Vendredi 12 décembre 2008



(Ce récit-réalité est dédié, avec mon affectueuse amitié, à Nathalie, ma grande soeur. Manon Moreno)



PROLOGUE


Le message de Justine Olafson, me parvint à la fin d'août, à un moment où ma vie personnelle était secouée par un fort séisme. J'ai attendu la première semaine de septembre pour en prendre connaissance et pour examiner les fichiers joints au message.


En eux-mêmes, ils étaient explicites: pédophilie caractérisée et tortures sadiques exercées à l'encontre de jeunes femmes; scènes épouvantables que je n'ose même pas évoquer. Si, en outre, ces fichiers provenaient bien de l'ordinateur de Tom, qu'il fut ou non l'auteur des photos que contenaient ces documents, je ne pouvais évidemment pas lui conserver mon amitié, ni même ma sympathie.


Il fallait absolument que je rencontre Justine et Pénélope.


Sans même les avertir (espérant les prendre par surprise), je suis partie avec mes deux filles pour B., dans le Lubéron.



Justine, vint m'ouvrir la porte: “voilà, je suis Manon, je viens vous voir, suite à votre mail relatif aux agissements de Tom Barton.”


“Bonjour, soyez la bienvenue, mais je suis seule, Pénélope a repris son travail en Avignon, elle sera là ce soir, car c'est vendredi. Vous pourrez la voir si vous restez jusqu'à demain. Mais entrez donc.”


Comme il faisait beau et chaud, Emma est allée se baigner, tandis que Pauline, a bien voulu dormir dans sa nacelle.


J'ai fait comprendre à Justine, que je souhaitais m'assurer que les fichiers sortaient bien de l'ordinateur de Tom.


Justine ne s'est pas vexée:

“oui, bien sûr, je comprends ça. Je les ai laissés dans son ordinateur, en changeant le password. S'il ne l'a pas cassé, ils y sont toujours. Le problème, c'est que maintenant, il se déconnecte, en général, quand il ne s'en sert pas. Mais, on peut essayer.”


Justine va à son ordinateur, un gros PC DELL impressionnant, tapote je ne sais quoi, et me dit:” son ordi est connecté, et il n'est pas dessus”. Elle fait apparaître la mention,”ordinateur de Tom Barton” et va dans je ne sais quelle dossier, tapote un mot de passe et constate:”tout est encore là, voyez plutôt vous même, mais ne restez pas trop, car il peut revenir d'un instant à l'autre.”


Très vite, je m'assurais qu'il s'agissait bien des documents que j'avais reçus.


Justine referma le dossier, mais avant de quitter l'ordinateur de Tom, voulut me montrer un extrait d'une sorte de journal intime dans lequel il parlait de moi en ces termes: “Cette nana-là, elle m'a à la bonne, maintenant qu'elle est toute seule, il faut que je me la fasse.” Suivait tout un protocole d'approche que je préfère ne pas évoquer.


Il ne me restait plus qu'à remercier Justine, et à reprendre la route.


Mais elle ne l'entendit pas ainsi, nous garda à déjeuner, et voulu me raconter par le menu leurs démêlés avec Barton et sa copine.

Nous nous sommes vite entendu toutes les deux, et même toutes les quatre; elle m'offrit de passer la nuit chez elles, pour faire la connaissance de Pénélope.


L'après-midi, nous nous sommes baignées, et je dois reconnaître que j'ai été conquise et même envoûtée par le beau corps nu de cette fille du nord.


J'ai l'impression que la sympathie fut réciproque, et partagée aussi par Pénélope, puisque nous avons passé la nuit ensemble, toutes les trois.


—1—



Nous avons passé l’après-midi nues au bord ou dans la piscine. Lorsque Pénélope est arrivée, vers cinq heures, elle a fait de même tellement la fin de journée de ce début septembre fut merveilleusement douce. À son réveil, j’y ai également plongé Pauline, puisque l’eau, purifiée de façon naturelle, par des végétaux, n’est pas chlorée.


(Peut-être trouvez-vous inconvenant qu’une mère de famille se baigne nue avec ses filles et des amies—qui ne sont pas encore des amies, d’ailleurs ! Sachez, simplement, que je pratique le naturisme depuis longtemps et qu’Emma, ma fille aînée, y est habituée depuis l'âge de trois ans et se trouve parfaitement à l’aise nue au milieud’enfants et d’adultes de tous âges, également nus.)


Justine, une grande blonde de type nordique avec une chevelure blond très clair, presque blanc, coupée très court. Des petits seins tout ronds, « pommés ». Un gentil petit cul musclé, le ventre plat, le pubis et le sexe épilé, de longues jambes de gazelle et une carnation rendue mate grâce à une exposition au soleil de longue date et sûrement ménagée, au sortir de la mauvaise saison.


Elle vit à B depuis trois ans avec Pénélope, s’octroyant deux fois deux semaines de vacances à Tromso, très au nord en Norvège, son pays, au moment des deux solstices. Elle a besoin, m’a-t-elle dit, de renouer chaque année avec la nuit et avec le jour polaires.


137.jpgSoleil de minuit en juin au Cap Nord


Son père, ingénieur, est en charge d’une station (sur un îlot de la région) qui reçoit le gaz prélevé dans le sous-sol de la mer arctique et le redistribue vers le sud, notamment vers la France. Il vient, aussi souvent que possible, passer quelques jours à B avec sa fille et avec Pénélope, avec qui il entretient des rapports très sensuels, ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi au moins une compagne en Norvège. La mère de Justine est morte très jeune, peu après la naissance de sa fille.


« Pénélope n’est donc pas aussi exclusivement lesbienne qu’elle l’a laissé entendre à Barton » ai-je fait observer.

—Depuis que nous sommes ensemble, c’est la seule exception que je lui connaisse. Tu sais, mon père est un homme exceptionnel, tu le verras demain, d’ailleurs, car il vient pour une semaine, je pense. Si ce n’était pas mon père, je coucherais aussi sûrement avec lui, car j’en suis vraiment amoureuse, depuis toujours. Je crois que Pénélope me remplace, tout en y trouvant elle-même, bien sûr, du plaisir. En fait, j’ai toujours été incapable de coucher avec un homme jusqu’à maintenant. Ce serait, d’après un ami psychiatre, à qui je me suis confiée une fois, à cause de la grande amour que j’éprouve pour mon père. »


Cette confidence de Justine m’a plongée dans un abîme de réflexion. J’avais entendu parler déjà de cas de ce genre, par la littérature en fait, d’amours incestueuses, et consommées, entre père et fille ou mère et fils, mais c’est bien la première fois que je touchais, de si près, une réalité de ce genre. Je demandai à Justine si elle en était malheureuse.


« Non, je n’en ai pas l’impression. Nous sommes très proches l’un de l’autre. Lorsque nous sommes ensemble, c’est le grand bonheur pour nous deux ; et depuis toujours nous nous téléphonons presque chaque jour, et maintenant avec skype, c’est encore mieux, puisque nous nous voyons. Non, je ne suis pas malheureuse, et d’ailleurs, Pénélope et moi, nous formons un vrai couple d’amoureuses. Sans nous interdire d’autres partenaires. »


Je me suis demandé si cette dernière remarque m’était destinée. Entre nous, je dois vous avouer que non seulement cela ne m’a pas choquée, mais que, en outre, je l’espérais, car je sentais un fort courant d’empathie envers elle.


Lorsque Pénélope est apparue, ce fut autre chose ! Elle aussi était appétissante, mais dans un tout autre registre. Brune voluptueuse, très belle aussi ; un peu plus petite que Justine, elle arbore une poitrine somptueuse avec hanches, fesses et cuisses assorties, mais sans excès. Un corps en harmonie avec un contact débordant de fantaisie et de tendresse. Nue, elle resplendissait et l’on n’avait qu’une envie, l’aborder, l’embrasser, la câliner, lui donner du bonheur.


En regard, Justine paraissait plus froide, plus distante, plus réservée. Pourtant, sans écarter Pénélope, c’est de Justine que j’avais envie de m’approcher…



—2—



Le souvenir de cette soirée ne se perdra pas dans les replis de ma mémoire, car, en un sens, ce fut le début pour moi, d'une ère nouvelle, mais ce ne fut que plusieurs semaines plus tard que je m'en rendis vraiment compte.


Pendant que Pénélope et Justine préparaient le repas, je fis manger Pauline, puis la préparai pour la nuit. Le repas fut simple mais goûteux : un rizotto aux petits légumes et saint-jacques, roquette et mâche, fromages et fruits, accompagnés d’un savoureux côtes-du- lubéron blanc 2005 de chez Perrin.


Coucher des deux filles dans la grande chambre mansardée qui m’avait été attribuée : Pauline, qui dormait déjà, dans sa nacelle ; Emma, comme une grande, à sa grande satisfaction, dans mon lit, que je n’occuperais que bien plus tard.


Bavardage entre femmes dans la grande pièce à tout faire du second niveau, largement ouverte sur la piscine et sur la nuit tiède. Bref échange, à l’usage de Pénélope, au sujet de Barton, point final. Par les messages captés sur l’ordi de Barton, elles savaient déjà beaucoup de moi, ce que je faisais, et, quant à ma situation personnelle, que j’étais seule avec mes filles, le père de Pauline étant parti aux States.


J’appris que Pénélope était, à la fois, gestionnaire et premier violon de l’orchestre du théâtre lyrique d’Avignon, ce qui lui donnait des horaires assez variables en saison de concert, ou lorsque la formation était en déplacement. Il y avait depuis peu un directeur et chef, jeune, américain et dynamique, mais la situation financière du théâtre et donc de l’orchestre, était en très mauvaise passe, et il était de plus en plus question d’un dépôt de bilan…Ce qui était loin d’enchanter Pénélope.


Justine, plutôt « cool », lui dit de ne pas s’en faire puisqu’elles n’avaient pas de loyer à payer et qu’elle gagnait bien leur vie. Elle avait monté son entreprise d’informatique : création de progiciels et contrats de formation et de suivi pour des entreprises industrielles ou de services, avec une clientèle essentiellement européenne dont elle était l’unique employée travaillant à domicile. Elle se déplaçait parfois, mais, le plus souvent, sous-traitait la partie formation à une équipe de service informatique localisée en Allemagne.


Vers onze heures, Pénélope, dont le langage était vif et dru, dit à Justine qu’elle irait bien « baiser », et les deux filles me proposèrent de me joindre à elles. Leur chambre était adjacente au salon, et s’ouvrait aussi par une large baie sur l’espace « piscine et jardin » ; elle avait un vaste lit, où, effectivement, les ébats de trois personnes pouvaient se développer à l’aise…


Un voilage léger fut tiré devant la fenêtre au cas où, dit Pénélope, « ce salopard de Barton soit posté quelque part avec son téléobjectif ! »


Nous étions si peu couvertes qu’il fallut peu de temps pour nous dénuder. Je n’ose pas trop décrire nos caresses, d’abord un peu timides, sans doute à cause de ma présence. Baiser à trois filles dont l’une est étrangère aux ébats des deux autres, prend rarement un tour très gracieux. Mais, je dois vous dire que je ne me suis pas ennuyée un seul instant, et que mes hôtesses firent vraiment tout le nécessaire pour me procurer toute la jouissance que je pouvais espérer.


Pénélope paie de sa personne avec une fantaisie et une énergie étourdissantes, tandis que Justine, plus réservée, fait davantage dans la nuance, mais entraîne sa partenaire au but tout aussi efficacement. J’ai admiré avec quelle grâce et quel amour les deux amantes savaient exactement comment se conduire entre elles pour atteindre le septième ciel…


OOO


Le lendemain, samedi, le père de Justine, Erik Olafson, arriva à l’heure du déjeuner. Ce quinquagénaire est vraiment un bel homme et un monsieur charmant. Je comprends qu’il puisse, en effet, déchaîner les passions. Il est grand, sa chevelure, sans doute blonde au départ, est maintenant entièrement blanchie. Dévêtu pour la baignade, son corps musclé, sans traces de graisse, est manifestement très bien entretenu.


OOO


Le soir, après le souper, il se retira avec Pénélope dans sa chambre, située à côté de la mienne, et je restai seule avec Justine. Je fus vraiment soulagée, heureuse, de me retrouver avec elle, en tête à tête, et je suis certaine qu’elle aussi préféra la nuit que nous avons passée à deux à la précédente. Ce fut un vrai feu de joie !


Nos sensualités certes différentes, mais complémentaires, s’exprimèrent avec un raffinement nuancé et pudique que je n’avais pas connu depuis bien longtemps. Nous nous sommes promis de nous revoir bientôt.



—3—



Moins deux semaines plus tard, un mardi, elle se présenta à ma porte, vers 19 heures.


J’étais à la cuisine.


C’est Emma qui alla ouvrir :« Maman, Maman, c’est Justine ! »


Tout heureuse de la surprise, j’allai l’accueillir et l’embrasser.


« Quelle bonne surprise tu nous fais là ! Comme c’est gentil ! Tu restes cette nuit, bien sûr?

—Cette nuit et jusqu’à vendredi soir ou samedi matin, si c’est possible.

—Chic alors ! Bien sûr que c’est possible.»


Emma sauta de joie, en faisant des Wouah et des Super bruyants. Ayant mon repas à revoir, je lui demandai d’installer Justine dans la chambre d’amis et de lui faire les honneurs de la maison.


Emma fait :« Mais Justine dormira avec toi, non ? » Ce qui fit sourire Justine qui me jeta un regard amusé.


« Emma, nous verrons cela entre nous, tu veux bien ? De toute façon, Justine a besoin d’une chambre où être chez elle ; et puis, elle peut avoir du travail à faire si elle reste plusieurs jours. Installe-la dans la chambre du haut, à côté de mon bureau. »


Tout en retournant à mes fourneaux, je pensai qu’on ne pouvait pas dissimuler grand chose à ma fille, et j’étais contente qu’elle trouve normales mes relations avec mes amies.


Plus tard, Justine m’a expliqué qu’Emma avait tenu à tout lui montrer, et à tout lui expliquer : les photos de Claire dans mon bureau, sa maladie, sa triste fin (alors que je n’avais pas encore parlé de Claire avec Justine !), le départ d’Hervé, son vrai père et sa famille, etc…


« J’aime bien cette façon d’être naturelle pour une enfant encore jeune, mais qui a déjà connu des moments douloureux ; je ne m’y connais pas en éducation, mais je trouve que c’est une réussite. En outre, ta fille est vraiment intelligente, et délicate ; tu dois te régaler avec elle. Elle m’a aussi conduite près de Pauline qui, je crois, m’a reconnue. C’est un vrai bonheur de voir comme les deux sœurs se font fête. Au moins, avec tes filles, tu as de la chance.

—Que tu sois venue, c’est aussi une chance, non ?

—Il m’a semblé que ce serait bien de ne pas trop attendre avant de nous revoir, j’en avais envie. Très! »


Nous avons échangé des sourires complices.


J’ai appelé Emma : « la table ! ».

« À la cuisine ? » demanda-t-elle.

« Oui, je pense. Pas de chichis, Justine ? J’ai préparé un repas à la fortune du pot : salade de champignons à l’huile de noisette, escalopes de saumon surgelé, à l’oseille et épinards, fromages, riz au lait et aux pruneaux que j’avais préparé pour faire plaisir à Emma, et comme vin, j’ai, au frais, une bouteille d’un petit cassis 2006 de Fontbrune. Ça te va ? —Oh oui, tu parles, bien sûr, en voilà un festin ! »


Après le repas, animé, comme toujours avec Emma, nous sommes montées dans mon bureau.


« Tu aimes Schubert, je suppose » demandai-je en lui montrant l’album Arpeggione par Anne Gastinel et Claire Désert.


« Oh oui, beaucoup! Mais je ne connais pas ce CD, qui, d’après ce que j’ai lu, est remarquable. Oui, mets-le nous. Merci.»


Assise, sur le canapé à ses côtés, nous écoutons, sans parler, la musique sublime et intimiste de Schubert. Je m’étends, la tête dans son giron, sans qu’elle proteste. Au contraire, Justine se penche et dépose doucement un petit baiser tout simple sur mes lèvres, puis me prend la tête, la caresse. Je suis bien.


Après la fin du disque, je lui parle de Claire, regrettant de ne pas l’avoir fait avant Emma. Je ne lui dis pas tout, juste l’essentiel en lui disant,

« tu pourras lire notre histoire, demain. Elle est sur Internet, sur mon site de unblog, VOYAGE INTÉRIEUR, et j’en ai aussi un exemplaire.

—Mais tu n’as pas à t’excuser, ta vie t’appartient. Est-ce que je lui ressemble, à cette amie qui fut toute ta vie jusqu’à sa mort, et même encore maintenant, je crois.

—Non, comme tu as pu le voir sur les photos. Intérieurement, je ne sais pas, pas encore, nous nous connaissons à peine. Est-ce important, pour toi ?

—Peut-être, je n’aimerais pas être un double, une doublure, de Claire. Car, tu l’as compris, si je suis venue, c’est pour toi, c’est pour nous, non ? »


J’aime cette façon délicate qu’elle a de se « déclarer », de dire le besoin qu’elle a de moi, et de me faire savoir qu’elle comprend aussi l’attraction qu’elle exerce sur moi.


« Justine, je crois que depuis que nous nous sommes rencontrées, je n’ai pas cessé de penser à toi, de me sentir si proche de toi. Et de me demander, aussi : qui es-tu, toi Justine, par rapport à Claire, que suis-je pour toi par rapport à Pénélope.

—Je ne savais rien de Claire, donc je ne pouvais pas me poser la question : je me demandais seulement, avec une pointe d’inquiétude, qui a-t-elle dans sa vie. Pour ce qui est de Pénélope, c’est simple : une grande affection, oui !, mais l’amour, entre nous, n’est plus que sensuel, sexuel. Et puis, elle a mon père ; entre eux, c’est le grand amour. Il cherche à s’établir en France ; il a une piste sérieuse, il me l’a dit. Non, Péné n’est pas un problème : nous avons parlé de toi, car elle a compris tout de suite. »


Tout était dit entre nous, ou presque : en effet, nous n’avions pas parlé d’Hervé.


Je lui ai expliqué la situation. Elle m’a dit que ma relation avec lui, ou avec n’importe quel homme ne la préoccupait pas. Et que, bien entendu, nous étions, l’une et l’autre, libres.


Au lit, comme nous nous sommes bien entendues ! Quelle tendresse d’abord contenue, puis de plus en plus vive, il y avait en nous, à partager entre nous. Lentement, mais de manière intense et inexorable, le désir s’est emparé de nous, montant, grimpant, escaladant les pentes les plus abruptes vers le plaisir.


OOO


Après trois jours et quatre nuits de bonheur, lorsqu’elle est repartie à B le samedi, tout était clair entre nous ; il n’y avait pas place au doute.



—4—



Lectrice amie, Nathalie, toi qui ne manques pas de me lire et de relancer mon courage par un insolent « et la suite alors ? », te souviens-tu de m’avoir demandé si Justine existe vraiment ? Je t’ai répondu : « Mais oui ! Pénélope et Tom Barton aussi, d’ailleurs ».


Justine—continuons de l’appeler ainsi, après tout, son prénom norvégien, je sais à peine l’écrire et pas du tout le prononcer, et elle m’assure que Justine lui va très bien puisque son père lui-même ne l’appelle jamais Ingsford, qui devait être, il me semble le prénom d’une aïeule. Justine, donc, existe bel et bien, et je ne me doutais pas, alors, qu’elle deviendrait aussi importante dans ma vie. J’ai écrit, à la fin de la partie précédente:

«(…) lorsqu’elle est repartie à B, le samedi, tout était clair entre nous ; il n’y avait pas place au doute. »


Était-ce possible ? N’étais-je pas encore en train de fantasmer ? Ne m’avait-elle pas dit :

« … je n’aimerais pas être un double, une doublure, de Claire. Car, tu l’as compris, si je suis venue, c’est pour toi, c’est pour nous, non ? »


Souviens-toi Nathalie: je comptais, alors, Tom Barton parmi mes amis. Oh, pas intimes ! Je dirais, plutôt, un collègue, avec qui j’avais échangé des informations à cause de ses travaux qui touchaient aux miens. Après son échec dans le monde universitaire américain, échec peut-être dû à quelque écart de mœurs plutôt qu’à une mise à l’index pour ses opinions ainsi qu’il le laissait entendre, il est venu s’installer en France, près de chez moi, dans le Lubéron. Nous nous sommes revus. Je suis allée chez lui, à C, et il est aussi venu à Aix.


Et c’est ainsi que j’ai eu à connaître, par ses confidences, sa version de son histoire avec Justine et Pénélope.


Si elles ne m’avaient pas tenu au courant des projets que Tom fomentait à mon endroit, mon histoire se serait autrement conclue, et Justine et Pénélope seraient restées pour moi des héroïnes de roman.


Et voilà comment la littérature rattrape parfois ses auteurs !


OOO


Je me sens amoureuse. Justine dans mon lit, c’est une joie immense. Je ne m'en lasse pas !


Imagine, Justine, me dominant, agenouillée de part et d’autre de mes cuisses ! Justine me caressant le ventre, les seins, les épaules, le cou et le visage. Justine se penchant, de temps à autre, pour poser ses lèvres sur les miennes, ou sur mes mamelons excités. Justine offrant son long corps fluet et si juvénile à ma vue, à mes mains fureteuses. Son corps complètement épilé, ce qui accroît encore cette fausse impression d’immaturité.


« Je ressemble à un adolescent à peine efféminé, non ? » m’a-t-elle dit. « Je manque de ce qui fait une femme, extérieurement ; je suis plate, aussi bien du côté des fesses que du côté des seins. Je n’ai pas beaucoup de poils, c’est pourquoi je me tiens soigneusement épilée. Ma chevelure aussi manque de densité ; aussi je me coiffe comme même les garçons ne se coiffent plus, à part ceux qui se rasent. Je ne suis pas tout à fait moche, mais à vingt-six ans, je ressemble encore à une gamine à peine pubère ! »


Je la détrompais : « tes seins et tes fesses sont peu développés, c’est vrai, mais ce sont ceux d’une jolie jeune femme, pas d’une enfant, et je les aime tels qu’ils sont. Et ton con tout nu, il m’excite diablement, vois-tu ? »


Imagine-la, Nathalie!


Justine se rapprochant de moi, toujours sur ses genoux, écartant bien les jambes de part et d’autre de mon torse, pour offrir à ma bouche, oui !, son sexe glabre de fillette entr’ouvert afin que mes lèvres s’y collent, que ma langue se glisse dans son calice, déloge son clitoris et lèche son miel.


Ah, quelle douceur merveilleuse! J’aime que son désir se mue en plaisirs, en cris et chuchotements intimes (« chérie, chérie, tu me rends folle, rends–moi folle de toi, aime-moi encore et encore, »), en spasmes et en orgasmes répétés, jusqu’à ce qu’elle s’effondre sur moi, contre moi, la tête sur mes seins, une main sur ma chatte.


Plus tard, quand elle aura repris haleine, elle ira respirer ce qu’elle appelle mes « effluves sauvages » accrochés à ma toison avant de glisser ses doigts, puis sa main, dans mon ventre inondé de mon désir, retenu, mais impatient d’être satisfait.


Bien sûr, au cours de nos nuits, lovées l’une contre l’autre dans la tiédeur de nos corps comblés, nous parlons, apprenant à nous connaître, cherchant à évaluer quelles chances nous avons de nous apparier, sinon pour toujours (l’une comme l’autre, et moi peut-être davantage qu’elle, savons bien que « toujours » est un mot à éviter), au moins pour un bon bout de route.


Le jour aussi, bien sûr! Elle est venue écouter un de mes cours sur Laclos et ses « liaisons dangereuses ». Emma, si mûre et si gamine, l’intrigue. Elles s’entendent bien, et Emma trouve auprès d’elle un complément d’intérêts et de câlins que sa mère, peut-être, lui mesure trop chichement. Pauline, moins gratifiante, se contente de lui faire des grâces qu’il faut savoir interpréter.


La dernière nuit, elle est revenue à la question cruciale :


« J’ai lu ton histoire avec Claire, Manon. Votre amour était vraiment total, fusionnel. Crois-tu que tu puisses en faire ton deuil ? Crois-tu que je puisse être la femme susceptible d‘occuper une “vraie“ place auprès de toi ? Je veux dire : crois-tu que je puisse exister autrement que comme la remplaçante de Claire » ?


Elle m’avait déjà posé la question.


Et je n’avais pas répondu, me défaussant, en quelque sorte, en sortant Pénélope du chapeau ! Alors que sa réponse, à elle, fut nette, sans ambiguïté : son histoire avec son amie était sur le déclin. Erik, son père, cherchait à quitter le grand nord de la Norvège, pour se refaire une nouvelle vie dans l’Europe du Sud, si possible en France, avec Pénélope. Celle-ci n’était donc pas un obstacle pour entreprendre entre nous une relation.


Je n’aime pas, je ne sais même pas mentir, au moins dans ce domaine de l’intime.


« Justine, je ne sais pas répondre entièrement à ta question. Claire est avec moi depuis si longtemps que, même depuis sa mort, elle ne m’a pas quittée. Je ne sais pas ce que veut dire, à son sujet, “faire son deuil“. Ce que je sais, c’est que tu ne peux la remplacer.


« Donc, je ne te vois pas comme une remplaçante. Depuis elle, tu es la première femme dont je me sente, avec certitude, amoureuse. Réfléchis. Peut-être que tu ne peux pas te satisfaire d’une réponse aussi vague. Si c’est le cas, je ne t’en voudrais pas. »


J’ai pensé, sans le lui dire : je serai simplement un peu plus malheureuse.



ÉPILOGUE



Depuis cette semaine-là de fin septembre, nous ne nous étions pas revues. Pendant deux longs mois! Nous avons, oui bien sûr, échangé des messages tendres, des appels au téléphone, sans oser reparler du fond de notre vie.


Elle s’était déplacée à plusieurs reprises pour son travail, contrairement à son habitude.


Est-ce qu’elle ne tenait pas en place ?


J’avais aussi beaucoup à faire moi-même, et aussi à gérer une situation domestique compliquée. Et j’étais anxieuse, irritable, impossible, même parfois avec mes filles. Me coucher était devenu un calvaire. Je m’endormais dans la journée, épuisée.


Et puis, ce jeudi soir, 4 décembre, un message de Justine m’attend:


« Viens ce week-end, si tu le peux, avec Emma et Pauline. Pénélope est en balade avec mon père, je suis seule. Viens avant mon départ pour Tromso. J’ai réfléchi. C’est oui. Pardonne-moi de t’avoir rendue malheureuse. Je t’aime. »


OOO


Ce week-end pourri, fut celui d'un grand bonheur. Et comme pour le saluer, ce bonheur, nous nous sommes levées, aujourd’hui, dimanche, par un ciel clair, mais très froid, bientôt réchauffé par un soleil éclatant…


Justine part ce soir passer une petite semaine avec ses alliés Allemands, avant de gagner Copenhague et, de là, Bergen, où elle va s’embarquer sur l’Express Côtier, en direction du Nord, vers Tromso (barre le second o et prononce “eu“), sa terre arctique.


9.jpg Aurore boréale dans la nuit arctique


Dans la voiture, en rentrant cet après-midi, j’ai annoncé aux filles : « mes chéries, en janvier, Justine va vivre chez nous, avec nous, à Aix. »


Cet épilogue n'est pas une FIN mais un COMMENCEMENT…

Par MORE - Publié dans : Justine
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Vendredi 28 novembre 2008
Préambule

J'ai fait la connaissance de Thomas F. Barton pendant l'été 2001, lorsque je suis allée à New York rejoindre mon amie qui y faisait un long séjour dans la banque internationale qui l'avait recrutée à Paris.

J'ai mis à profit mon séjour pour compléter la documentation en vue de ma thèse sur la littérature libertine aux XVIIe et XVIIIe siècles, dans les bibliothèques des Universités Columbia et Harvard, notamment.

Tom Barton avait travaillé, pour sa propre thèse, à Columbia justement, sur les libertins français, notamment sur Sade, qu'il n'appréciait que très moyennement d'ailleurs. Il m'a semblé intéressant de le rencontrer : il était alors Assitant Professor de français au département des humanités au Southern Vermont College, petite université de Bennington, petite ville du Vermont.

J'y suis allée avec Claire et Emma (alors âgée de dix-huit mois) un week-end de juillet. Nous avons sympathisé et je l'ai revu, il y a peu. Il s'est en effet installé en France, dans le Luberon, pas très loin de chez moi, donc, après avoir quitté le système universitaire américain qui n'a jamais reconnu ses mérites. Il vit maintenant, semble-t-il, des "rentes" que lui rapportent les puits de pétrole exploités dans la propriété héritée de ses parents, dans l'état du Montana.


-1- Vivre nues, faire l'amour et peindre.

Tom, comme chaque matin, court sur les crêtes. En ce moment, en pleine chaleur d'août, il part vers six heures, pour faire ses dix km, à petites foulées, car ce n'est pas un fou de la vitesse. Même pas un fou de la distance. Depuis le début de la semaine, ces dix km se décomposent en deux parties : une première moitié qui l'amène à hauteur du village de B ; la seconde le ramène chez lui, à C. Entre ces deux parcours, il y a une halte, plus ou moins longue.

À cinq cents mètres, environ, du chemin de crête, il a découvert un belvédère qui domine B et la saignée du vallon qui partage en deux le massif étroit et quasi rectiligne du Luberon.

Pourquoi revient-il là depuis trois jours ? Il connaît bien sûr ce site depuis longtemps, depuis près de quatre ans qu'il s'est installé à C, dans une charmante demeure qu'il a héritée de ses grands-parents maternels.

Depuis longtemps, il prenait donc plaisir à venir de temps en temps contempler, et se repaître des coloris si changeants que prend B, étagé sur un des versants du vallon, à divers moments de la journée ou selon les saisons.

En outre, B n'est pas très éloigné de ce qui reste du château de ***, visible d'un autre point de vue, où Sade, le "divin marquis", situe une grande part de ses récits sulfureux. Il a travaillé sur l'œuvre de ce libertin, lorsqu'il a préparé sa thèse de Ph.D. (Philosophiæ Doctor) à l'université Columbia de New York, il y a vingt ans.

Il se trouve que quatre jours plus tôt, en contemplant l'éveil du village, il a vu une femme sortir d'une maison, nue, et plonger dans la piscine de sa propriété, nager jusqu'à ce que le soleil l'atteigne et se faire sécher, étendue sur le rebord de pierre de la piscine.

Le lendemain, il a apporté ses jumelles : avec elles, il a pu admirer la grâce de la jeune femme ; sa poitrine, petite, mais fière et avenante ; le pubis complètement épilé, nu comme un sexe de fillette immature,
mais un sexe bombé, dont la longue fente s'entrouvre lorsqu'elle écarte les cuisses. Son visage oblong, semble régulier et orné d'une chevelure blonde taillée à la Jean Seberg.

Ce jour-là, le deuxième jour donc, une seconde femme, un peu plus âgée, également nue, avec
une poitrine et des cheveux à la Penelope Cruz, est arrivée avec le plateau du petit-déjeuner. Plus tard, au cours d'un nouveau bain, les deux femmes, se sont rapprochées, embrassées,
caressées au cours d'une danse aquatique d'un érotisme sublime.

Tom, subjugué, excité, s'est mis à bander et à se masturber sans honte et surtout avec plaisir.

Les deux femmes sont finalement sorties de l'eau pour poursuivre leurs ébats au sec. Curieusement, malgré la distance, grâce sans doute à la sécheresse, à la pureté et à l'immobilité de l'air, les petits cris de leurs jouissances montaient jusqu'à lui.

Ce qui ne fit que renouveler son émoi, en le renforçant.

Le troisième jour, hier, la même scène se renouvela, mais en outre, toujours nues, les deux femmes apportèrent chevalet et attirail de peintre et se mirent au travail, se prenant l'une l'autre, et successivement, pour modèles. Avec moins de talent que Courbet, elles tentaient de refaire "l'origine du monde"... Jean Seberg lui sembla mieux se rapprocher de l'œuvre du maître, sans doute à cause de la somptueuse toison noire de sa partenaire !

C'est pourquoi, Tom, cette fois-ci, vient à son observatoire avec un appareil photo muni d'un puissant téléobjectif. Il a prévu d'y passer une grande partie de la matinée...


- 2 - Bondage et fouet : l'amour devant un écran !

Le quatrième matin, donc, Tom revient, bien décidé à passer une grande partie de la matinée à son observatoire...

Bien lui en a pris ! Son nouvel appareil numérique, sur lequel sa meilleure optique peut s'adapter, lui permit de prendre des scènes étonnantes de l'amour entre les deux femmes.

Rentré chez lui, il peut à loisir regarder ses prises sur son grand écran, éliminer le médiocre, choisir le meilleur.

Et revivre, du coup, sa matinée de spectateur.

Certains diraient "de voyeur". Lui non ! Il se considère comme un artiste. Donc, il est même bien autre chose que spectateur ; il est un créateur ! Ce qui l'intéresse, dans l'anatomie de ces dames, dans leurs ébats amoureux, c'est d'être capable de rendre toute cette grâce et toute cette jouissance dans leur beauté.

De rendre compte de leur esthétique.

Il a même pu prendre quelques vidéos des scènes les plus inattendues. Il ne lui manque que le son, qui, ce matin encore, était exceptionnel. Avec un bon micro directionnel, il aurait vraiment pu faire un vrai travail de pro.

Il se verrait même acteur, et rêve, oui, pourquoi pas?, de se faire admettre auprès de ces deux charmantes personnes, et de participer à leurs jeux, avec sa compagne du moment, Élodie.

Justement, ils constatent, l'un et l'autre que leurs performances sont devenues plutôt routinières. À tel point qu'Élodie évoque depuis quelque temps une possible séparation.

Elle ne se complait pas dans la routine.

Après avoir fini son choix et ordonné les séquences, Tom propose à Élodie de regarder avec lui, le diaporama, entrecoupé des quelques vidéos réussies, qu'il a préparé.


Installée à demi nue à ses côtés, cette noire couleur d'ébène, aux courbes somptueuses, regarde avec attention, avec envie même, ces images qui se succèdent sur l'écran. Et quand arrivent les scènes de bondage, celle où “Jean“, ligote “Penelope “ allongée sur le sol dallé des abords de la piscine, Élodie se masse presque brutalement les seins, se pince les “nipples“ ( Tom, lui-même très excité, ne retrouve pas le mot français !).

Puis, lorsque après l'avoir retournée et couverte d'une serviette mouillée, “Jean“ se met à fouetter avec vigueur le dos et les fesses de sa partenaire, Élodie glisse sa main sous son mini slip, vers le pubis, et commence à se caresser en haletant.

Tom, qui a entendu le matin même presque tous les sons de cette scène se jette sur sa femme, lui arrache le slip, se déshabille vite fait, se branle un moment devant celle qui continue à se masturber.

Pour finir, ils se prennent et se chevauchent dans un coït endiablé tandis que les images de “Jean“ fouettant “Penelope “ continuent à défiler.

Lorsqu'ils ont repris haleine, les deux femmes sur l'écran, ont franchi une étape : “Jean “ a replacé “Penelope“ sur le dos et la baise goulûment un peu partout : la bouche, les seins, le pubis, et, (nouvelle petite vidéo), la fente du sexe.

“Penelope“, malgré ses liens, soulève son
fessier pour bien coller son con aux lèvres de son amante. Là encore, Tom se souvient des hurlements de plaisirs de “Penelope“, et reprend Élodie pour un nouveau coït.

Plus tard, dans la matinée, après baignade et nouvelles caresses, destinées à “Jean“, cette fois, les deux femmes s'étaient remises à peindre. Tom avait réussi de très beaux clichés du tableau encore inachevé de “Jean“ et, en comparaison, du sexe poilu et des lèvres écartées du fruit humide de “Penelope“.

Images qui, surtout lorsqu'une dernière vidéo montra le pinceau de “Jean“ rougir les nymphes écarlates de “Penelope“, déclenchèrent de nouveau un désir irrépressible entre Tom et Élodie...

Élodie elle-même formula tout haut l'envie de Tom : "...et si tu te débrouillais pour que nous puissions faire l'amour à quatre ? Peut-être que ces filles lesbiennes sont aussi un peu bi, non ?"

-3-Justine & Pénélope!

Tom fait un choix de photos (une quinzaine) parmi les plus réussies des ébats de celles qu'il désigne familièrement sous les noms de “Jean" et de “Penelope“, et les charge sur un disque; il y ajoute la vidéo qui montre “Jean“ en train peindre la chatte entr'ouverte de “Penelope“.


Il glisse le DVD dans une enveloppe avec un mot manuscrit où il dit simplement :

"Mesdames, si vous aimez ces œuvres, si vous souhaitez voir les autres, vous pouvez me contacter. Je suis Thomas F.Barton, j'habite à C, dans une maison située à la sortie du village, en direction de Saignon. Cette maison est connue comme la maison du notaire, M. Julien Fort, qui fut mon grand-père. Voici, si vous préférez, mon numéro de portable, et mon adresse mail. Votre admirateur, T.F.Barton."

Tom se rend en voiture à B, repère aisément la maison des deux amantes puisque c'est une des deux ou trois plus hautes du village et qu ‘elle se situe à l'aplomb de la plateforme qui lui sert d'observatoire à une centaine de mètres au-dessus du village. Il gare sa voiture et se rend à pied par les ruelles étroites et les escaliers.

La maison est à trois niveaux; depuis son belvédère, il n'en a vu que deux, à cause de la pente. Le premier niveau, où s'ouvre une belle porte en chêne patiné par les ans et trois ou quatre fenêtres, et une porte de garage ouverte, est enterré sur l'arrière. Le second niveau doit s'ouvrir de plain-pied sur la petite esplanade où est creusée la piscine. Le dernier étage, sous le toit, a d'assez jolies fenêtres à la Mansart.

Sur la porte, une boite à lettres avec un nom : Olafson. Ce nom à consonance scandinave pourrait être le patronyme de la blonde “Jean“, suppute Tom. L'absence de prénom ne lui permet pas d'en savoir plus.

Il y a une sonnette. Sans qu'il ait besoin de s'en servir, une dame âgée, en tablier, ouvre la porte et dit : "Monsieur, ces dames sont sorties. Je suis la femme de ménage, et je ne sais pas quand elles rentreront. Quand je viens travailler, en général, elles vont faire des courses, à Apt, ou parfois à Cavaillon, ou même en Avignon."

"Merci beaucoup Madame, je voulais seulement mettre cette lettre dans la boite. Vous seriez très aimable de la leur donner."

En rentrant, il passe par Apt. S'y arrête pour faire quelques achats. C'est jour de marché. En le parcourant, il rencontre les deux femmes. Toutes deux, dans un genre différent, sont très jolies, même (légèrement) vêtues, et leur comparaison avec Jean Seberg et avec Penelope Cruz, de près, tient bien la route.

Aussitôt, il se sent attiré par “Jean“.

Elles se tiennent par la main et s'embrassent, sur la bouche, en plein marché. Tom les salue gracieusement ; “Jean“ lui rend son sourire tandis que “Penelope“, un rien agressive, lui dit :

"On se connaît, peut-être?"

"Moi au moins, oui, je vous connais; vous ne passez pas inaperçues, pensez donc ! Se tournant vers “Jean“, il ajoute, vous vous appelez bien Madame Olafson ?"
—En effet, Mademoiselle Olafson, fait-elle en souriant, et avec un léger accent étranger, Justine Olafson.
—Wouha ! Justine ! Comme l'héroïne de Sade, alors ?
—Tout à fait ! Mon père est un fan de Sade, de sorte qu'il m‘a donné ce prénom et qu'il a acheté une maison à B où nous sommes toutes les deux en vacances en ce moment.
—Figurez-vous que je vous appelais “Jean“, car je trouve que vous ressemblez à Jean Seberg.
—Je suis désolée, Monsieur...
—Oui, veuillez m'excuser, je suis Thomas Barton, mais appelez-moi Tom.
—Oui, Tom, je suis désolée, mais je ne connais pas cette Jean.. .
—Seberg. Ce n'est pas étonnant, elle est morte jeune, il y a trente ans. Jean Seberg était une actrice américaine très douée qui a notamment joué dans "À bout de souffle", un film de Godard de 1960. Elle a été l'épouse de l'écrivain Romain Gary et est morte dans des circonstances non élucidées."

Se tournant vers “Pénélope“, Tom lui dit :
"Et vous, alors, êtes- vous Juliette ?
—Parce que je ressemble à Juliette Binoche, peut-être ? C'est comme ça que vous draguez, Monsieur Tom Barton ?
—Non, pas Juliette Binoche, Juliette, la sœur de Justine, dans le bouquin de Sade, "Justine ou les malheurs de la vertu“.
Non ?
— Non, je ne lis pas les bouquins de ce sadique. Je suis pour l'amour tendre! Et contre la soumission des femmes aux hommes.
— Vous avez bien raison! En fait, je vous appelle Penelope, parce que vous ressemblez à Penelope Cruz...
—Alors ça, c‘est plutôt flatteur, et en fait, je m'appelle bien Pénélope, mais à la française."

Puis elle ajoute :

"Je suis flattée de votre intérêt, mais vous perdez votre temps, Tom! Justine n'est pas ma sœur, mais ma femme; nous sommes lesbiennes et fières de l'être.
—Cela ne m'a pas échappé, en effet ! Mais, personne n'est parfait, et il arrive que des lesbiennes sont parfois bi-curieuses. Je pense que nous nous reverrons. À bientôt sans doute, mesdames."


- 4 - Pénélope sous les charmes d'Élodie

Tandis que Tom est parti faire son joging, vers la fin de l'après-midi, Justine et Pénélope se présentent chez lui.

Élodie ouvre la porte et se trouve face à deux jeunes femmes en qui elle reconnaît immédiatement “Jean“, la blonde, grande et longiligne, et “Penelope “, la brune, plus petite et plus arrondie aussi, qu'elle a admirées, la veille, sur les photos prises par Tom. Élodie, immédiatement, se sent attirée par la brune, comme si un flux, presque fulgurant, de désirs passait de l'une à l'autre.

"Bonjour, je suis Justine Olafson, et voici mon amie Pénélope Berger. Nous sommes bien chez Monsieur Thomas Barton ?
—Oui, je suis Élodie, son amie. C'est pourquoi ?
—Il nous a fait parvenir, ce matin, un DVD en nous précisant que si nous étions intéressées, nous pouvions le rencontrer ici, chez lui.
—Oui, en effet, mais il ne vous attendait pas si vite. Il est parti en promenade, il ne devrait pas tarder, maintenant. Peut-être voulez- vous l'attendre ? Entrez donc."

Pénélope, qui arrivait furieuse, est quelque peu décontenancée par cette Élodie, si belle, si pulpeuse ; elle a des difficultés à détacher son regard du corps à peine couvert de la jeune femme : un top blanc à bretelles court et moulant une poitrine voluptueuse, un boxer rouge. Elle s'empressa de passer une minijupe qui se trouvait près du canapé où, vraisemblablement, elle se reposait. Pénélope, se sent elle aussi séduite par Élodie. Elle s'assied dans un fauteuil et dit :

"Nous sommes arrivées furieuses, mais, vous êtes si charmante, si accueillante, si jolie aussi que notre colère est presque tombée.
—Merci, que de compliments! Votre colère? Pourquoi cela ? Contre Tom ? À cause des photos peut-être ? Elles ne vous plaisent donc pas ?"

Justine sourit, consciente des affinités qui semblent attirer les deux femmes. Pénélope s'exclame :

"Oui, à cause des photos. Si, celles que nous avons vues sont très belles, mais certaines sont indécentes, et, puis, ce sont des photos volées. Votre mari serait donc sans scrupules, il ne se préoccupe pas de savoir si nous cela nous plait ou non. C'est un voyeur, non ?
—Ah ? Vous trouvez qu'il manque de délicatesse ? Mais vous avez tort ; ce n'est pas un voyeur, c'est un artiste, c'est aussi un libertin.
—Un artiste, un libertin ? Comme c'est curieux ! Il pénètre chez nous, sans rien dire, il nous photographie toutes nues, faisant l'amour, et vous trouvez ça normal" finit par dire Justine, en souriant malgré tout.

Et Pénélope, qui finit par retrouver un peu de sa colère, ajoute :

"C'est vrai quelles sont très belles, ses photos, et nous sommes venues chercher toutes les autres, avec la cassette ou les cassettes qui les contient, ainsi que les vidéos. Nous ne tenons pas à nous retrouver sur Internet un de ces jours.
—Oh la la ! Comme vous êtes drôles ! Savez-vous que certaines femmes le supplient de les photographier nues ; elles s'offrent comme modèles, elles proposent même de payer après avoir vu ses sites. D'autres vont jusqu'à souhaiter d'être filmées avec leurs partenaires habituels ou même avec des inconnus !
—Est-ce le gagne-pain de votre artiste libertin de mari ?" demande Justine un rien perfide.

Élodie veut mettre les choses au point.

"D'abord, je vis avec lui, pour le moment, mais nous ne sommes pas mariés. Tom se définit comme libertin, c'est à dire qu'il n'accepte pas les entraves qu'imposent la société dans le domaine des idées et dans celui des mœurs. Notamment dans ses relations avec les femmes.

"Enfin, il se veut artiste : ses photographies, ou ses vidéos, sont peut-être volées, dans votre cas, mais il n'en fait pas commerce. Quand il les exposent, sur des sites Internet, ou dans des expositions, c'est toujours avec l'autorisation des intéressés. C'est la raison pour laquelle il vous a porté un échantillon de son travail ce matin. Dans votre cas, il faut ajouter qu'il aimerait vous connaître mieux, et moi aussi d'ailleurs.
—Voyez-vous ça ! s'exclame Justine. Monsieur nous photographie à notre insu, alors que nous nous livrons à des activités on ne peut plus intimes, dans le plus simple appareil, et Monsieur ne serait pas un voyeur, mais un esthète, qui ne tolérerait aucune entrave en quoi que ce soit et qui nous porterait en outre un intérêt tout à fait spécial. Je suppose Madame que nous devrions en être flattées ?
—Mais oui, je le crois, comme j'ai été flattée lorsqu'il a fait de moi son modèle et sa maîtresse.
—Et vous trouvez normal, bien sûr, qu'il ait essayé de nous draguer ce matin, sur le marché d'Apt, reprend Justine, sans même nous avertir qu'il venait de déposer des photos chez nous ?
—Bien sûr, il est comme ça, c'est ce qui fait son charme..."

C'est alors que Pénélope, soudain, tout en disant : "Chère Élodie, pour l'instant c'est à toi que je trouve du charme" va s'asseoir auprès d'elle sur le canapé. Sans plus de façon, elle lui passe le bras autour de la taille, lui donne un léger baiser sur les lèvres, et lui dit : "Élodie, tu me mets à l'ouest, tu es superbe, tes yeux gris vert aussi inhabituels chez une noire, ta poitrine et ton intelligence, me subjuguent. J'ai envie de faire l'amour avec toi, veux-tu venir chez nous maintenant ?"

Alléchée autant que surprise par cet assaut, Élodie bredouille : "Je veux bien Pénélope, je te veux aussi, mais Justine alors ? Et Tom ?"

"Justine est d'accord, bien sûr, nous aussi nous aimons le libertinage. C'est vrai ce que je dis, Justine. N'est-ce pas ?"

Justine acquiesce d'un signe de tête et d'un grand sourire.

"Quant à ton Tom, pourquoi s'en occuper ? Tu lui laisse un mot, il saura bien nous retrouver."

- 5 - Trois femmes et une piscine

Tom, en rentrant, a trouvé le mot laissé par Élodie en partant : "Je suis avec Justine et Pénélope. Péné est une fille qui me plait bien, et c'est réciproque ! Viens nous retrouver à B. Nous t'y attendons."

Tom fut surpris que son plan se développe si vite. Il comptait bien que Justine et Pénélope seraient parties, dépitées, à son retour. En fait, Élodie a comme une envie de Pénélope, et les deux femmes l'ont maintenant en otage. Elles veulent le faire chanter, pour récupérer les photos et les vidéos, alors que lui n'a pas l'intention de les publier, mais voudrait faire d'autres photos et d'autres courts-métrages très explicites avec leur assentiment.

Élodie est donc dans le cheval de Troie, sans le savoir, et c'est grâce à elle qu'il atteindra son but, filmer, et, par-dessus le marché, coucher avec Justine.

Il est urgent d'attendre avant de se précipiter là-bas, se dit–il, allons plutôt voir Cherie, pour passer une agréable soirée.

Cherie est une de ses conquêtes anglaises, qui passe l'été à Forcalquier, et qui ne peut rien lui refuser.

Pendant ce temps, Élodie fait connaissance avec la maison Olafson à B.

Le grand séjour, au premier, donne, à la fois sur le village, et sur la pente. Du côté de celle-ci, on a aménagé une terrasse de plain-pied, dans laquelle la piscine, toute simple, carrelée de faïence ocre, en harmonie avec la pierre de la maison et du dallage de la terrasse, fait le plus bel effet.

En effet, l'eau n'est pas de ce bleu irréel de la plupart des piscines, mais de couleur beaucoup plus neutre, naturelle et changeante, grâce aussi au bassin, planté de plantes aquatiques variées, qui en assure la purification, sur la gauche de la maison, en continuité avec un jardin arboré et fleuri qui escalade la pente. L'image perçue, en cette fin de journée, alors que le soleil déclinant darde ses rayons presque horizontaux, est enchanteresse, aux yeux d'Élodie.

Justine, dévêtue, s'est déjà précipitée dans l'eau. Pénélope entraîne Élodie, qui hésite à peine à se dénuder. Bientôt les trois naïades s'amusent à se rapprocher, à s'éloigner, à se frôler, à se caresser dans l'eau, sous l'eau. Élodie, avec un petit frisson d'excitation, se demande si Tom n'est pas caché quelque part, en train de les épier, de les photographier, peut-être.

Pénélope et Élodie sortent les premières et s'étendent sur le sol chaud de la terrasse, dans la zone encore illuminée par le soleil, près du bassin de régénération.

Sans tarder, Pénélope entreprend Élodie.

Elle se tourne tout contre elle, un bras sous sa nuque. Sa main libre, la droite, part en exploration. Les seins, bien noirs et brillants, à l'exception des aréoles mauves, et des bouts allongés, rougeoyants, ou plutôt orangés, l'attirent. Sa main les masse tout doucement d'abord, puis plus fermement, surtout en en pinçant les bouts en érection. Tandis que sa main descend vers le pubis, à peine pubescent, et le fruit, rebondi, avec son entaille bordée de lèvres épaisses et de très minces, rosées, elle lui donne un baiser, auquel Élodie répond en enfonçant sa langue dure et mobile dans une bouche avide et brûlante.

Elles s'échauffent.

Entre temps, Justine s'est approchée, et ne veut pas laisser seule son amie goûter à ce festin. Tout en lui permettant beaucoup d'écarts, au fond, elle est jalouse. Bien qu'elle sache que Péné se lassera vite de sa nouvelle conquête ! Elle s'agenouille de l'autre côté, se penche au-dessus du sexe d'Élodie, écarte la main de Pénélope, et appose sa bouche sur la fente à peine écartée de ce beau con de femme. Sa langue fouille le calice, lèche la mouille aux arômes rares de gingembre et d'anis étoilé. Peu après les soupirs, viennent enfin les cris puissants et prolongés d'Élodie.

OOO

La soirée se passe sans que Tom fasse un quelconque signe. Mais entre elles, les trois femmes ne se privent pas de plaisirs partagés...

Le petit matin les trouve endormies dans le même lit. Justine, première levée, a un plan à conduire avec Pénélope ; elle la réveille, et lui explique.

OOO

Tom Barton, qui a passé une nuit parfaite avec Cherie et son amie Leslie, changement au programme qui n'était ni prévu ni désagréable, après être passé chez lui, est reparti vers son observatoire, en faisant, cette fois ci, une grande partie du chemin d'approche en voiture.

Quelle ne fut pas sa stupeur en découvrant Élodie étendue sur un matelas pneumatique au milieu de la piscine, nue et solidement ligotée. Le moindre mouvement pouvait la précipiter dans l'eau et la noyer.

"Ah les salopes !" se dit-il en se précipitant vers le lieu où il a laissé la voiture...

-6-Réglement de compte


Tout en se pressant de rejoindre B, Tom s'interroge sur la conduite à tenir. D'abord, sortir Élodie de la piscine avant qu'un accident ne se produise. Mais comment faire ? Entrer de force, par la porte ? Par le jardin ?

Négocier contre la carte mémoire de son appareil numérique ?

Il n'est plus en position de force, et cela le gène, car, s'il acceptera aisément de renoncer aux prises qu'il escomptait pouvoir prendre, renoncer à sauter Justine le brimerait davantage, et repartir avec Élodie, peut-être plus encore, car il perdrait là une bonne occasion de se séparer d'elle sans éclat.

Comme il ne fait pas les choses à moitié, il se trouve, pense-t-il sans rire, ni même sourire, "dans une situation cornélienne !"

Car pour Tom, l'humour est à sens unique : il lui sert à ridiculiser les autres. Jamais il ne rirait de lui-même !


Il se décide pour la négociation. Justine vient ouvrir à son coup de sonnette.

"Bonjour, je viens chercher Élodie.
—Bonjour, Élodie n'est pas disponible. Elle reste ici tant que nous n'aurons pas les photos et les vidéos que vous avez volées.
—Je vous apporte la carte mémoire sur laquelle elles se trouvent.
—Ça n'est pas suffisant ; nous voulons aussi pouvoir examiner votre ordinateur pour le vider de toutes les photos nous concernant qui s'y trouvent. Et aussi les adresses des sites sur lesquels vous exposez le produit de vos vols.
—Cela n'est pas très utile, je peux avoir fait des copies sur disque dur externe et cacher certains sites.
—Vous pouvez, c'est vrai, mais je m'y connais assez en informatique, pour chercher dans tous les coins et trouver ce que vous nous cachez. Je peux ne pas tout trouver, c'est vrai aussi, mais sachez que je peux m'introduire sur votre ordinateur, ou sur vos ordinateurs, et détecter plus tard toute mauvaise intention. D'ailleurs, cette nuit, j'ai déjà supprimé beaucoup des photos que vous aviez téléchargées de cette carte."

Interloqué, Tom reste muet, réfléchissant à la situation qui n'est pas vraiment celle sur laquelle il comptait et s'exclame :
—Ce n'est pas possible !
—C'est tout à fait possible, puisque je l'ai fait. J'ai d'ailleurs constaté que vous aviez plein de photos et de vidéos dégueulasses. Vous êtes un voyeur et un voleur, Monsieur Tom Barton. Un triste sire comme disent les Français. Donnez votre carte, (ce qu'il fait) merci ! Maintenant, apportez-nous votre ordinateur, et nous libérerons Élodie."

L'embarras de Tom ne fais que croître. Est-ce que cette fille bleuffe ou quoi. Cette résistance, ce culot, ne font que l'exaspérer et augmenter le désir qu'il a de la faire céder et jouir sous lui...

"Ne pourriez-vous pas me faire confiance ? Je vous assure que je ne mets de photos sur Internet qu'avec l'accord des intéressés. Et, d'ailleurs j'aimerais faire de vous et de votre amie, des photos et des vidéos en situation ; je suis certain de faire des prises de vue bien meilleures que celles que vous avez vues.
—Et puis aussi coucher avec nous, non ?
—Avec vous, oui, cela me ferait grand plaisir, et à vous aussi, non ?
—Non ! Sachez qu'aucun homme, sauf mon père, ne peut entrer ici, lorsque nous y sommes, Pénélope et moi. Nous ne sommes pas du tout des bi-curieuses comme vous avez dit si bêtement hier. Sachez que nous avons fait, depuis longtemps l'expérience des hommes, et que notre opinion est, définitivement, négative. Et, en outre, vous, vous appartenez à la variété de mâles sale et vicieuse que nous exécrons : vous ne détestez pas la pédophilie, et les situations un tantinet sadiques. Faites comme je vous ai dit, sinon, je vous informe que j'ai prélevé déjà sur votre ordinateur des photos et des vidéos très suggestives. Je peux vous créer pas mal d'ennuis, hein ! Je peux même vider votre ordinateur sur celui de la police, sans me mouiller moi-même. Je peux être très très malfaisante, oui ! Sans scrupules même, avec une sale bête comme vous.
—En effet, mais je pense que vous bluffer !
—Croyez ce que vous voulez, mais faites ce que je vous dis, ce sera plus sage !
—Qu'est-ce qui peut m'empêcher d'entrer et de libérer Élodie" fait-il en essayant de repousser Justine.

"Moi !" fit Pénélope en apparaissant avec une carabine pointée sur la poitrine de Tom.

Tom se saisit du canon de l'arme, et le détourna de sa cible. Malheureusement pour lui, il fut aussitôt réduit à l'impuissance par Pénélope qui lui appliqua un coup de genoux dans l'aine. Plié en deux, il s'écroula au sol après un second coup en pleine figure.

OOO

Il revint dans l'après-midi, après s'être appliqué de la glace sur ses parties malmenées et avoir constaté que son ordinateur, un portable super équipé de multiples sécurités, mais qu'il avait la mauvaise habitude de laisser connecté, avait en effet était piraté : les prises de vues des ébats de la piscine, ainsi qu'un duplicata soigneusement caché au sein d'un autre fichier, avaient disparus.

Ses fichiers de documents très spéciaux, avaient été visités ; les mots de passe avaient été modifiés, et lui-même n'y avait plus accès !

OOO

Contre son ordinateur, qu'il récupéra le lendemain, il reçu Élodie ligotée et en pleurs.


OOO

Justine visita en détail l'ordinateur, ne trouva rien d'autre les concernant. Elle trouva en revanche une correspondance entre Barton et une certaine Manon, universitaire à Aix, que les deux amies connaissaient par ses blogs sur les sites Roomantic.fr et unblog.fr.

Dans cette correspondance, Barton apparaissait comme un ancien collègue américain, de bonne compagnie. Ils avaient travaillé sur des sujets connexes. Un flux de loyale sympathie circulait dans cet échange. Pourtant, dans les derniers mails échangés, Justine comprit que Barton cherchait à entreprendre une relation plus étroite avec Manon. En accord avec Pénélope, elle fit des copies des fichiers spéciaux qu'elle envoya à Manon avec le message suivant.

"Nous sommes de fidèles lectrices de vos blogs, et nous nous sommes aperçus, grâce à une aventure qui nous est advenue récemment, que votre ami Tom Barton, avait des penchants qui peut-être ne correspondent pas aux vôtres, comme vous pourrez, éventuellement, en juger par vous-même en compulsant les fichiers (voir pièces jointes) subtilisés dans son ordinateur. Nous vous en faisons part par sympathie. Si vous vouliez savoir pourquoi et comment nous y avons eu accès, vous pourriez venir nous voir à B. Vous y seriez reçue en toute amitié. Justine Olafson & Pénélope Berger."

-Épilogue

Les derniers épisodes de Tom Barton ont été récrits après que j'eus reçu le message de Justine et Pénélope.

J'ai dû alors, après avoir vu les fichiers attribués à Tom et rencontré les deux jeunes femmes en leur maison de B, reprendre, principalement, les deux derniers épisodes et donc rectifier la façon dont Tom me les avait présentés, ai-je besoin de le préciser, à son avantage.

Et voilà comme on peut travestir la réalité en faisant foi aux déclarations d'un seul des protagonistes d'une histoire.

Le message de Justine Olafson, me parvint à la fin d'août, à un moment où ma vie personnelle était secouée par un fort séisme. J'ai attendu la première semaine de septembre pour en prendre connaissance et pour examiner les fichiers joints au message.

En eux-mêmes, ils étaient explicites: pédophilie caractérisée et tortures sadiques exercées à l'encontre de jeunes femmes; scènes épouvantables que je n'ose même pas évoquer. Si, en outre, ces fichiers provenaient bien de l'ordinateur de Tom, qu'il fut ou non l'auteur des photos que contenaient ces documents, je ne pouvait évidemment pas lui conserver mon amitié, ni même ma sympathie.

Il fallait absolument que je rencontre Justine et Pénélope.

Sans même les avertir (espérant les prendre par surprise), je suis partie avec mes deux filles pour le Lubéron.

Justine, vint m'ouvrir la porte: "voilà, je suis Manon, je viens vous voir, suite à votre mail relatif aux agissements de Tom Barton."

"Bonjour, soyez la bienvenue, mais je suis seule, Pénélope a repris son travail en Avignon, elle sera là ce soir, car c'est vendredi. Vous pourrez la voir si vous restez jusqu'à demain. mais entrez donc."

Comme il faisait beau et chaud, Emma est allée se baigner, tandis que Pauline, a bien voulu dormir dans sa nacelle.

J'ai fait comprendre à Justine, que je souhaitais m'assurer que les fichiers sortaient bien de l'ordinateur de Tom.

Justine ne s'est pas vexée:"oui, bien sûr, je comprends ça. Je les ai laissés dans son ordinateur, en changeant le password. S'il ne l'a pas cassé, ils y sont toujours. Le problème, c'est que maintenant, il se déconnecte, en général, quand il ne s'en sert pas. Mais, on peut essayer."

Justine va à son ordinateur, un gros PC DELL impressionnant, tapote je ne sais quoi, et me dit:" son ordi est connecté, et il n'est pas dessus". Elle fait apparaître la mention,"ordinateur de Tom Barton" et va dans je ne sais quelle dossier, tapote un mot de passe et constate:"tout est encore là, voyez plutôt vous même, mais ne restez pas trop, car il peut revenir d'un instant à l'autre."

Très vite, je m'assurais qu'il s'agissait bien des documents que j'avais reçus.

Justine referma le dossier, mais avant de quitter l'ordinateur de Tom, voulut me montrer un extrait d'une sorte de journal intime dans lequel il parlait de moi en ces terme:"Cette nana-là, elle m'a à la bonne, maintenant qu'elle est toute seule, il faut que je me la fasse." Suivait tout un protocole d'approche que je préfère ne pas évoquer.

Il ne me restait plus qu'à remercier Justine, et à reprendre la route.

Mais elle ne l'entendit pas ainsi, nous garda à déjeuner, et voulu me raconter par le menu leurs démêlés avec Barton et sa copine.

Nous nous sommes vite entendues toutes les deux, et même toutes les quatre; elle m'offrit de passer la nuit chez elles, pour faire la connaissance de Pénélope.

L'après-midi, nous nous sommes baignées, et je dois reconnaître que j'ai été conquise et même envoûtée par le beau corps nu de cette fille du nord.

J'ai l'impression que la sympathie fut réciproque, et partagée aussi par Pénélope, puisque nous avons passé la nuit ensemble, toutes les trois.

Mais, chut!, ça, c'est peut-être le début d'une nouvelle histoire...



FIN
Par MORE - Publié dans : Justine
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Vendredi 28 novembre 2008

LOLA, DE NOUVEAU...(II)

 

Le paradis? Oui, sûrement!


Dans les bras de Caty, je me rendors, en extase. Je ne vois que d'un oeil mon amie qui se lève, rassemble ses vêtements, me dépose un baiser sur la tempe et, mutine, caresse mes lèvres de la pointe d'un sein. Et disparait.


je ne sais combien de temps plus tard, elle revient avec un plateau et mon petit-déjeuner: présentation soignée, bonne odeur de café fort et de croissants chauds. La classe!


Je sors du lit nue, elle me passe un peignoir douillet et m'installe à la table. “Maintenant je vais m'occuper des autres. Veux-tu que je te fasse préparer un repas froid pour ce midi? Il fait très beau et doux, comme cela tu pourras te promener.“ Je fais signe que oui, “ce sera très bien.“ Elle m'embrasse et s'en va après avoir murmuré à mon oreille :“nous nous reverrons cet après-midi, à la pause, vers trois heures.“


Je déjeune avec appétit. Puis, soudain, comme prise de frénésie, j'ouvre mon ordinateur, et je me mets à jeter des mots, pleins de mots tout chauds, tout doux, en vrac; puis j'essaie de les ordonner, maladroitement, en des vers de mirlitons.


Et ça donne quoi? Simplement ça:


Élance toi ma caravelle
Si tant est que tu sois pucelle
Pour atteindre aux côtes lesbiennes
La plage sensuelle des miennes

Sensualité méconnue
Somptueuse toute nue
Superbes yeux mordorés
Buisson ardent et adoré
Énamourée voluptueuse
Farouche et tant belle amoureuse

Superbe et douce Catherine
Tes mains et ta bouche câline
Bientôt suivent jusques aux cuisses
La voie qui me mène aux abysses

Ta langue fureteuse y aspire le miel
Qui prépare en douceur notre montée au ciel!


OOO


Rien de bien remarquable, donc! 


C'est vrai que je m'en sors mieux en prose, ou, à la rigueur, en vers libres (pourquoi ne pas se jeter quelques fleurs, après tout?).


Je m'aperçois que je viens de glisser, sans m'en rendre compte, de l'état d'écrivain, vers celui de personnage. Voilà qui en dit long! Serai-je Lola? Je vous ai averti, lorsque j'ai commencé ce blog, que dans mes écrits se reflétaient mes fantasmes. Je viens de vous en donner la preuve, non?


Non, toute ressemblance avec une personne existante, serait pure coïncidence! Lola existe bien, indépendamment de moi. Je vous avais aussi averti : parfois, un de mes personnage prend son autonomie. C'est déjà arrivé: Julie, Anne, Sabine et les autres en sont de bons exemples.


OOO


Il est tant que je (moi, Lola) me prépare pour aller prendre le soleil dans ce paysage splendide en attendant de retrouver Caty.


Le savez-vous? Elle m'a dit, dans la nuit “Lola, je t'aime!“


Le croirez-vous? Je ne lui ai rien dis, mais je pense que moi aussi. Je crois que me voilà “in the mood for love" Caty.

 

OOO


J'ai encore quelques mots qui restent inemployés—un peu crus, peut-être, pour parler de ce qu'il m'arrive de si doux avec Catherine. Je n'arrive pas à les agencer pour les faire entrer dans ce malheureux poème.

Je renonce. Il fait si beau aujourd'hui que l'envie de sortir finit par me pousser dans la salle de bain, sous une douche bien chaude. Quel délassement ! Un jet cinglant me touche les seins, qui réagissent ! Je me sens des envies de caresses et mes mains descendent vers ma chatte encore toute reconnaissante des caresses de Caty. Figurez-vous que j'ai réussi à me faire pénétrée par ses doigts, puis, même, par sa petite main tout entière et toute douce. Ah, que de délices cette nuit avec une Catherine innocente !

Mais non, je renonce à ce jeu de solitaire quand il est si facile, et surtout si bon, de faire cela à deux ! Je me contente d'une bonne toilette pour être toute propre pour elle.

OOO

Je passe au restaurant prendre mon “panier“ de midi et je me lance à l'assaut du village, par des venelles, coupées d'escaliers et de paliers, qu'on appelle ici “calades“, recouvertes de galets, comme les “têtes de chat“ du Vieux Lyon“. Je finis par atteindre le château, ou ce qu'il en reste, c'est-à-dire surtout une façade. De là, la vue s'étend sur l'Aveyron, qui, aux abords du village, est tout calme, étale, à cause d'une retenue qui devait alimenter, dans le temps, un moulin. Maintenant, c'est peut-être une petite turbine électrique qui remplace le moulin à la sortie du bief. D'où je me tiens, je ne peux pas voir car la vallée tourne sur sa droite. En revanche, en amont, je distingue assez loin dans la vallée, où la rivière est beaucoup moins sage : elle prend même des allures de torrent si j'en crois les eaux écumeuses que j'aperçois. Voilà une jolie promenade à faire avec Caty tout à l'heure.

Je pars donc vers l'aval, vers les ruines du moulin ou vers la “microcentrale“, en suivant en sentier qui descend gentiment à partir du château.

OOO

La balade de l'après-midi se déroule au mitan du lit ! Un peu avant quatre heures, Caty survient, en jean et ticheurte ; elle est fatiguée : beaucoup de clients pour ce déjeuner. Elle est passée par sa chambre pour se doucher et se changer. Elle s'affale sur le lit, où je la rejoins.
Nous sommeillons un moment, langoureusement enlacées.

Quand je la sens un peu reposée, je lui ôte son jean et son ticheurte : aujourd'hui elle porte un shorty fleuri mauve et un push-up assorti, le tout à petit prix, comme il sied à un petit budget comme le sien, mais de bon goût. Je suis à nouveau tentée d'explorer ce corps qui m'enivre. Je libère sa nichée ; ses deux jumeaux dardent déjà leur bout, qui vers ma bouche, qui vers ma main. Mon autre main, après moult tours et détours se glisse sous la mince bande de la culotte, caresse sa broussaille, recherche le clito qui lui aussi se met à vivre et vibrer sous mes doigts. J'aime ces plaisirs simples et tout de tendresse contenue. Il suffit de peu pour que le désir monte, et puissant, s'accumule, puis déborde, en engendrant un plaisir sain et bientôt explosif.

Pendant ce temps, Caty m'a tout simplement enlacée, pris ma bouche, passé sa jambe nue entre mes cuisses, et presse maintenant son genoux sur mon con, à travers mon pantalon.

Comme je le disais, les plaisirs sont simples. Les moyens le sont aussi ; et efficaces !

OOO

Caty demande : “ça t'arrive souvent, ce coup de folie, ce désir brutal et urgent de t'unir à une femme ? Et cette tendresse, cette chaleur, qui les accompagnent ; ce doux plaisir qui en résulte. “

Cette petite m'étonne par sa maturité : elle vient exactement d'utiliser les mots et les phrases qui, selon moi, décrivent avec justesse la naissance d'un amour, de ce que l'on appelle plutôt d'une expression qui sonne souvent comme un cliché : un “coup de foudre“.

Ce qu'elle me dit, dans sa question, c'est qu'elle m'aime, et je la crois plus vraie, plus consciente d'un événement majeur, que lorsqu'elle m'a dit :“je t'aime“.

“ Non ma chérie, ça ne m'est arrivé que deux fois : le jour de mes dix-sept ans, lorsque Célia et moi nous nous sommes rencontrées. Et cela a duré entre nous douze ans, et hier, lorsque je t'ai rencontrée, et j'espère que cela va durer au moins autant de temps.“

“Tu ne m'a pas encore parlé de Célia ; pourquoi êtes-vous séparées ? Et il n'y a pas eu, dans ta vie, d'autres femmes que Célia ?“

“Bien sûr, je te parlerai de Célia, mais pas aujourd'hui, plus tard. Sache seulement qu'elle est morte. Non je n'ai pas connu tellement d'autres femmes : quelques rares partenaires d'un soir et Jenny, qui fut mon amie jusqu'à fin août, depuis presque un an. Mais avec elle, c'était autre chose : je dirai une amitié amoureuse, quelque chose de différent de ce que j'ai vécu avec Célia et que je sens revivre avec toi.“

OOO

Je m'éveille, curieusement inquiète.
Je rêve?

Non!

On est le dimanche matin de ce week-end qui fut aussi merveilleux qu'il était improbable. Rappelez-vous, Je vous l'ai déjà dit:

"Encore toute haletante de ce plaisir immense, Caty, sauvageonne innocente, se serre contre moi, glisse une cuisse entre les miennes. Je nous écartèle de façon à rapprocher nos sexes, jusqu'à ce que—ô miracle pas toujours réussi—nos deux fentes se rejoignent, sans malheureusement pouvoir s'aboucher vraiment, jusqu'à ce que nos bourgeons dénudés et déjà émoustillés se frottent contre le corps de l'autre, dans le léger mouvement que nous nous donnons. Et bien vite, nous repartons dans le monde indicible du plaisir."


Elle s'est levée pour aller à son travail: préparer les petits-déjeuners.

En attendant le mien, je me suis mise à rêvasser, en revoyant notre rencontre d'à peine deux jours, comme si elle était évidente. Je me sens retombée en amour pour une autre femme. Bien sûr, ce n'est pas Célia. Caty est une autre femme, mon amour, notre amour?, est aussi vrai.

OOO

Aujourd'hui, l'auberge ne servait de repas qu'à midi. Nous avons eu tout l'après-midi pour nous promener en amont du village, vers les courants tumultueux de l'Aveyron, faire l'amour et parler.

Caty consent à venir à Lyon avec moi. Je lui trouverai des vacations, des bouts de CDD, pour améliorer ses revenus, afin qu'elle ne se sente pas trop à ma charge. Je l'aiderai à se mettre à jour en vue de tenter la préparation de l'École du Louvre. Il est trop tard pour s'inscrire à l'université cette année, mais il est possible, en attendant l'année prochaine, de travailler autrement.

Je vais la laisser là, à Belcastel pour la semaine, car elle s'est engagée avec les propriétaires du "Vieux Pont" jusqu'au dimanche suivant.

Je repasserai la chercher.

OOO

Je partirai demain, finir mon tour des musées (Albi, Toulouse, Bordeaux).

Voir mon grand-père qui ne me reconnaîtra pas, et me prendra, peut-être, pour ma mère, sa fille...

À Bordeaux, Martin ne veux pas me voir, car il a entamé une nouvelle liaison. Tant mieux, car moi aussi!

Et je ne tiens pas, pas du tout, à la gâcher, pour je ne sais quel Martin, ou autre Théodule...

Je garde pour plus tard, peut-être, la suite de mes amours avec la délicieuse Caty.
                                                   FIN

 

Par MORE - Publié dans : Lola
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Vendredi 28 novembre 2008


LOLA, DE NOUVEAU (I)



J'ai décidé de vous donner envie de mieux connaître Lola Machado, que vous avez rencontrée grâce à Martin Bayard, que j'ai mis en scène dans " Brève rencontre?". Mais je ne suis pas à l'aise avec les hommes, je veux dire pour parler à leur place. Même si certains gentils membres m'ont assuré que je ne m'en étais pas trop mal sortie, j'ai des doutes.

Avec les femmes je suis à mon affaire, car je les aime! Pas toutes bien sûr, certaines me sont indifférentes, certaines, même,m'agacent...Mais je suis beaucoup plus tolérantes avec elles, et c'est avec des femmes que ma sensualité peut au mieux se satisfaire, même si j'ai connu de grands moments de jouissance avec des hommes, à condition, au moins, qu'ils se montrent à la fois doux, tendres et techniquement irréprochables.

Comme toutes mes héroïnes, Lola me ressemble. Physiquement beaucoup, ce qui n'est pas toujours le cas. Et, pour ceux qui me connaissent bien, par mes écrits intimes notamment, par bien des côtés de mon caractère et de ma façon d'aborder la vie et d'en jouir, plutôt que de se plaindre des moments douloureux.

À travers ces écriits consacrés à Lola, c'est donc, pour moi, une façon aussi de me livrer à ceux qui les liront.

Voilà, personne n'est parfait, et moi, moins que beaucoup d'autres!

Je souris en repensant au message que j'ai adressé à Martin pour en finir, croyais-je alors, avec cette brève rencontre.

Je vous en rappelle un cours extrait:


"Je suis très flattée de la bonne opinion que tu as de moi; je dois loyalement t'avertir que, si je t'ai apprécié en tant que partenaire, et apprécié est un mot très faible pour qualifier l'immense plaisir que j'ai ressenti durant nos échanges, je ne suis pas, vis-à-vis de toi, “in the mood for love“. Je ne me sens pas du tout engagée pour un développement durable de notre relation.

"Pourquoi ? (...)

"Entre toi et moi, je ne crois pas qu'il y ait un avenir possible. (...)

"(...)Il faudrait déjà que tu acceptes ma bisexualité et ma liberté sexuelle entière. Ce n'est pas demain la veille, car indépendamment des sentiments, tu as une trop haute opinion de toi-même...pour ne pas vouloir me dominer et encore moins pour accepter de me partager avec Jenny ou une autre femme, ou d'autres hommes !"


Il a continué, malgré tout, à m'envoyer des mails enflammés, sans tenir compte de mon avertissement. Et même en m'assurant qu'il était prêt à tout accepter de moi...

Je n'ai pas répondu, pendant plusieurs semaines jusqu'à...

Mais il faut d'abord que je vous parle un peu de moi.

Je descends en effet (comme l'imagina Martin) des Machado, poètes espagnols, sans que, bien entendu, ce hasard de ma naissance me donne un droit quelconque en quoi que ce soit, ni que je tire une fierté qui serait totalement illégitime.

Manuel, mon arrière grand-père, poète lui-même—et frère du grand Antonio Machado, mort et enterré à Collioures après avoir fui l'Espagne pendant la guère civile, en 1938, je crois—donna naissance à une fille, ma grand-mère, qui selon la mode espagnole put garder et me transmettre son patronyme, par son fils, mon père; celui-ci se maria en France, avec une française, ce qui fait que je le suis également.

J'ai perdu mes parents alors que j'étais très jeune et je fus élevée, à Bordeaux, par mes grands-parents maternels avec beaucoup d'amour et de tolérance, comme peuvent le faire de bons grands-parents.

Ils me donnèrent la possibilité de faire les études d'histoire et d'histoire de l'art et de muséologie que j'ambitionnais. Et lorsque je suis, un jour de mes dix-huit ans, rentrée à la maison avec Célia, en disant:

"Voici Célia, nous nous aimons",

ils ont peut-être fait "gloup!" en leur fors intérieur, mais l'ont accueillie, puis, bientôt, aimée, comme leur seconde petite fille, sans jamais nous faire la moindre observation restrictive.

Vous voyez comme j'ai eu, malgré la perte de mes parents, beaucoup de bonheur avec mes grands-parents, pendant mon enfance, mon adolescence et ma vie de jeune adulte.

Aujourd'hui, je n'ai plus ma grand-mère, mon grand-père vit encore, mais sa tête bat la campagne et il ne me reconnait plus lorsque je vais le voir, dans la "maison" où il est accueilli et "soigné", près de Bordeaux.

J'ai aussi perdu Célia, après douze ans de vie commune intense et remplie, à ras bords, de l'amour le plus grand, le plus délicieux, le plus inimitable qui soit.


Avec Célia, ce fut le bonheur fou. Pendant toutes ces années, nous nous sommes tant aimées qu'en parler risquerait de détruire la magie de notre amour, d'en altérer l'intimité. D'autant qu'elle n'est plus là pour faire entendre sa voix. Car il y eut l'accord de deux corps qui, à bras le corps, se sont donnés du plaisir. Et, en outre, une complicité, une tendresse, une douceur sans lesquelles les corps se fatiguent, sans lesquelles, ils manquent d'imagination.

Aussi, je vais passer à Jenny et à Caty, avant de rejoindre Martin.

Après la perte de Célia, j'ai erré de bras en bras sans jamais trouver plus que le plaisir physique, toujours meilleur avec les femmes qu'avec les hommes. Ni les unes ni les autres ne m'ont manqués.

Et puis Jenny (Jennifer) survint. Elle est américaine, étudiante à New York, en histoire de l'art, et a passé un an de stage au musée de Lyon, où je suis en poste.

Elle est issue d'une famille émigrée de Scandinavie, il y a un siècle sans doute. Elle est blonde, d'un blond cendré, magnifique; grande, svelte; un corps harmonieux, des seins petits mais bien pommés et fièrement dressés.

Nous avons, curieusement, mis un mois avant de nous avouer notre désir, notre envie l'une de l'autre; mais alors, qu'elle fête!

Elle s'est installée chez moi; j'ai cru qu'un grand amour naissait entre nous. J'étais folle d'elle; quelles jouissances entre nous. Son miel m'a semblé divin. Mais il lui fallait d'autres aventures: des femmes et des hommes qu'elle n'avait aucun mal à attirer, sans m'en faire profiter.

Quelle déception, quand elle est partie en m'annonçant, contrairement à ce que j'ai fait croire à Martin, qu'elle ne reviendrait pas.

OOO

Peu après, ce fut ma rencontre avec Martin, nos furieux assauts, nos corps à corps délicieux, mon impudeur vulgairement exhibitionniste, notée avec satisfaction par Martin. Rappelez-vous ce qu'il en dit:

"Lorsqu'elle baise, c'est du sérieux : elle adore commencer sa folie érotique en se masturbant devant moi, pour m'exciter jusqu'à ce que je me branle moi-même. Alors, elle se penche, prend ma queue et me suce jusqu'au bout, tout en se faisant jouir. Elle boit mon jus en se délectant et m'offre ensuite sa mouille ! C'est la première femme que je rencontre qui commence une soirée de baise comme ça, sans complexe."

Je ne décrirais pas la scène de façon aussi crue, mais je dois vous avouer que c'est vrai: je commence souvent par une masturbation, associée à une fellation. Dois-je selon vous en avoir honte?

C'est pour moi une façon de tester les hommes: jusqu'où sont-ils capables d'aller?

Acceptent-ils de baiser—de bien baiser!— une femme qui manque à ce point de pudeur?

Avec les femmes c'est différents:elles sont si délicates, une bonne partie du plaisir se trouve dans la nuance, le plaisir doit se préparer longuement, il doit partir de caresses et d'attouchements délicats, avant d'atteindre les lieux les plus sensibles, avant d'engendrer les sensations les plus fortes.

Avec les femmes, oui, il faut prendre son temps, donner du temps au temps du plaisir.

Cette rencontre avec Martin, que j'ai suscitée sans vergogne, rappelez-vous:

"Une des nuits, entre deux baises, elle m'a avoué:

"Quand tu t'es installé dans le métro, en face de moi, pour me dévisager, me scruter, me déshabiller, même, comme beaucoup d'hommes le font avec plus ou moins de discrétion, j'ai pris la mouche, car j'ai pensé : encore un de ces types mal marié qui cherche un bon coup pour pas cher.

"D'accord, je fais tout pour que ça m'arrive, me diras-tu. Je pourrais, bien sûr, me couvrir davantage, ne pas faire admirer mes seins dès que je me penche un peu, sans soutien-gorge, faire en sorte que mon pantalon épouse moins les superbes courbes de mes cuisses, de mes hanches et de mes fesses...

"Mais j'aime me montrer, j'aime plaire, j'aime séduire, j'aime même faire bander. Avec toi ça a bien fonctionné. (...)"


Donc, je l'ai suscitée sans honte aucune cette rencontre avec Martin car je me sentais seule, le corps vide:j'avais besoin d'amour, et je suis bien tombée. C'était un bonbaiseur, ce mec!

Mais pendant les semaines qui suivirent, j'ai vraiment été presque immergée dans mon spleen.

À fleur d'eau, juste de quoi respirer!

Alors j'ai décidé de prendre les deux semaines de vacances auxquelles j'avais encore droit. J'irais à Bordeaux, voir mon grand-père, ma ville et Martin, s'il m'attendait encore.

OOO

Et en chemin, j'ai rencontré Caty!

OOO

"Oh! Ma douce Lola, que c'est bon, merci, quelle nuit inoubliable. Je ne connaissais pas un tel bonheur, un si grand plaisir, merci!"


Encore toute haletante de ce plaisir immense, Caty, sauvageonne innocente, se serre contre moi, glisse une cuisse entre les miennes. Je nous écartèle de façon à rapprocher nos sexes, jusqu'à ce que—ô miracle pas toujours réussi—nos deux fentes se rejoignent, sans malheureusement pouvoir s'aboucher vraiment, jusqu'à ce que nos bourgeons dénudés et déjà émoustillés se frottent contre le corps de l'autre, dans le léger mouvement que nous nous donnons. Et bien vite, nous repartons dans le monde indicible du plaisir.

C'est la fin de la nuit, le dimanche matin, Caty doit rejoindre son poste, préparer les petits-déjeuners des clients de l'hôtel, dont le mien.

Elle se lève, la main entre ses cuisses. "Je suis trempée" dit-elle en s'essuyant avec le drap. Je l'admire, penchée, me tournant le dos. Ses fesses, à ma portée, me tentent: "Quel beau cul", lui dis-je. Elle sourit, contente. "J'aime tes mots crus" dit-elle. Et s'exerce à son tour: "j'adore ton con joli, et tout mouillé aussi!". Elle est adorable, non?

OOO

Comme toujours, ça c'est passé par hasard. J'étais partie dès le mercredi, en mission en somme, pour voir dans quelques musées ce que je pourrais obtenir, en prêt, pour notre exposition de printemps consacré cette fois à l'art des Pays d'Oc (vaste programme! encore mal défini...). Le jeudi après-midi, j'avais trouvé quelques belles pièces au Musée Fenaille de Rodez. Le vendredi matin, au Musée des Beaux-Arts, je savais que je ne trouverai rien, mais c'était l'occasion de revoir Yoyo (Yolaine Delatour) une copine de mes années de lycée et de fac à Bordeaux, (quelle idée aussi d'appeler sa fille Yolaine !), qui était conservateur du musée.

Vers midi, alors que j'allais partir, une jeune fille, après avoir frappé, est entrée, pour dire à Yoyo : “ Madame, vous vous souvenez que je termine mon stage aujourd'hui, et que je vous ai demandé la permission de ne pas revenir cet après-midi ?“ “Mais oui, Caty, c'est entendu, et voici votre rapport de stage ; je l'ai lu, apporté quelques corrections mineures, plutôt des précisions, d'ailleurs que des corrections. Voici aussi ma lettre d'appréciation, et en voici un double pour vous, à joindre à votre dossier personnel.“ “ Merci madame, je suis très contente de mon séjour ici.“ “ Nous aussi nous sommes contents de vous avoir connue. Que pensez-vous faire maintenant ?“
“ En vérité, Madame, je ne sais pas trop. Je voudrais poursuivre des études avec dans l'idée de faire de la muséologie. Je n'aurais pas dû faire ce BTS, qui je le crains, me coupe un peu des études plus longues. Je voudrais tenter l'École du Louvre ; mais comment faire ? Je n'en suis peut-être pas capable, et si j'y arrive, il me faudra obtenir un prêt pour vivre à Paris. Les temps actuels ne sont guère favorables à ce type de projet.“

“ Je ne sais pas, Caty, mais vous avez raison d'être ambitieuse, et vous avez sûrement beaucoup d'aptitudes. Il n'est pas nécessaire de passer par l'École du Louvre pour faire de la muséologie, et en passant seulement par l'université, c'est plus facile de gagner sa vie en même temps que de faire ses études. Mais vous avez ici mon amie Lola, pardon, Madame Machado, qui est en poste au Musée des Beaux-Arts de Lyon, et qui est une ancienne de l'École du Louvre. Elle est à vous dans un instant. Au revoir, et bonne chance.“

OOO

Et voilà comme nous avons fait connaissance. Nous sommes allées déjeuner ensemble, et j'ai appris qu'elle partait par le car jusqu'à Belcastel, sur la route de Cahors, pour servir à l'Hôtel Restaurant du Vieux Pont, là justement où j'avais retenu pour la nuit. Comme le hasard nous est parfois favorable ! Nous irions ensemble dans le milieu de l'après-midi.

Caty m'a plu dès qu'elle est entrée dans le bureau de Yoyo. La manière simple et sûre de se présenter à sa “patronne“, la façon un peu timide de dire quelque chose comme “je n'ai sans doute pas fait le bon choix au départ, et je ne sais pas si j'en serais capable, mais c'est de la muséologie que je voudrais faire si possible en passant par l'École du Louvre“, m'a émue. J'aime les filles qui ont de l'ambition, et en plus je l'ai trouvée d'emblée “craquante“, cette petite.

Oserai-je vous le dire ? Un flux de désir m'a saisie, par tout le corps et dans le bas-ventre ! Grande, élancée, mince mais bien formée devant et derrière, une petite robe bleue toute simple, raisonnablement courte et décolletée, mettait en valeur ses longues jambes et sa petite poitrine bien moulée. J'ai tout de suite eu envie de la lui ôter, cette robe !

Mais bien sûr je sais me tenir.

Quelques heures plus tard, elle avait troqué sa robe contre l'uniforme des jeunes, un jean, et un ticheurte bleu marine ; le bleu va bien à son teint de brune, et même à ses grands yeux sombres, qui prennent les teintes chaudes des beaux marrons d'Inde, à certaines lumières.

Ce jour, justement, leur était propice, car le soleil était de la partie après quelques journées fraîches et maussades. Après une trentaine de km, Caty m'a fait prendre une route minuscule qui descend en lacets, jusqu'au fond de la vallée encaissée de l'Aveyron pour atteindre un lieu improbable, un minuscule village, tapis là dans un calme absolument superbe. L'hôtel se réparti en deux “immeubles“ anciens, de part et d'autre d'un étroit pont moyenâgeux : le restaurant sur la rive droite, avec le gros du petit village étagé sous son château ; l'hôtel (moins de dix chambres !) sur la rive gauche.

Caty, qui vient là pour le week-end, comme employée (sans doute au noir...), après être passée par l'accueil, m'a elle-même conduite à ma chambre, grande et très “cosy“. Elle m'a dit qu'elle avait sa chambre, au-dessus, en mansarde, “mais très confortable “ ; elle sert les repas au restaurant et prépare et sert les petits-déjeuners à l'hôtel, le matin.


Je lui demande : “ vous terminez tard le soir ?“ “Ça dépend du monde qui vient dîner. Ce soir, il ne doit pas y voir foule, je pense. Vers onze heure, sans doute.“

J'ose lui dire : “ Alors passez donc me voir, avant de monter, nous pourrons bavarder encore un moment.“

Elle me regarde droit dans les yeux, mais avec son si gentil petit sourire, avec aussi un mélange d'anxiété et de bravitude, et me dit :“ vous savez, je ne suis encore jamais sortie avec une femme “.

Étonnée qu'elle ait compris mes intentions (car chez les jeunes gens d'aujourd'hui, “sortir avec“ veut dire “coucher avec“ !) je lui ai répondu :
“ne t'en fais pas, j'ai vraiment envie de te connaître de très près.“ Je
l'ai attirée contre mois et je lui ai donné un léger baiser.

Elle m'a rendu ce baiser, puis est sortie en souriant et je l'ai vue, de ma fenêtre, traverser le pont en sautillant comme une gamine.

OOO

(...)Je me sens prête à nos si vives amours

Elle abandonne mes seins
Vecteurs les plus sûrs vers ma jouissance

C'est à eux que je dois ces orgasmes multiples qui la ravissent

Mais non
Elle les reprend
Joue de ses doigts et de sa langue sur leur pointe
Les agace les titille les mordille
Et
Ô suprême délice les tète

La houle qui m'emporte charge ma gorge de cris rauques et haletants
Toute frémissante j'écarte les cuisses
Je ruisselle
Je tends vers elle mon sexe
Pour en faire saillir le bourgeon

Et sa langue de colibri
Se glisse dans mon calice
Chercher le miel de nos amours


(Manon, extrait de « une langue de colibri »)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ceci pour vous mettre en état de rejoindre Lola et Caty...

Le restaurant "au vieux pont" était une bonne table. On me plaça dans un angle de la salle. De là, je pus à loisir suivre les allers retours de Caty depuis la cuisine jusqu'aux tables qu'elle servait, dont la mienne.

Elle avait maintenant revêtu un pantalon noir, souple et bien ajusté sur ses fesses, ses hanches et ses cuisses; un haut blanc, à minces bretelles, bien échancré et un peu baillant, tout en étant resserré sous les seins, laissé entrevoir, parfois, son nombril. Lorsqu'elle se penchait pour servir ou desservir, on ne pouvait manquer de se délecter à la vue de sa poitrine nue.

Je me réjouissais aussi de la vivacité, de l'allégresse et de la grâce avec laquelle elle se déplaçait dans la salle.

J'étais mordue, c'est sûr! L'envie de ce jeune corps, de ce sourire radieux, ne m'avait pas beaucoup quittée depuis ce matin. et elle-même, au regard enjoué et tendre qu'elle me lançait à tout moment, me donnait l'espoir que cette envie, ce désir envahissant, ne serait pas vain.

je suis gourmande, mais je mangeai peu: une tranche de foie gras, une poêlée de cèpes et un petit dessert de sorbets—la moindre des choses—me suffirent et je fus bientôt de retour dans ma chambre.

OOO

Pour éviter d'être en attente trop longtemps, à me consumer sur des charbons ardents..., j'ouvris mon ordinateur pour faire le point de mes recherches de ces deux jours et j'en envoyai copie à ma chef (au fond de cette vallée perdue, ce petit hôtel est équipé en WIFI à la disposition de la clientèle!), et je passai ensuite à mon journal intime que je tiens de façon quasi quotidienne; très vite Caty retint mon attention.

“Catherine (Caty) Fragier. Vingt ans. Bac lettres avec mention Bien à Rodez. BTS d'animation et gestion du tourisme, en cours de validation par ses stages de l'été, au lycée de Brive-la Gaillarde, Corrèze.

“Orpheline dès l'âge de neuf ans, sans famille, prise en charge par la DASS. Dispose depuis ses dix-huit ans d'un modeste pécule de l'ordre de 500 €/mois, provenant d'une assurance-vie de son père, le parent dernier vivant. Travaille l'été et pendant ses vacances, pour améliorer l'ordinaire, dans l'hôtellerie qui manque de bras. A passé deux mois cet été au vieux pont puis un mois au musée de Rodez. Ces trois mois seront validés en tant que stages.

"Regrette maintenant le choix du BTS qui lui offre un débouché immédiat mais l'éloigne de ce qu'elle aurait aimer étudier: l'histoire ancienne et médiévale, l'archéologie et l'histoire de l'art. Son projet d'une formation en muséologie avec passage par l'École du Louvre est difficile à atteindre sans passer par des études préalables dans une université. Son BTS ( deux ans d'études) ne sera sûrement pas pris en compte pour plus d'une année. Situation difficile, donc, à examiner en détail avec elle.

OOO

Pourquoi suis-je envoûtée par Cathy? Comme je ne l'ai jamais été par une femme depuis Célia?

Mystère! je l'attends impatiemment et pour tromper encore cette attente, je passe dans la salle de bain prendre une douche. En me séchant, je m'examine. Suis-je encore tentante pour une jeune fille de vingt ans. Hypocritement, je me rassure; je sais que je suis très bien. Je ne suis pas une beauté, mais la sensualité de mon corps dans son ensemble rachète beaucoup d'imperfections: je soulève mes seins, qui se tiennent bien sans ça, et je me réconforte en admirant ma touffe et ma figue qui gonfle et fait joliment saillie entre mes cuisses, lorsque je me courbe.

Rassurée, j'enfile un peignoir de bain au moment où j'entends frapper. Je crie "entrer"!

Et tout-à-coup je revoie son sourire: Caty a un peu le sourire enjôleur de Célia. Voilà, c'est cela qui a attiré mon attention. Il ne faut surtout pas que je le lui dise, car quelque soit notre avenir, Caty ne peut en aucun cas être un substitut à Célia.

OOO

Elle est là, dans sa tenue de travail. Elle s'approche de moi, tout contre moi, tout sourires, et m'embrasse. Je retiens sa bouche en un long baiser mouillé: ma langue va à la rencontre de la sienne, plonge dans sa bouche. Elle dit: "attend, il faut que je me douche, j'ai beaucoup transpiré dan la soirée."

Je lui ôte son haut: elle est sans soutien-gorge, heureuse gamine qui peu encore s'en passer, en travaillant! Qu'elle est belle, cette poitrine! je ne peux m'empêcher de lui prendre un téton entre mes lèvres: il réagit aussitôt. Je lui dis de s'étendre sur le lit pour lui ôter son pantalon, et son slip.

Quel bonheur! la voilà nue, devant moi, superbe corps plein de désirs, j'en suis maintenant certaine.

Je l'entraîne vers la douche, et je lui fais sa toilette. Elle se laisse faire, heureuse.

Un peu plus tard, dans le lit, je la caresse, je la hume, je la goûte, depuis le visage jusqu'au creux des cuisses. Elle me dit: "tu sais, Lola, c'est la première fois que je désire une femme, c'est la première fois que je suis nue avec une femme pour faire l'amour. Je ne sais pas faire, je vais te décevoir."

“Ne t'en fais pas, laisse-toi aller, je vais te faire l'amour, et tu sauras faire ensuite, tu sauras où il faut caresser une femme, tu sauras où mettre tes mains, où placer ta langue et ta bouche. Et dis-toi bien que rien n'est interdit en amour, ou plutôt, que tout ce qui fait du bien est permis."

Et ce fut une belle nuit.

Avec un ciel pourtant serein et sans nuage, il y eu de cris et des chuchotements, des coups de tonnerre et des fulgurances de plaisirs, des plages de calmes désirs assouvis.

En nous réveillant, au petit matin, nous avions la certitude, l'une et l'autre, d'avoir trouvé, sur terre, le paradis.

 

Par MORE - Publié dans : Lola
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Vendredi 28 novembre 2008


-6-Premier bilan des plaisirs d'Isabelle.

Plusieurs semaines ont passé depuis l'intronisation de nos quatre amis.

Dès la seconde session de l'initiation, trois des couples prétendants présents à la première session, déçus, ou choqués, par le déroulement de la soirée, avaient renoncé à "concourir" pour l'admission définitive. Du coup, cette séance, puisqu'il n'y avait pas de couple “entraîneur“, s'était déroulée en “comité“ plus restreint : neuf couples d'anciens “nouveaux “ tous désireux de convaincre les neuf couples de nouveaux “anciens“ chargés de les accueillir, qu'ils étaient de valeureux candidats à l'adhésion.

Au cours de la précédente soirée, Nathalie et François (c'est-à-dire le couple "président") avaient expliqué à nos quatre amis que l'association souhaitait accueillir des nouveaux membres plus jeunes et sexuellement motivés pour assurer le renouvellement du club et Céline, toujours clairvoyante et impertinente, d'ajouter "et pour offrir un nouveau choix “de choix“ aux anciens adhérents".

Nathalie, approuvée par François, avait alors chaleureusement confirmé les dires de Céline par ces mots : "vous avez tout à fait raison, le club doit régulièrement s'adjoindre des personnes comme vous quatre, susceptibles d'apporter dynamisme et nouvelles pratiques de réjouissances sensuelles aux anciens que nous sommes."

Céline avait confié aux autres en rentrant, outre sa très grande satisfaction, qu'à son avis, l'affaire était dans le sac pour eux.
Ce qui se confirma. En effet, un couple s'est encore désisté, et deux couples ne furent pas admis, pour “comportement indésirable “ (ils avaient fait pression sur une candidate pour lui imposer une sodomie dont elle ne voulait à aucun prix !).

Six couples furent donc admis à adhérer au club "Échanges".

+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Éveillée tôt dans la nuit aux côtés de Laurent avec qui elle avait eu la veille une très belle partie de plaisir, Isabelle se remémore la seconde soirée au club. Elle avait été aussi bien réussie que la première. Mieux même, peut-être bien, car en raison des quelques défections, il n'y avait que des motivés parmi les postulants à l'intronisation. Quant aux neufs couples d'anciens qui leur donnaient la réplique, ils étaient là pour tester la nouvelle cuvée !

Céline, s'était encore distinguée en ouvrant la soirée avec Jean, dans une exhibition étourdissante de sensualité. Les dix-sept autres couples n'ont pas tardé à se dévêtir, et à commencer à se serrer de très près, mûrs pour entamer une nuit d'anthologie, de sorte que, lorsque Céline a lancé un appel pour qu'un autre couple vienne les rejoindre pour échanger les partenaires, ce sont trois couples en transe qui se sont présentés.

Ils ont longuement fait durer les préliminaires avec plusieurs échanges entre eux huit, et lorsque, enfin, ils ont copulé et joui tous ensemble, l'excitation était à son comble.

Sans se poursuivre constamment à ce rythme, la nuit se déroula sans défection jusqu'à quatre heures.

Isabelle frissonne en repensant aux plaisirs qu'elle a éprouvés. Elle est heureuse d'avoir convaincue Céline, Jean et Laurent de tenter l'aventure car elle en ressent déjà bien les effets : leur sexualité s'en trouvait revigorée, et leurs rapports entre eux ont déjà pris un nouveau cours. Leurs désirs se sont exacerbés, ils changent plus volontiers et plus souvent de partenaires et ont même commencé à baiser ensemble. Céline et Jean ont assumé leur rupture avec leurs partenaires extérieurs et s'interrogent sur la façon dont ils vont tous tirer parti de leurs nouvelles connaissances.

Ils sont déjà allés deux fois (le samedi soir) aux séances normales du club et des affinités se dessinent avec certains couples qu'ils ont découvert à l'occasion de leurs quatre nuits
d'échanges. Chacune et chacun ont leurs préférés, mais tous jouent le jeu du partage. Déjà des parties privées ont eu lieu chez François et Nathalie ainsi que chez Valérie et Robert.

Isabelle continue à prendre son temps pour tester les nouvelles connaissances. Elle retrouve régulièrement une vraie jouissance intense avec le martiniquais Sauveur : c'est un bel homme très doux, d'une trentaine d'années. Dès la seconde expérience, elle a compris que sa forte virilité s'accommodait très bien de commencer par une fellation, en retrait dans une des chambres, et il en est tellement gratifié qu'il traite ensuite Isa avec beaucoup d'égards, revenant plusieurs fois lui offrir ses services. Céline aussi s'entend bien avec lui et elle considère que s'est un excellent partenaire. Sa femme, également noire, a fait la conquête de Jean et de Laurent, sans pour autant oublier de réserver à Isa et Céline quelques gâteries de femme à femme. Ce couple fait partie de ceux qui sont à cultiver, parmi les nouveaux arrivants. Valérie et Nathalie font aussi les délices de Jean et Laurent, tandis que François s'est pris d'affection pour Céline et pour Isa.

Mais Isabelle pense qu'il y a encore beaucoup d'essais à faire et qu'il ne faut négliger personne. Pour elle, c'est tout plaisir, et elle est maintenant pleinement épanouie.


-7-Ne le dites à personne !

Céline et ses amis vivent de curieux moments de frénésie sensuelle depuis qu'ils ont décidé de rejoindre le club "Échanges".

Ils se sont bien intégrés à l'esprit de ce club qui est, principalement, de faire la connaissance de nouveaux partenaires. Bien entendu, pour faire vivre le club, les adhérents fréquentent avec une assez grande assiduité, les soirées “régulières“ organisées chaque quinzaine, et les séances d'initiation—dont la fréquence dépend du nombre des candidats en attente—, pour l'accueil et, surtout le choix, des nouveaux membres. Avec lesquels se faire ensuite, de façon plus privée, des “parties“ dédiées à la satisfaction des corps dans des décors plus familiers, plus intimes, que la villa d'Allauch.


Ils s'entourent de quelques personnes avec lesquelles ils ont de vigoureux échanges : ainsi en va-t-il de François et Nathalie, de Robert et Valérie et de Dominique et Laurence, ce dernier couple non encore évoqué ayant été rencontré lors de la seconde session de l'initiation.

Ces six personnes sont, sensiblement, plus âgées qu'eux, et d'un milieu plus “cossu“ et plus conformiste (si l'on excepte leur sensualité quelque peu débridée) et leurs relations ne dépassent guère le niveau de la satisfaction des sens.

En revanche, avec d'autres, c'est d'une véritable amitié naissante dont il convient de parler.

Là, il s'agit, de couples plus jeunes, moins friqués, avec lesquels les échanges ne sont pas que sexuels.

C'est le cas des Antillais, Sauveur et Zoé, sa femme, kinésithérapeutes, déjà rencontrés. Il faut y ajouter Romain et Charmène, un couple d'enseignants, dont ils ont fait connaissance parmi les membres du club.

Enfin, le cas de Séverine Bernier, fille de Mme Claude, et de son copain du moment, Jérôme, a été “traité“ en dehors du club. Ils sont des invités permanents, à titre d'amis de Céline. D'ailleurs, Séverine s'est même installée au foyer du ménage à quatre, qui a
une grande maison—un mas “retapé“ par l'équipe, sous la direction de Laurent, l'homme de la situation— où un week-end sur deux, environ, Jérôme vient la rejoindre.

Mais Séverine ne reste pas seule pour autant. Jean est ravi d'avoir une troisième et jeune partenaire avec qui varier ses plaisirs. Pour être complet, Laurent et Céline, et même Isa, s'accordent bien avec la jeune et pétulante Séverine. Avec l'ouverture, sans chichis, de la maison à Sauveur et Zoé, comme à Romain et Charmène, un nouvel air y règne désormais, auquel les enfants semblent s'adapter. Grâce aux précautions prises par tous pour ne pas transformer le foyer en lupanar !

Une autre femme fréquente, en grande amitié, la maison de la bande des quatre. C'est une connaissance du club, où elle est entrée grâce à la bonne volonté d'un copain de fac avec lequel elle a fait mine de constituer un couple. Mais, il ne faut pas trop le dire, car cela pourrait compliquer sa vie.

En effet, il s'agit de Manon...


-8-Avis de tempête ?

Et voici venu le temps des bilans, des turbulences, des vents contraires...Des naufrages peut-être, ou, au moins des échouages.


Ce jeudi matin—leur matinée de câlins et tendresses—, Isa et Céline, après l'amour, font le bilan de leur nouvelle vie, de leurs relations avec leurs nouveaux amis.

"Tu sais, dit soudain Isabelle, je ne suis plus certaine de tellement tenir à Jean.

—Comment ça, ton amour pour Jean s'efface en faveur de Sauveur ?

—Pas du tout, il ne s'agit pas de Sauveur. Lui, je l'aime bien, il est tendre, il et prévenant, il cherche toujours à me donner le plus grand plaisir. Nous nous envoyons en l'air avec beaucoup de jouissance ; il aime aussi comme je prends soin de lui : il prétend que je suis une “suceuse“ émérite, bien supérieure à sa propre femme ! Je suis bien avec lui, mieux qu'avec tous nos autres nouveaux amis, mais je ne l'aime pas.

—Alors, je ne te comprends pas, Isa ! Jean est maintenant détendu—je le sens bien quand nous baisons ensemble : techniquement, il est parfait avec moi. Il a toutes les femmes qu'il lui faut sur place, ou dans nos partouzes, il ne va plus coucher ailleurs, alors que se passe-t-il avec toi ?

—Rien, justement, il ne se passe plus rien. À la maison, il préfère, et de loin, coucher avec toi, et surtout avec Séverine, —peut-être bientôt avec Manon, maintenant que nous la voyons de plus en plus souvent—, mais avec moi presque rien, un coup, par ci, par là, en passant!

—Oh, là, là ! ne serais-tu pas jalouse, par hasard ?

—Mais non, Céline, pas du tout ! Justement, je m'en fous complètement...Je ne me sens plus amoureuse de lui !

—Ça alors ! Et moi qui n'aie rien vu venir ! Alors, tu n'es pas jalouse, tu ne l'aimes plus, tu n'aimes pas non plus Sauveur, alors de qui es-tu amoureuse ?

—Mais de toi, ma chérie !

—Bon, c'est encore heureux, mais je le savais, non ? mais qui d'autre encore ? Car je te sens amoureuse, non ? Je me trompe ?

—Non, tu ne te trompes pas.

—De qui alors ?

—De Laurent ! C'est de Laurent que je suis amoureuse...

—Bon, ça alors, c'est autre chose !"

Et Céline se tait, surprise, sidérée même. Laurent, c'est son amour, en plus d'Isa. Pas avant ou après, en même temps. Elle a besoin, absolument besoin de ces deux amours. Elle demande : "Et Laurent, qu'est-ce qu'il en dit ?

—Je ne lui en ai rien dit, bien sûr. Je crois qu'il y a longtemps que cela mûrit en moi. Je suis si bien avec lui, j'aime comme il me fait l'amour, bien sûr, depuis toujours. Et après l'amour, c'est comme avec toi, nous avons toujours quelque caresse à échanger, quelque chose à nous dire... Je crois qu'il a compris que je me détache de Jean, et que je n'ai plus beaucoup d'importance pour lui. Mais je sais comme il tient à toi, comme il t'aime (je devrais dire qu'il t'adore !). Nous ne nous sommes rien dit, mais je crois qu'il y a en lui une place pour moi, peut-être pas très grande, mais douce et chaude et sûre, sans rien te prendre à toi...

—Vraiment? Tu crois que c'est possible ? Un ménage à trois ? Et Jean ? Que devient-il dans cette situation ? Et les enfants ? Il y en a bien à lui, non ?

—Oui, bien sûr, aussi bien parmi les tiens que parmi les miens ! Et il les aime tous. C'est d'ailleurs réciproque...Il faut laisser les choses comme ça : il baisera sans doute plus avec toi, avec Séverine ou Manon, ou quelqu'un d'autre, qu'avec moi, mais ça n'a pas d'importance.

—C'est toi qui le dis que ça n'a pas d'importance ! Mais, ce n'est pas sûr du tout... Enfin nous verrons bien."

Céline rêvasse un moment, un peu dans le vague, dans le flou. Elle se sent secouée, déstabilisée à l'idée qu'elle ait à partager Laurent, non pas simplement avec le corps d'Isabelle, mais aussi avec son cœur. Et puis, elle sent que cette famille à quatre qui lui plaisait tellement, dont elle était si fière, est entrain de se déstabiliser. Cela l'angoisse... Mais elle n'en dit rien à Isa.

Sauf sur une question : "Tu as parlé à deux reprises de Manon comme d'une partenaire possible pour Jean. Je crois que tu te trompes. Manon, trouve chez nous comme un havre, un lieu où s'abriter un temps, parce qu'elle est seule, et que la solitude lui pèse. Mais ce ne peut-être que temporaire, même si elle trouve auprès de Jean, ou de Laurent, ou même de nous, pourquoi pas ?, un peu de la chaleur qui lui fait défaut en ce moment.

À mon avis, elle ne peut se satisfaire longtemps, car c'est une femme exigeante, de s'agréger à terme à notre famille qui ne semble plus tellement stable, plus tellement exemplaire.

Et, vois-tu, je ne suis plus du tout convaincue que cette idée que vous avez eu, Laurent et toi, de nous engager dans l'échangisme, sous prétexte de nous dissuader Jean et moi, d'aller parfois “baiser“ ailleurs, soit aussi géniale que nous avons pu le penser."


                                                                   FIN
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