
nature de jouisseuse reprit le dessus, et comme il fit durer
l'étreinte, elle atteignit l'orgasme dans une série de halètements
et de petits cris, qui ne laissaient aucun doute sur les effets
ressentis par Cécile, sous les coups de boutoir de son
agresseur.
Tandis que l'homme se retirait, elle fondit en larmes de rage et
de honte. « Misérable violeur, dit-elle, vous ne vous en tirerez
pas comme ça. Je vous détruirai tôt ou tard, soyez-en sûr ! »
Pour toute réponse, il la retourna, et en modifiant la tension de
ses liens, il la plaça à genoux et la pénétra en levrette avant
de la sodomiser sans ménagement!
"Voilà ma jolie, cela suffit-il? Et attention, j'ai la vidéo, sur laquelle vous êtes parfaitement reconnaissable, j'ai un double enregistrement des cris de plaisir que vous venez de pousser, et j'ai les lettres d'amour de votre
amant, le ministre. Avec ça vous ne pouvez rien contre moi !
Rappelez-vous ce qu'il est advenu de la plainte déposée par
Madame de Fontevrault. »
« Oh, abominable salaud, c'était donc bien vous ? Je m'en
doutais!» « Eh, oui, c'était bien moi ! Donc vous savez que je ne
plaisante pas. » Cécile, outrée, lui dit d'une voix sourde :
« Vous m'avez humiliée, et surtout vous avez conduit Solange à la
mort, vous ne méritez pas de vivre : sachez que je ne vous
oublierai pas, je vous détruirai, j'en fais la promesse en mémoire
de Solange. »
L'homme ricana, assomma Cécile, la détacha, la
recouvrit, et s'éclipsa. Dans la chambre du haut, il retira la
corde, remit les vêtements avec lesquels il était venu, et
disparut.
Lorsque Norbert rentra vers onze heures, comme chaque
dimanche, pour déjeuner avec sa femme, il trouva Cécile encore
endormie, avec une énorme bosse tuméfiée derrière l'oreille. Elle
lui raconta, en toute confiance, ce qu'il lui était arrivé. Malgré
des recherches poussées, ils ne trouvèrent aucune trace du
passage de l'intrus. Cécile se fit examiner par un médecin ami. Il
fit des prélèvements, avant toute toilette, sur ses seins, que
l'homme avait sucé, dans le vagin, dans lequel il avait introduit
les doigts à mains nue, sur le clitoris qu'il avait léché. (Mais on
ne trouva que des traces ténues d'un ADN différent du sien,
incertaines à cause des contaminations, et que l'on fit comparer,
en totale discrétion, mais sans succès, avec le fichier ADN de la
police.)
Cécile déclara à Norbert que ce type était trop imbu de
lui-même pour qu'il ne se trahisse pas un jour ou l'autre et
obtint de son mari la promesse de son appui total pour détruire
cet homme le moment venu.
petite rue tranquille parallèle à l'Avenue***. Ses repérages, qui
duraient depuis plus d'un mois, lui avaient laissé le temps de
trouver les moyens de pénétrer sans effraction dans l'immeuble
cossu du 16ème arrondissement où se trouve l'appartement de
Cécile de Noblecourt-Rancy. à laquelle il rendait visite cette nuit
de mars 2004.
Cécile, il l'avait rencontrée à une réception, chez Solange de
Fontevrault ; elle lui avait aussitôt plu et il s'était juré de "se la
faire" tout comme il s'était "fait " Solange, la soeur de Cécile, et
plusieurs autres "dames" des beaux quartiers, repérées dans les
mêmes conditions.
En fait, il avait déjà visité, par deux fois, le somptueux logement
de sa prochaine victime. Il connaissait donc bien l'ensemble des
lieux, et notamment la chambre de Cécile. Il avait prélevé dans
son secrétaire quelques lettres de certains de ses amants,
choisies en fonction, d'une part de la nature des relations
qu'elles révélaient sans ambiguïté, et de préférence avec des
détails bien suggestifs, et, d'autre part, de la situation sociale et
politique des rédacteurs.
Depuis la plainte déposée par Solange de Fontevrault, et l'issue
fatale à laquelle elle l’avait conduite, il se félicitait de la
sagesse de telles précautions et redoublait d'efforts pour ne
rien laisser au hasard. Il avait aussi toujours avec lui,
maintenant, dans de telles expéditions, un équipement audio et
vidéo miniaturisé qui lui permettait d'enregistrer des phases très
suggestives de ces rencontres. Tout cela était préparé
minutieusement.
Dans le cas de Cécile, il savait qu'elle serait seule, ce samedi
soir, car, son amant-le ministre- était en déplacement, sa femme
de chambre, la seule domestique hébergée dans l'appartement,
était de congé jusqu'au lundi matin, et Norbert, son mari,
passait la nuit avec sa maîtresse comme tous les week-ends et
beaucoup d'autres nuits, lorsqu'il ne voyageait pas pour ses
affaires.
Il avait donc le champ libre, et en cas de surprise, il avait
prévu plusieurs façons de faire marche arrière.
Il était une heure du matin, et tout paraissait calme. Par
l'escalier de service, il monta jusqu'au dernier étage, ouvrit une
petite chambre de bonne inhabitée, et accrocha au garde-corps
de la fenêtre une corde descendant le long d'une conduite
jusqu'à l'étage au-dessous, au niveau de la fenêtre de la garde-
robe qui jouxte la chambre de Madame de Noblecourt.
Précaution simple, mais qui pouvait être utile, s'il ne pouvait
s'échapper, en cas de mauvaise surprise, par l'une des issues de
l'appartement.
Il sortit de la chambre, en fermant soigneusement la porte au
moyen d'un verrou qu'il avait lui-même changé, et revint à
l'étage au-dessous, le sixième. Il entra par la porte de service
avec les clés qu'il s'était procurées lors de ses précédentes
visites (pour remplacer les outils qu'il avait utilisés la première
fois). Il s'assura que tout était en ordre dans l'appartement. Il
plaça, près des gonds de chacune des deux portes d'accès, des
coins métalliques associés à des alarmes sonores. Ce dispositif
devait l'avertir de toute ouverture intempestive et lui permettre
de s'éclipser.
Il se dénuda entièrement, et revêtit un caleçon long, des
chaussettes, un ticheurte et une cagoule, le tout en fil noir très
fin ; les gants grossiers qu'il portait jusque-là furent échangés
contre de fins gants de même matière. Il reprit son sac et
pénétra tranquillement dans la chambre de Cécile de
Noblecourt.
Elle dormait, sur le côté droit, comme une bienheureuse, avec
une petite veilleuse qui permettait d'apercevoir son visage
pur et gracieux, sa chevelure brune et son épaule, son bras, et son
sein gauches, découverts. L'homme se dit : « elle dort donc nue,
cela va bien faciliter les choses ! » Il l'éveilla en douceur, non
sans lui placer la main sur la bouche pour éviter tout cri de
surprise, sinon de panique.
«Surtout, ne vous débattez pas, ne criez pas, sinon je serai
obligé d'employer la manière forte.»
Abasourdie, ensommeillée, Cécile se laissa passer des menottes
dont la chaîne engagée derrière un barreau du lit de style
ancien en fer forgé très "classe“ (et que l'homme avait bien sûr
remarqué avec intérêt lors de ses visites exploratoires) lui étirait
les bras vers la tête, sans possibilité de mouvements. Ensuite, il
entreprit de faire la même opération aux chevilles en dégageant
la literie au pied du lit.
Mais alors, Cécile commença à se débattre, à lui donner des
coups de pieds et à crier « sale voyou, laissez-moi, prenez ce
que vous voudrez, mais ne m'attachez pas davantage, sinon je
vais hurler.»
L'homme fouilla dans son sac, en sortit une matraque, et lui dit
"je vais vous assommer, si vous ne vous tenez pas tranquille". Il
lui donna un petit coup derrière l'oreille pour la "calmer" un
peu, et lui montrer qu'il ne plaisantait pas, et s'asseyant sur les
jambes de la jeune femme, il lui enchaîna les chevilles au pied
du lit. Il recouvrit sa poitrine nue, pour la tranquilliser.
Après quoi, la future victime étant immobilisée, il alla verrouiller
la porte et passant dans le dressing dont il ouvrit la fenêtre, il
vérifia que sa corde de secours était bien accessible comme
prévu, sans être trop visible de la rue. Pour donner le change
et retrouver le calme nécessaire pour se mettre en état de
réaliser le projet auquel il se préparait depuis si longtemps, il
ouvrit l'armoire, visita la lingerie de la dame, sortant notamment
des dessous affriolants, se rendit au secrétaire dont il rechercha
les recoins et tiroirs secrets (qu'il avait, en fait, déjà, repérés).
«Dites-moi ce que vous cherchez, je pourrai peut-être vous
aider » dit Cécile, d'une voix qu'elle s'efforça de rendre ferme
et assurée malgré l'angoisse qui l'oppressait. «Je cherche les
lettres de votre amant, le ministre.» «Je n'ai pas de lettres, pas
d'amant, ministre ou pas. Je n'ai pas d'argent, seulement des
bijoux ; prenez ce que vous voudrez, libérez-moi et partez de
chez moi ». «Non, ma belle, le ministre existe, ainsi que ses
lettres. Je les veux. Pour me protéger ! » « Je ne garde pas de
lettres, inutile de chercher.»
Alors, pour lui montrer qu'il n'était pas dupe et qu'il ne
plaisantait pas, il alla ouvrir le tiroir secret contenant les lettres
et les enferma dans son sac. Vaincue, Cécile compris que ce
type était vraiment dangereux et avait très bien préparé son
coup. Elle se souvint de ce qui était arrivé à sa soeur Solange
et eut vraiment peur.
L'homme sortit un petit caméscope et enclencha un minuscule
magnétophone. Il se dirigea vers le lit et retira draps et
couverture : elle était effectivement nue. Elle commença à
crier : il l'arrêta aussitôt en la menaçant de sa matraque et lui
dit : « Si vous ne voulez pas être brutalisée, taisez-vous. Vous
êtes à ma merci ! » « Mais de quel droit vous permettez-vous
de violer mon intimité ? Que me voulez-vous ? Dites-le à la fin !
» « Madame, c'est vous que je veux, je vais vous faire l'amour !
» « Misérable ! Misérable voyou, vous croyez que l'on peut
violer une femme de ma qualité en toute impunité ? »
« Madame, je bande déjà, regardez bien » et il sortit sa verge en
érection par la braguette entrouverte de son caleçon, « est-ce
qu'elle ne vous fait pas envie, autant que celle de votre
ministre ? » « Misérable malade, je vous traînerai devant la
justice ! » « Mais non ma chérie, je prépare cette nuit depuis
des semaines, et je ne vous prendrai pas sans que vous soyez
en partie consentante, rassurez-vous, mais vous avez raison, il
me faut des garanties : la vidéo, votre voix et vos gémissements
de plaisir et les lettres de votre amant. »
Et il se mit à la filmer attachée sur son lit : son visage,
sa poitrine, son sexe, et il l'obligea à prendre des poses. Elle ne
résistait plus, elle pleurait, en silence. Il la fit mettre à quatre
patte, ouvrir les cuisses, toutes sortes de figures pour l'humilier
et la soumettre. Cécile était anéantie. Il installa son caméscope
sur un trépied et le dirigea, en marche, sur le lit. Il s'approcha
d'elle, toujours bandant et, après avoir enlevé un gant, se mit à
la caresser : les lèvres, les seins, les cuisses, le sexe, dans
lequel il pénétra doucement d'un doigt, puis de deux, pour
finalement en glisser quatre, gardant le pouce, pour faire
pression sur le clitoris. D'abord Cécile se débat, puis à sa
grande honte, elle commence à ressentir plutôt du plaisir. Il s'en
rend compte et lui dit : « tu vois, ce n'est pas si désagréable,
tu commences même à mouiller joliment, non ? » Il enfila une
capote et se mit en devoir de la pénétrer. Elle résista, serra les
cuisses, se tordit, se tourna même sur le ventre au risque de se
blesser. Alors, il tendit la chaîne qui attachait ses jambes au
pied du lit de façon à lui écarter les jambes, et, pesant sur elle,
il la pénétra sans difficulté et même en douceur. Cécile était
confondue. Elle pleurait en se débattant, se disant : « je ne vais
tout de même pas lui montrer qu'il me donne du plaisir », et
elle se mit à crier. L'homme lui mit la main sur la bouche
jusqu'à ce qu'il eût fini son affaire. Après quoi, il l'étourdit d'un
coup de matraque. Peu après, il recommença, elle était
redevenue consciente et elle ne parvint pas à s'empêcher de
gémir doucement en espérant faire croire que c'était de douleur,
ou de rage. Mais elle n'osa pas crier. À la troisième reprise, sa
nature de jouisseuse reprit le dessus, et comme il fit durer
l'étreinte, elle atteignit l'orgasme dans une série de halètements
et de petits cris, qui ne laissaient aucun doute sur les effets
ressentis par Cécile, sous les coups de boutoir de son
agresseur.
Tandis que l'homme se retirait, elle fondit en larmes de rage et
de honte. « Misérable violeur, dit-elle, vous ne vous en tirerez
pas comme ça. Je vous détruirai tôt ou tard, soyez-en sûr ! »
Pour toute réponse, il la retourna, et en modifiant la tension de
ses liens, il la plaça à genoux et la pénétra en levrette avant
de la sodomiser sans ménagement!
"Voilà ma jolie, cela suffit-il? Et attention, j'ai la vidéo, sur laquelle vous êtes parfaitement reconnaissable, j'ai un double enregistrement des cris de plaisir que vous venez de pousser, et j'ai les lettres d'amour de votre
amant, le ministre. Avec ça vous ne pouvez rien contre moi !
Rappelez-vous ce qu'il est advenu de la plainte déposée par
Madame de Fontevrault. »
« Oh, abominable salaud, c'était donc bien vous ? Je m'en
doutais!» « Eh, oui, c'était bien moi ! Donc vous savez que je ne
plaisante pas. » Cécile, outrée, lui dit d'une voix sourde :
« Vous m'avez humiliée, et surtout vous avez conduit Solange à la
mort, vous ne méritez pas de vivre : sachez que je ne vous
oublierai pas, je vous détruirai, j'en fais la promesse en mémoire
de Solange. »
L'homme ricana, assomma Cécile, la détacha, la
recouvrit, et s'éclipsa. Dans la chambre du haut, il retira la
corde, remit les vêtements avec lesquels il était venu, et
disparut.
Lorsque Norbert rentra vers onze heures, comme chaque
dimanche, pour déjeuner avec sa femme, il trouva Cécile encore
endormie, avec une énorme bosse tuméfiée derrière l'oreille. Elle
lui raconta, en toute confiance, ce qu'il lui était arrivé. Malgré
des recherches poussées, ils ne trouvèrent aucune trace du
passage de l'intrus. Cécile se fit examiner par un médecin ami. Il
fit des prélèvements, avant toute toilette, sur ses seins, que
l'homme avait sucé, dans le vagin, dans lequel il avait introduit
les doigts à mains nue, sur le clitoris qu'il avait léché. (Mais on
ne trouva que des traces ténues d'un ADN différent du sien,
incertaines à cause des contaminations, et que l'on fit comparer,
en totale discrétion, mais sans succès, avec le fichier ADN de la
police.)
Cécile déclara à Norbert que ce type était trop imbu de
lui-même pour qu'il ne se trahisse pas un jour ou l'autre et
obtint de son mari la promesse de son appui total pour détruire
cet homme le moment venu.
-(III)-ENQUÊTE DIFFICILE.
Après le choc dû au suicide de Solange de Fontevrault, sa
sœur, et la colère résultant du propre viol multiple dont elle fut
victime, Cécile de Noblecourt-Rancy mit plusieurs semaines avant
de réagir.
Elle ressentait la mort de Solange comme une douleur
insupportable, et le fait d'avoir indubitablement joui entre les
mains et sous les assauts de ce misérable cagoulé, était pour
elle comme une souillure inacceptable. Depuis, elle n'arrivait
plus à trouver du plaisir dans l'amour, au grand dam de son
amant, le ministre, et même de Norbert, son mari, qui s'était
rapproché de son épouse à l'occasion de ce drame.
Un jour, cependant, elle décida de rencontrer Catherine Nottin,
une des victimes du violeur qui avait accepté de se faire connaître
auprès de Solange, lorsque celle-ci entreprit de rechercher
d'autres victimes qu'elle dans l'espoir de pouvoir étoffer le
dossier de sa plainte. Elle avait écrit par internet à une
vingtaine de femmes qui fréquentaient les mêmes salons ou
dîners qu'elle-même, car elle s'était dit que, peut-être, son
violeur fréquentait le même monde.
Six seulement lui avaient répondu : Catherine Nottin, Odile
Aubert et Annette Kaplan en reconnaissant avoir été violées
dans des conditions semblables, chez elles, de nuit, par un
individu cagoulé. Seule Catherine avait accepté de la rencontrer.
Les trois autres correspondantes, Martine de Sauveterre, Sophie
Pavans et Claire de Meurseault-Charmes, avaient seulement
admis avoir eu connaissance qu'un individu masqué qui, ayant
tenté de s'introduire chez elles, avait été mis en déroute par les
domestiques. Toutes les autres n'avaient même pas répondu à
sa demande.
Peu après avoir reçu le témoignage de Catherine Nottin, Solange
avait eu à faire face à une campagne de presse,
avec publication de photos et d'extraits de lettres reçues de son
amant, Robert. Sans oublier quelques « articles » commentant la
jouissance éprouvée par la victime durant « les rapports sexuels
qu'elle avait consentis à son visiteur ».
Elle n'en supporta pas davantage et mit fin à ses jours.
Dans la lettre adressée auparavant à sa sœur Cécile de Noblecourt,
elle formula l'hypothèse que son agresseur avait pu être alerté par des
indiscrétions de ses correspondantes parmi lesquelles pouvait se
trouver la propre épouse ou amie du violeur, ce qui corroborait,
selon elle, l'appartenance probable de cet individu à leur milieu.
Catherine et Cécile, en se rencontrant à une soirée, se
donnèrent rendez-vous dans un petit restaurant des bords de
Marne, en semaine, à midi, où elles se rendirent
indépendamment, en s'assurant l'une et l'autre de n'être pas
suivies. Catherine Nottin, une agréable jeune femme de vingt-
sept ans (tandis que Cécile en a trente-six), célibataire, cadre
dans une agence immobilière appartenant à son oncle, Alexis
Nottin, est admise dans les soirées de la bonne société du
XVIème arrondissement, comme accompagnatrice de cet oncle,
veuf depuis quelques années. Cécile et Catherine, sans être des
intimes, ont eu assez souvent plaisir à converser lorsqu'elles se
rencontraient, car elles ont toutes deux la dent dure à l'égard
de la plupart des personnes, notamment des femmes, qu'elles
côtoient dans les réceptions auxquelles elles se rendent pour
accompagner qui son oncle, qui son époux. En outre, l'une
comme l'autre, sont des femmes ouvertes sur le monde, car, en
dépit des milieux argentés auxquels elles appartiennent, elles
ont, chacune, une profession, et sont, sexuellement, très libérées.
Catherine est, sinon purement lesbienne, au moins bisexuelle, et
si Cécile avait eu un penchant pour les femmes, nul doute que
Catherine aurait pu avoir ses faveurs.
Solange avait communiqué à Cécile le récit enregistré de la rencontre
des deux femmes et elle connaissait donc les conditions dans
lesquelles Catherine avait dû céder aux assauts du violeur. Il
s'était introduit chez elle un soir avant son retour et l'avait
aussitôt assaillie et maîtrisée avec un tampon de chloroforme.
Quand elle avait repris ses esprits, elle était menottée,
bâillonnée, attachée sur son lit et complètement nue. Lui-même
était cagoulé bien sûr, nu, et très excité.
En en reparlant avec Cécile, elle lui confia, très librement,
« j'ai vraiment eu peur qu'il ne me fasse mal, car ma vulve
est plutôt étroite et j'ai trouvé sa verge vraiment
très grosse, mais comme il m'a caressée longuement et presque tendrement, j'ai fini par mouiller suffisamment de sorte que lorsqu'il m'a pénétrée, je n'ai vraiment pas eu mal. Bien au contraire, c'était plutôt
plaisant—j'ai décidé de n'en plus avoir honte !—et à la seconde
ou à la troisième fois, j'ai franchement eu un énorme orgasme !
En revanche, ce que je n'ai pas apprécié du tout, c'est qu'à la
fin, il m'ait sodomisée, et comme je me suis débattue pour
protester, il a recommencé deux autres fois ! Ce type est une
bête, je me demande comment il peut abuser ainsi huit ou dix
fois d'une femme en si peu de temps. En outre avant de partir,
il m'a fait écouter la bande de son magnétophone. Malgré mon
bâillon, c'était vraiment éloquent ! Il m'a menacée de sévices
cruels à mon endroit et d'une campagne de presse propre à
ruiner la bonne réputation de mon oncle, si je m'avisais de
porter plainte ! Voilà pourquoi je n'ai rien fait d'autre que
répondre à ta sœur et la rencontrer. »
Cécile lui répondit : « Tu as raison de ne pas avoir honte, car
c'est là-dessus qu'il compte pour éviter les plaintes. J'ai moi-
même joui de son fait et je pense que c'est le cas de toutes
celles qui ont eu affaire à lui ! Nous n'y pouvons rien s'il sait s'y
prendre avec les femmes ! C'est pourquoi ma sœur a eu si peu
de réponses positives. Mais ce type, aussi prévenant soit-il, est
un salaud, un type dangereux, et je veux découvrir son identité,
et le détruire. Ma sœur est morte par sa faute, et rien ne dit
que d'autres femmes n'ont pas également mis fin à leurs jours.
Je voudrais que tu m'aides à rassembler des indices pour le
confondre un jour. »
Catherine demande alors ce que Cécile entend par détruire.
Sans hésiter elle répond : « le traduire en justice si on a
les éléments pour cela, de façon à ce qu'il soit
condamné lourdement mais, à défaut, je suis prête à le faire
tuer par un professionnel ! »
Catherine, abasourdie, finit par s'exclamer :
« Toi au moins tu ne pardonnes pas ! » « Non, je
ne pardonne pas le suicide de Solange, et ce type doit être
détruit d'une façon ou d'une autre avant qu 'il ne commette
trop de dégâts supplémentaires ! Je ne veux pas me venger
d'avoir été forcée de prendre du plaisir avec lui, mais je veux
faire disparaître ce nuisible qui cambriole le corps des femmes
et bande comme une bête grâce au viagra ! Es-tu quand même décidée à m'aider ? »
« Oui, que faut-il faire ? »
Cécile réfléchit un moment et lui explique comment
elle a pu recueillir des traces d'ADN sur son
corps, par sa salive et quelques poils pubiens, mais qu'il faudrait
pouvoir confirmer pour faire des recherches sur le fichier de la
police.
« Tu comprends, dans mon cas, il était couvert d'un
survêtement léger, et il a utilisé des préservatifs, donc nous
n'avons pas pu recueillir grand'chose. Tandis que pour Solange
et pour toi, il était nu et sans préservatif, je crois. Tu n'as pas
gardé les draps de ton lit, ni les sous-vêtements que tu aurais
mis juste après, avant de te laver ? Pas de prélèvements
vaginaux ? Je ne sais pas, réfléchis ! »
Catherine dit : « j'ai peut-être ce qu'il te faut : bien sûr
ma première réaction a été de me doucher, mais,
sous la douche, je me suis dit que je
faisais disparaître tout trace de ce viol et avant de faire une
douche vaginale, j'ai recueilli des sécrétions sur un tampon que
j'ai fait sécheŕ et conservé sous plastique au congélateur. Il doit
bien y avoir du sperme là-dedans, non ? » « Fabuleux »
s'exclame Cécile, « voilà ce qu'il nous faut ! Avec ça, nous
allons savoir si on retrouve les mêmes profils suspects que sur
les prélèvements faits sur moi et faire faire une véritable
recherche dans le fichier de la police. Mais il faudrait aussi
d'autres signes particuliers de cet individu : moi je n'ai rien vu
que sa verge, qui effectivement est de belle taille, mais sans
autre signe particulier ! »
« Non, je n'ai rien remarqué » regrette Catherine.
« Bon, connais-tu bien Odile Aubert ou Annette Kaplan :
elles ont refusé de me parler, par peur sans
doute... » « Odile, oui, je peux la questionner, Kaplan, je ne la
connais pas beaucoup, mais je peux essayer de l'approcher. Je
te tiendrai au courant. » « Merci, je vais faire examiner ton
prélèvement, pendant ce temps. »
Elles se séparèrent en se donnant rendez-vous, quinze jours plus
tard, dans un autre restaurant. À ce rendez-vous, elles se
retrouvèrent trois : Annette Kaplan, une grande femme brune de
trente-huit ans avait décidé de se joindre à Cécile et Catherine.
Elle s'excusa d'avoir précédemment mal reçu Cécile et Solange,
tout en annonçant qu'elle était prête à témoigner : elle a
remarquer deux particularités : l'individu doit être blond car ses
poils pubiens le sont et d'autre part, il a sur une des bourses,
la gauche pense-t-elle, une assez grosse verrue noire. Il était
également nu et a laissé des traces de sperme sur le drap,
qu'elle a conservé, non lavé.
Catherine raconte qu'Odile a observé, lorsqu'elle a été violée
que le type portait une assez grosse chevalière en or, sur
laquelle elle ne se souvient pas avoir vu d'inscriptions.
Elle confirme que sa toison pubienne est blonde.
Elle ne veut pas témoigner car il possède des
documents compromettants sur son mari. « Et toi, Cécile, que
rapportes-tu ? » « Voilà : le nouveau profil ADN obtenu à partir
de ton prélèvement, est partiellement en accord avec ce que
l'on avait obtenu avec les prélèvements effectués sur moi, qui
étaient vraiment limites, si tu te souviens. Il faudra confirmer
avec le drap d'Annette. Ça c'est une chance ! Le problème, c'est
que ce profil correspond à celui d'un violeur identifié il y a six
ans, en Angleterre, auquel on attribue une dizaine de viols
pratiqués dans des conditions vraiment différentes de notre
affaire : le type s'attaquait à des jeunes femmes isolées dans la
campagne, ou dans des forêts, maîtrisait sa victime par la force
et la frayeur, tirait son coup et disparaissait. Pas du tout le
modus operandi de notre homme ! La police aurait identifié, je
ne sais trop comment, un certain Gerald Boner, ou Bonar, qui a
disparu de la circulation depuis le dernier viol qui lui a été
attribué en Grande Bretagne. On ne possède de lui qu'un vague
portrait robot établi grâce aux souvenirs d'une de ses victimes.
En voici une copie. À moi, il ne rappelle personne de connu. S'il
n'y a pas d'erreur au niveau ADN il faut, bien sûr, imaginer que
ce malade est venu en France et fréquente, notamment, d'une
façon ou d'une autre, notre milieu. » Catherine et Annette
étudient aussi ce portrait-robot et parviennent à la même
conclusion : cette tête ne leur dit rien. Mais Annette fait
remarquer qu'il est assez facile de changer d'apparence, surtout
en partant d'un état qui se rapproche plus de celui d'un homme
des bois que d'un bourgeois qu XVIème ! Cécile et Catherine en
convinrent et Cécile proposa de faire faire un autre portrait-
robot à partir du premier. Mais ce ne sera sûrement pas concluant.
Pour finir les trois femmes, convinrent qu'elles ne
pourraient guère aller beaucoup plus loin que : vérifier le profil
ADN des tâches maculant le drap conservé par Annette, faire
circuler avec prudence les deux portraits-robots et l'existence
d'une verrue noire sur la bourse gauche du violeur et le fait
qu'il s'agit plutôt d'un blond...Et rester à l'affût lors des
réunions et dîners auxquels elles participeront ! L'enquête
s'avérait donc difficile.
Après le choc dû au suicide de Solange de Fontevrault, sa
sœur, et la colère résultant du propre viol multiple dont elle fut
victime, Cécile de Noblecourt-Rancy mit plusieurs semaines avant
de réagir.
Elle ressentait la mort de Solange comme une douleur
insupportable, et le fait d'avoir indubitablement joui entre les
mains et sous les assauts de ce misérable cagoulé, était pour
elle comme une souillure inacceptable. Depuis, elle n'arrivait
plus à trouver du plaisir dans l'amour, au grand dam de son
amant, le ministre, et même de Norbert, son mari, qui s'était
rapproché de son épouse à l'occasion de ce drame.
Un jour, cependant, elle décida de rencontrer Catherine Nottin,
une des victimes du violeur qui avait accepté de se faire connaître
auprès de Solange, lorsque celle-ci entreprit de rechercher
d'autres victimes qu'elle dans l'espoir de pouvoir étoffer le
dossier de sa plainte. Elle avait écrit par internet à une
vingtaine de femmes qui fréquentaient les mêmes salons ou
dîners qu'elle-même, car elle s'était dit que, peut-être, son
violeur fréquentait le même monde.
Six seulement lui avaient répondu : Catherine Nottin, Odile
Aubert et Annette Kaplan en reconnaissant avoir été violées
dans des conditions semblables, chez elles, de nuit, par un
individu cagoulé. Seule Catherine avait accepté de la rencontrer.
Les trois autres correspondantes, Martine de Sauveterre, Sophie
Pavans et Claire de Meurseault-Charmes, avaient seulement
admis avoir eu connaissance qu'un individu masqué qui, ayant
tenté de s'introduire chez elles, avait été mis en déroute par les
domestiques. Toutes les autres n'avaient même pas répondu à
sa demande.
Peu après avoir reçu le témoignage de Catherine Nottin, Solange
avait eu à faire face à une campagne de presse,
avec publication de photos et d'extraits de lettres reçues de son
amant, Robert. Sans oublier quelques « articles » commentant la
jouissance éprouvée par la victime durant « les rapports sexuels
qu'elle avait consentis à son visiteur ».
Elle n'en supporta pas davantage et mit fin à ses jours.
Dans la lettre adressée auparavant à sa sœur Cécile de Noblecourt,
elle formula l'hypothèse que son agresseur avait pu être alerté par des
indiscrétions de ses correspondantes parmi lesquelles pouvait se
trouver la propre épouse ou amie du violeur, ce qui corroborait,
selon elle, l'appartenance probable de cet individu à leur milieu.
Catherine et Cécile, en se rencontrant à une soirée, se
donnèrent rendez-vous dans un petit restaurant des bords de
Marne, en semaine, à midi, où elles se rendirent
indépendamment, en s'assurant l'une et l'autre de n'être pas
suivies. Catherine Nottin, une agréable jeune femme de vingt-
sept ans (tandis que Cécile en a trente-six), célibataire, cadre
dans une agence immobilière appartenant à son oncle, Alexis
Nottin, est admise dans les soirées de la bonne société du
XVIème arrondissement, comme accompagnatrice de cet oncle,
veuf depuis quelques années. Cécile et Catherine, sans être des
intimes, ont eu assez souvent plaisir à converser lorsqu'elles se
rencontraient, car elles ont toutes deux la dent dure à l'égard
de la plupart des personnes, notamment des femmes, qu'elles
côtoient dans les réceptions auxquelles elles se rendent pour
accompagner qui son oncle, qui son époux. En outre, l'une
comme l'autre, sont des femmes ouvertes sur le monde, car, en
dépit des milieux argentés auxquels elles appartiennent, elles
ont, chacune, une profession, et sont, sexuellement, très libérées.
Catherine est, sinon purement lesbienne, au moins bisexuelle, et
si Cécile avait eu un penchant pour les femmes, nul doute que
Catherine aurait pu avoir ses faveurs.
Solange avait communiqué à Cécile le récit enregistré de la rencontre
des deux femmes et elle connaissait donc les conditions dans
lesquelles Catherine avait dû céder aux assauts du violeur. Il
s'était introduit chez elle un soir avant son retour et l'avait
aussitôt assaillie et maîtrisée avec un tampon de chloroforme.
Quand elle avait repris ses esprits, elle était menottée,
bâillonnée, attachée sur son lit et complètement nue. Lui-même
était cagoulé bien sûr, nu, et très excité.
En en reparlant avec Cécile, elle lui confia, très librement,
« j'ai vraiment eu peur qu'il ne me fasse mal, car ma vulve
est plutôt étroite et j'ai trouvé sa verge vraiment
très grosse, mais comme il m'a caressée longuement et presque tendrement, j'ai fini par mouiller suffisamment de sorte que lorsqu'il m'a pénétrée, je n'ai vraiment pas eu mal. Bien au contraire, c'était plutôt
plaisant—j'ai décidé de n'en plus avoir honte !—et à la seconde
ou à la troisième fois, j'ai franchement eu un énorme orgasme !
En revanche, ce que je n'ai pas apprécié du tout, c'est qu'à la
fin, il m'ait sodomisée, et comme je me suis débattue pour
protester, il a recommencé deux autres fois ! Ce type est une
bête, je me demande comment il peut abuser ainsi huit ou dix
fois d'une femme en si peu de temps. En outre avant de partir,
il m'a fait écouter la bande de son magnétophone. Malgré mon
bâillon, c'était vraiment éloquent ! Il m'a menacée de sévices
cruels à mon endroit et d'une campagne de presse propre à
ruiner la bonne réputation de mon oncle, si je m'avisais de
porter plainte ! Voilà pourquoi je n'ai rien fait d'autre que
répondre à ta sœur et la rencontrer. »
Cécile lui répondit : « Tu as raison de ne pas avoir honte, car
c'est là-dessus qu'il compte pour éviter les plaintes. J'ai moi-
même joui de son fait et je pense que c'est le cas de toutes
celles qui ont eu affaire à lui ! Nous n'y pouvons rien s'il sait s'y
prendre avec les femmes ! C'est pourquoi ma sœur a eu si peu
de réponses positives. Mais ce type, aussi prévenant soit-il, est
un salaud, un type dangereux, et je veux découvrir son identité,
et le détruire. Ma sœur est morte par sa faute, et rien ne dit
que d'autres femmes n'ont pas également mis fin à leurs jours.
Je voudrais que tu m'aides à rassembler des indices pour le
confondre un jour. »
Catherine demande alors ce que Cécile entend par détruire.
Sans hésiter elle répond : « le traduire en justice si on a
les éléments pour cela, de façon à ce qu'il soit
condamné lourdement mais, à défaut, je suis prête à le faire
tuer par un professionnel ! »
Catherine, abasourdie, finit par s'exclamer :
« Toi au moins tu ne pardonnes pas ! » « Non, je
ne pardonne pas le suicide de Solange, et ce type doit être
détruit d'une façon ou d'une autre avant qu 'il ne commette
trop de dégâts supplémentaires ! Je ne veux pas me venger
d'avoir été forcée de prendre du plaisir avec lui, mais je veux
faire disparaître ce nuisible qui cambriole le corps des femmes
et bande comme une bête grâce au viagra ! Es-tu quand même décidée à m'aider ? »
« Oui, que faut-il faire ? »
Cécile réfléchit un moment et lui explique comment
elle a pu recueillir des traces d'ADN sur son
corps, par sa salive et quelques poils pubiens, mais qu'il faudrait
pouvoir confirmer pour faire des recherches sur le fichier de la
police.
« Tu comprends, dans mon cas, il était couvert d'un
survêtement léger, et il a utilisé des préservatifs, donc nous
n'avons pas pu recueillir grand'chose. Tandis que pour Solange
et pour toi, il était nu et sans préservatif, je crois. Tu n'as pas
gardé les draps de ton lit, ni les sous-vêtements que tu aurais
mis juste après, avant de te laver ? Pas de prélèvements
vaginaux ? Je ne sais pas, réfléchis ! »
Catherine dit : « j'ai peut-être ce qu'il te faut : bien sûr
ma première réaction a été de me doucher, mais,
sous la douche, je me suis dit que je
faisais disparaître tout trace de ce viol et avant de faire une
douche vaginale, j'ai recueilli des sécrétions sur un tampon que
j'ai fait sécheŕ et conservé sous plastique au congélateur. Il doit
bien y avoir du sperme là-dedans, non ? » « Fabuleux »
s'exclame Cécile, « voilà ce qu'il nous faut ! Avec ça, nous
allons savoir si on retrouve les mêmes profils suspects que sur
les prélèvements faits sur moi et faire faire une véritable
recherche dans le fichier de la police. Mais il faudrait aussi
d'autres signes particuliers de cet individu : moi je n'ai rien vu
que sa verge, qui effectivement est de belle taille, mais sans
autre signe particulier ! »
« Non, je n'ai rien remarqué » regrette Catherine.
« Bon, connais-tu bien Odile Aubert ou Annette Kaplan :
elles ont refusé de me parler, par peur sans
doute... » « Odile, oui, je peux la questionner, Kaplan, je ne la
connais pas beaucoup, mais je peux essayer de l'approcher. Je
te tiendrai au courant. » « Merci, je vais faire examiner ton
prélèvement, pendant ce temps. »
Elles se séparèrent en se donnant rendez-vous, quinze jours plus
tard, dans un autre restaurant. À ce rendez-vous, elles se
retrouvèrent trois : Annette Kaplan, une grande femme brune de
trente-huit ans avait décidé de se joindre à Cécile et Catherine.
Elle s'excusa d'avoir précédemment mal reçu Cécile et Solange,
tout en annonçant qu'elle était prête à témoigner : elle a
remarquer deux particularités : l'individu doit être blond car ses
poils pubiens le sont et d'autre part, il a sur une des bourses,
la gauche pense-t-elle, une assez grosse verrue noire. Il était
également nu et a laissé des traces de sperme sur le drap,
qu'elle a conservé, non lavé.
Catherine raconte qu'Odile a observé, lorsqu'elle a été violée
que le type portait une assez grosse chevalière en or, sur
laquelle elle ne se souvient pas avoir vu d'inscriptions.
Elle confirme que sa toison pubienne est blonde.
Elle ne veut pas témoigner car il possède des
documents compromettants sur son mari. « Et toi, Cécile, que
rapportes-tu ? » « Voilà : le nouveau profil ADN obtenu à partir
de ton prélèvement, est partiellement en accord avec ce que
l'on avait obtenu avec les prélèvements effectués sur moi, qui
étaient vraiment limites, si tu te souviens. Il faudra confirmer
avec le drap d'Annette. Ça c'est une chance ! Le problème, c'est
que ce profil correspond à celui d'un violeur identifié il y a six
ans, en Angleterre, auquel on attribue une dizaine de viols
pratiqués dans des conditions vraiment différentes de notre
affaire : le type s'attaquait à des jeunes femmes isolées dans la
campagne, ou dans des forêts, maîtrisait sa victime par la force
et la frayeur, tirait son coup et disparaissait. Pas du tout le
modus operandi de notre homme ! La police aurait identifié, je
ne sais trop comment, un certain Gerald Boner, ou Bonar, qui a
disparu de la circulation depuis le dernier viol qui lui a été
attribué en Grande Bretagne. On ne possède de lui qu'un vague
portrait robot établi grâce aux souvenirs d'une de ses victimes.
En voici une copie. À moi, il ne rappelle personne de connu. S'il
n'y a pas d'erreur au niveau ADN il faut, bien sûr, imaginer que
ce malade est venu en France et fréquente, notamment, d'une
façon ou d'une autre, notre milieu. » Catherine et Annette
étudient aussi ce portrait-robot et parviennent à la même
conclusion : cette tête ne leur dit rien. Mais Annette fait
remarquer qu'il est assez facile de changer d'apparence, surtout
en partant d'un état qui se rapproche plus de celui d'un homme
des bois que d'un bourgeois qu XVIème ! Cécile et Catherine en
convinrent et Cécile proposa de faire faire un autre portrait-
robot à partir du premier. Mais ce ne sera sûrement pas concluant.
Pour finir les trois femmes, convinrent qu'elles ne
pourraient guère aller beaucoup plus loin que : vérifier le profil
ADN des tâches maculant le drap conservé par Annette, faire
circuler avec prudence les deux portraits-robots et l'existence
d'une verrue noire sur la bourse gauche du violeur et le fait
qu'il s'agit plutôt d'un blond...Et rester à l'affût lors des
réunions et dîners auxquels elles participeront ! L'enquête
s'avérait donc difficile.
Par MORE
-
Publié dans : Nouvelle CG &MM;violeur de dames
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