Mercredi 25 février 2009

Lorsque le TGV arriva à Roissy, il était près de huit heures. Un taxi la déposa à l'hôtel un quart d'heure plus tard. Elle se dirigea vers l'accueil: "Vous devez avoir une chambre retenue pour moi:je suis Ellen Crawford.
—En effet, Madame Crawford, retenue et payée. C'est la 580.
—Me sera-t-il possible de dîner?
—Certainement Madame, mais, si je peux me permettre, attendez vingt à trente minutes car maintenant c'est un peu la bousculade.
—Merci du conseil, Monsieur, je vais aller me rafraîchir et je redescendrai plus tard."

Ellen, qui depuis le matin n'avait pas beaucoup eu le temps de se reprendre, se déshabilla en un instant, prit une douche revigorante, savonna, rinça et mit à sécher ses sous-vêtements de la journée.

Elle s'examina ensuite avec complaisance : malgré ses quarante-deux ans, son corps se tenait bien. Elle soupesa ses beaux seins en forme d'obus, lourds mais à peine tombant, caressa sa toison sombre, glissa un doigt sur les lèvres de sa chatte, non sans un léger frisson, et examina son visage à la recherche de comédons ou de poils disgracieux. Elle se sentait prête pour une aventure.

Puis elle sortit de sa valise un porte-jarretelles, des bas noirs et une robe claire, gris bleu, infroissable, qu'elle emportait toujours en voyage pour avoir l'air habillé, en soirée. Elle ne jugea pas indispensable de remettre un slip ni un soutien-gorge. Sa robe de jersey, doublée, suffisait. Même ses seins libres de toute entrave se trouvaient à l'aise, à peine cachés par le corsage ouvert de l'élégant vêtement.

À neuf heures Ellen se présenta au restaurant. Elle attendit au bar, avec un martini, qu'une table se libère.

Un jeune homme qui buvait un scotch fut manifestement allumé par la présence d'Ellen. Bien qu'elle eût sans doute près de vingt ans de plus que lui, elle était, il est vrai, très attirante.

Son doux visage mat, encadré d'une belle chevelure auburn, ne passait pas inaperçu, sans doute en raison de ses yeux très clairs, lumineux, profondément sensuels; son corps mince, élancé, sa poitrine bien proportionnée et assez mal dissimulée par le vaste décolleté en V de sa robe bleu clair assorti à la couleur rare de ses yeux gris.

Lui, blond, bien bâti, sans une ombre d'embonpoint, était, selon elle, séduisant. Le genre d'hommes qui lui plaisait ! Mais en beaucoup plus jeune que ceux qu'elle fréquentait occasionnellement, surtout en voyage, au hasard des rencontres.

Un maître d'hôtel s'approcha: "Madame, Monsieur, votre table est libre."

Avant qu'Ellen ait pu répondre, le jeune homme lui offrant le bras, l'entraîna dans la salle où on les plaça en angle à une petite table ronde.

"J'espère que je ne suis pas trop importun : j'ai pensé que c'était une occasion à ne pas perdre pour vous faire gagner du temps.
—Si je peux me permettre, Monsieur...
—Julien Mallard...
—...vous ne manquez pas d‘air, Monsieur Mallard.
—Je désirais vraiment vous inviter, Madame...
—Ellen Crawford...
—Sans oser le faire, Madame Crawford. J'ai simplement su saisir...
—de main de maître ...
—la possibilité que ce maître d'hôtel, en effet, m'a offerte.
—Chapeau, Monsieur, chapeau !
—Ainsi donc, vous acceptez ?
—D'après vous, puis-je faire autrement sans me ridiculiser? Appelez-moi Ellen. Vous êtes adorable, Julien, mais c'est inutile de m'inviter, je suis en voyage professionnel et mes dépenses sont prises en charge par mon employeur."

Ils firent leur choix. Julien prit un verre de vin, tandis qu'Ellen se contenta d'eau, car, dit-elle, elle a dû boire un peu plus de vin que d'habitude, pendant son voyage.

"Puis-je vous demander dans quelle branche vous travaillez ?
—Oui, bien sûr ! Je prospecte les vignobles français, pour le compte d'un importateur américain. Je suis moi-même américaine. Je termine un tour qui m'a fait passer par Beaune, Saumur, Bordeaux et Châteuneuf-du-Pape, d'où j'arrive. Et demain matin, je reprends l'avion pour Boston. Et vous-même Julien ?
—J'ai fait des études d'ingénierie, et je pars en Finlande pour le compte d'Areva travailler à la construction d'une centrale nucléaire."

À la fin du repas, cuisse contre cuisse, ils se trouvaient, en bonne intelligence et très à l'aise. Julien s'enhardit, posa sa main au creux du giron de sa compagne, en lui disant : "Ellen, voulez-vous faire l'amour avec moi ?"

Elle feignit d'être fâchée, et retira sa main. "Comme vous y allez, Julien, à la hussarde! Vous êtes un vrai gamin : rendez-vous compte, je pourrais être votre mère !
—je m'en rends très bien compte, Ellen. J'aime coucher avec les femmes qui ont l'âge de ma mère...peut-être parce que j'ai toujours rêver de coucher avec elle ! Vous êtes superbe, et j'ai très très envie de vous, vous êtes bandante."

Ils sortirent de table. Dans l'ascenseur, elle lui prit une main qu'elle glissa dans son décolleté. Julien faillit défaillir en saisissant délicatement l'un de ses seins.

Au cinquième, elle sortit en lui disant : "chambre 580. Va faire ta toilette et viens vite me retrouver, je suis en manque."

Par MORE - Publié dans : RÉCITS ISOLÉS
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Mercredi 18 février 2009
Une vie très ordinaire : la maison des soupirs

Jo est conservateur en chef de la bibliothèque de mon université. C'est par ce biais que j'ai fait sa connaissance et que nous sommes devenues amies. Elle m'a raconté son histoire et autorisé à la mettre en ligne. J'en ai déjà publié plusieurs épisodes, en commençant par les plus récents, puis par le tout début de sa vie sexuelle, ardente et variée.

Ce nouvel épisode remonte à une dizaine d'années : elle devait donc avoir dans les vingt-cinq ans. Sa vie professionnelle en était à son tout début. Elle était en poste à Nîmes comme bibliothécaire, au "Carré d'Art". Il s'agissait de remplacer pour un an le titulaire en congé pour convenance personnelle. En attendant qu'un poste se libère en Arles ou en Avignon.

Depuis son apprentissage à l'amour assuré par Joël, qui était à la fois son prof de math à Aix et l'amant de sa mère , elle avait connu de nombreux partenaires sans jamais se fixer très longtemps auprès de chacun.

À Nimes, un des cadres du Carré d'Art, Julien Fabre, célibataire lui aussi, à peine plus âgé qu'elle, l'avait draguée peu après son arrivée. Elle s'était laissé faire, par ennui surtout ; en fait, elle s'aperçut assez vite, qu'il avait besoin d'elle pour se rendre à des invitations auxquelles on ne pouvait se rendre qu'en couple.

C'est ainsi qu'elle fut amenée à fréquenter la “maison des soupirs“. Jo m'en parla longuement, car, après sa première expérience avec Julien, elle continua à s'y rendre pendant presque toute la durée de son année nîmoise, bien qu'elle se soit assez vite lassée de Julien. En dehors de certains rendez-vous en tête-à-tête avec Raoul Bosquet, le maître des lieux, elle devait solliciter l'accompagnement d'un amant temporaire pour pouvoir se rendre aux invitations qu'elle recevait très souvent. Elle m'a longuement parlé des parties qui se déroulaient en ce haut lieu de luxure, mais je ne vous en donnerais qu'un modeste aperçu.

La “maison des soupirs“ appartenait à Raoul Bosquet et à sa femme, Alice. Ce couple de trentenaires, riche par héritage, travaillait—peu—dans le prêt à porter Clochardel, y recevait presque chaque samedi soir, des couples "amis" pour des soirées échangistes. Les soupirs étaient bien sûr ceux que les passants pouvaient entendre, par les fenêtres ouvertes, les nuits chaudes et calmes, à proximité de la villa.

La première fois que j'y vins, en compagnie de Julien Fabre, nous étions huit couples en comptant les invitants, Alice et Raoul Bosquet. Moi présente, ce nombre n'a jamais était dépassé. Il correspondait d'ailleurs au nombre de chambres. Il est arrivé que nous soyons moins.

La soirée débutait par un buffet servi dans le grand salon du rez-de-chaussée, pour que les nouveaux venus fassent connaissance. Puis, Alice installait chaque femme dans la chambre qui lui était destinée. Nous y attendions celui que le sort allait nous attribuer pour la nuit.

Dans le grand salon, elle procédait au tirage : chaque homme se présentait et il puisait dans un vase un carton qui portait le nom de la femme qu'il devait rejoindre. Bien entendu, si le nom tiré était celui de sa compagne, il recommençait.

C'est ainsi que, dès la première fois, c'est Raoul lui-même qui vint me rejoindre, tandis que Julien échut à Alice.

Raoul entra en apportant une bouteille de champagne et il me demanda, dès le premier verre de lui donner envie de moi. Je trouvais la chose tellement "plaisante" que je lui demandais pourquoi ce ne serait pas l'inverse. Cela le fit rire, et il me répondit : parce que ce soir, c'est au tour des femmes de séduire les hommes. Samedi prochain, ce sera l'inverse.

Il s'était installé dans un fauteuil, et attendait. J'étais ennuyée, je n'avais moi-même aucune envie de lui et je sentais cette situation d'un artificiel écoeurant. Pourquoi ne pas échauffer l'ambiance dans le salon, tous ensemble, avec quelque film érotique ? Pourquoi organiser l'échange en confiant le choix des partenaires à un stupide tirage au sort. Embarrassée, j'ai commencé à me dévêtir, me disant que, peut-être un streap tease pourrait le mettre en émoi et me stimuler moi-même. J'avais déjà fait cela mais avec un mec qui était excité dès le départ, et pour qui je commençais moi-même à mouiller. À froid, jamais.

Ce soir-là, j'étais simplement vêtue d'une robe écarlate. Je ne pouvais que la faire tomber pour me retrouver en sous-vêtements. Le décarpillage était des plus simples à exécuter. Et, à moins de me tortiller un moment devant lui, ce que ni mon désir absent, ni ma dignité ne me permettaient de tenter, me retrouver nue devant lui serait forcément vite fait.

Enlever les bas et le porte-jarretelles fut l'affaire la plus longue. Ôter le soutien-gorge et la culotte ne prit qu'un instant, et je me trouvai nue devant lui qui n'avait pas moufter pendant ce temps. Je t'assure, Manon, que si je me sentais ridicule, je l'ai trouvé lui-même grotesque, impavide dans son costume-trois-pièces-cravate !

Pour me désennuyer, je suis passée dans la salle de bain attenante. Elle n'était pas vide : elle s'ouvrait aussi sur une autre chambre. Je m'y suis trouvée en compagnie d' une jeune femme nue, Sophie, et de son partenaire, tout aussi nu, et superbe : un noir majestueux qui m'avait été présenté sous le nom de Salomon Traoré. Ils achevaient ensemble une toilette qui avait due être stimulante car le sceptre impressionnant de cet homme était dans les mains et en partie dans la bouche de la blonde Sophie agenouillée devant lui. Pas du tout gênés par mon intrusion !

Salomon me lança un coup d'œil lubrique, tandis que Sophie me proposa d'un geste de partager son festin avec elle. Je m'agenouillais donc à mon tour. Alors, en alternance, nous sucions cette superbe bite en caressant les fesses et les testicules de Salomon, jusqu'à ce qu'il éjacule. Je laissai bien sûr la crème s'écouler dans la bouche de Sophie, qui, bonne fille, me laissa cueillir une dernière giclée.

Pendant cette fellation à deux, Raoul était entré, je le sentais dans mon dos. En me retournant, je vis qu'il s'était dévêtu et qu'enfin la scène avait dû le stimuler car il bandait dru. Il s'approcha, sans doute avec l'espoir de bénéficier du même traitement. Mais, par dépit, je me détournai et, me jetant dans les bras de Salomon, je l'embrassai, les lèvres encore gluantes de son potage, et lorsque je le sentis à nouveau bander ferme, je me suspendis à son cou, enserrant sa taille de mes jambes pour qu'il me pénètre dans cette position que j'apprécie entre toutes depuis que Joël me l'enseigna.

Pendant ce temps, Sophie s'était agenouillée, appuyée sur ses avant-bras, la croupe élevée pour que Raoul la baise par derrière. Ce double coït, presque simultané, donna naissance aux premiers soupirs bruyants de la soirée. À tel point que l'on vit apparaître, par les deux portes restées ouvertes de la salle de bain où nous nous trouvions tous les quatre, plusieurs figures curieuses de voyeurs attirés par nos soupirs, cris et halètements et parmi eux, celles d'Alice et de Julien. Peu après, nous avions fait des émules, car la maison s‘emplit de ces fameux bruits qui firent sa renommée.

Raoul et moi, après une douche prise ensemble, nous nous retrouvâmes dans notre chambre. "Je te prie de m'excuser, dit-il, je ne me sentais pas dans le coup et je me suis conduit comme un goujat.
—Ne t'en fais pas, repris-je, j'errais moi-même dans le même état, et c'est vraiment heureux que j'aie trouvé Sophie et Salomon. Maintenant, nous allons pouvoir nous faire plaisir, non ?
—Oui !" dit-il en me couchant sur le lit.

Je fis alors la découverte d'un autre homme en Raoul !

Un homme plein de déférence envers sa partenaire : attouchements et caresses délicats des mains, de la bouche, de la langue et même de la verge sur toutes les parties érogènes de mon corps. Creux des genoux, intérieur des cuisses, sillon fessier, petite porte, aines, grandes lèvres, nymphes et clitoris, nombril, mamelons, aisselles, cou, oreilles, bouche. Ô la sensation douce sur mes lèvres et la subtilité épicée des arômes du gland de Raoul sous mes narines !

Un homme puissant, infatigable, capable de copuler sans débander, de mettre avec, à la fois vigueur et tendresse, sa dague dans le velours de mon fourreau pour trois ou quatre coïts consécutifs.

Ainsi d'ailleurs que dans la chapelle ardente de Sophie !

Car nos voisins, Sophie et Salomon, sont revenus nous voir au milieu de la nuit.

Ils nous ont assistés un moment : Salomon me proposant sa hampe luxureuse pendant que Raoul me ramonait à loisir aidé par les mains de Sophie sur ses jumelles joyeuses et par sa langue aiguë pointée sur sa rondelle.

Puis, tous les quatre, nous descendîmes, au salon, nous rafraîchir au champagne. Entièrement nus, installés tous les quatre sur un vaste canapé, nous avons vidé une bouteille en reprenant notre souffle.

Puis, Salomon me proposa de leur faire une démonstration de brouette thaïlandaise!

Il m'entraîna sur un tapis moelleux où, me soulevant par les hanches, la tête en bas, il m'invita à une exhibition étourdissante ! Appuyée de mes mains sur ces chevilles, j'écartais mes cuisses afin que mes pieds reposent sur ses épaules ; il avait, tout en exécutant cette manœuvre, glissé sa verge turgescente dans ma fente accueillante où il entreprit de la faire coulisser avec une ardeur méritoire étant données nos positions respectives : mais, si j'ose dire, le jeu en valait la chandelle !

Quelle émotion ! Le résultat, pour moi, en fut tellement exceptionnel, et si bruyant, que la moitié, au moins, des visiteurs, vint en tenue légère, nous applaudir. Alice et Chloé en tremblaient de jalousie et auraient bien accaparé Salomon pour leur propre plaisir. Mais je ne lâchais pas ma prise !

Salomon était un adepte des positions les plus sportives : il y prenait un plaisir évident, et il était content d'avoir trouvé une partenaire, qui mieux que Sophie, et même que sa partenaire habituelle, Eva—en pleine relation lubrissime avec Fabien, que le sort lui avait attribuée, puisqu'on les entendit hurler à l'étage peu après—une partenaire, donc, capable de l'accompagner dans ces exhibitions acrobatiques...

Avec toute une cour d'admirateurs, Salomon et moi avons entrepris, après la brouette thaïlandaise, le marteau piqueur, puis la simple brouette et, enfin pour nous reposer un peu, la bête à deux têtes, qui toutes se terminèrent pour moi par des orgasmes tonitruants.

Eva, qui était descendue, entre temps, assister à nos exhibitions, est venue baiser en amoureuse les lèvres de Salomon et lui dire, "alors mon chéri, tu n'as pas pu t'empêcher de te donner en spectacle ! Il faut dire que tu as trouvé là une partenaire à ta hauteur... "

Nous retournâmes dans ma chambre pour nous reposer en nous offrant juste deux ou trois coïts moins sportifs, tandis que Raoul et Sophie, dans la chambre voisine se livrèrent à une fornication beaucoup plus bruyante.

Le petit-déjeuner se prit tard; ce fut d'ailleurs plutôt un brunch, et de toute première qualité, merci Alice et Raoul!

Au moment de partir, j'étais tellement enchantée de ma nuit que je dis à Alice de ne pas nous oublier à l'avenir. "Ça ne risque pas d'arriver, vois-tu, car Raoul tiendra sûrement à te revoir, et quant à moi je me sens fan de Julien." En effet, ils nous invitèrent souvent à les rejoindre en semaine.

Je leur transmis, peu à peu, les premiers rudiments de l'amour acrobatique qu'avec Salomon, je passai beaucoup de temps à perfectionner. Avec lui, et de lui, j'appris beaucoup cette année-là. Cette gymnastique, outre les plaisirs insoupçonnés qu'elle recèle, développa aussi mon goût pour le sport en général, ce qui fait que dix ans plus tard, je suis en pleine forme physique.

Avec Julien, qui fut toute cette année mon compagnon de soirée alors que nous ne fîmes plus l'amour ensemble après notre première sortie échangiste, nous allâmes aussi assez régulièrement aux samedis d'Alice, tout autant pour revoir des compagnons de soirée qui nous avaient plu que pour connaître de nouveaux partenaires.

Une fois installée en Avignon, tant que le cercle de mes connaissances ne s'est pas développé, je suis souvent revenue à la maison des soupirs, car, après cette année à Nîmes, j'avais échangé avec mes amis Alice et Raoul, bien davantage que les plaisirs simples du sexe pratiqué comme l'un des beaux-arts.

Dans la vie très ordinaire de Jo, Clem & Arnaud (http://www.roomantic.fr/blog-billet-802-la-vie-tres-ordinaire-de-jo-clem-arnaud.html), j'avais conclus : "en somme, ce trio coule des nuits heureuses sans trop se poser de questions... " Je péchais alors par un excès d'optimisme, tant il est hélas vrai que les plus heureux des amants se créent parfois des complications. Ce bonheur tranquille était sans doute vrai pour Clem et pour Arnaud, peut-être moins pour Jo.

Un événement survenu il y a quelques jours seulement, alors que j'allais consulter un bouquin récemment parvenu à la bibliothèque, me conduis à interrompre le récit de quelques épisodes de la vie très ordinaire de Jo depuis ses visites à la sensuelle Maison des Soupirs (http://www.roomantic.fr/blog-billet-826-une-vie-tres-ordinaire-la-maison-des-soupirsi.html). Je pense notamment à ses aventures involontaires avec une équipe sado-masochiste en Avignon ainsi qu'à sa rencontre plus satisfaisante avec Arnaud à Aix.

Jo, habituellement très tranquille, et, en outre, très gaie depuis sa rencontre avec Clem, me dit :

"Puisque tu persistes à écrire des histoires sur ma vie amoureuse, il faut absolument que je te parle. Alors que je devrais être totalement sereine et heureuse, entre mes deux amours, Arnaud et Clem, qui m'aiment et acceptent de se rencontrer avec moi dans le même lit...
—En effet, dis-je, tu devrais planer sur ton petit nuage de bonheur, car ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir ses deux amants simultanément... ...
—Eh bien, oui, et malgré ça, je suis malheureuse !
—Malheureuse, et pourquoi donc, tu trouves peut-être qu'ils s ‘aiment trop. Tu voudrais qu'ils t'aiment et se détestent, peut-être ! Serais-tu jalouse de voir combien ils se plaisent ensemble ?
—Oui, je suis jalouse, mais pas de ce que tu crois. En fait je n'avais pas pensé à ça. Je suis jalouse des autres rencontres qu'ils peuvent faire, sans moi. Mais c'est vrai, c'est aussi une possibilité, ce que tu me dis là !
—Bon écoute-moi, Jo, cesse de te prendre la tête, viens dîner à la maison ce soir, si tu es libre et tu me raconteras ça bien tranquillement
—Oui, je peux ce soir."

Et voici l'origine de ses soucis.

Jo et Clem sont au lit, seules, chez Jo, comme d'habitude. Elles ont baisé, intensément, comme d'habitude. Leur amour est à la hauteur des plaisirs qu'elles éprouvent. Elles planent de plus en plus haut, et elles tardent, chaque nuit davantage à se séparer, surtout lorsque Arnaud n'est pas de la partie. Après leurs brûlantes étreintes, elles parlent, elles se racontent.

Jo demande à Clem si elle s'envoie toujours en l'air avec ses collègues les nuits de garde : elle aime lorsque son amie lui raconte ses parties, notamment, avec le jeune interne qui la trouve à son goût ; souvent, ça la stimule, ça l'excite!

Mais cette fois, ça ne se passe pas bien du tout.

Clem lui dit que la nuit passée, c'était calme ; en pédiatrie, la nuit est souvent calme le dimanche, alors que la veille, le samedi, ce fut l'enfer. Elle était la seule médecin de garde dans le service. Et il n'y avait avec elle qu'une infirmière, Caro, une toute nouvelle d'à peine vingt ans. Fraîche et jolie comme un cœur.

"Et ?" interroge Jo.

"Eh bien voilà, j'ai senti de sa part comme un penchant pour moi, et je n'ai pas pu résister. Je me suis mise à mouiller pour elle et je l'ai embrassée. D'abord, un petit baiser de rien du tout. Et puis, je l'ai sentie, à la fois, surprise et attirée : après un hésitation, elle m'a rendu le baiser, un baiser plus appuyé que je me suis chargée de rendre encore plus chaud, plus humide, langue contre langue, langues partant en exploration, etc... Sous son sarreau, sa poitrine était nue, de jolis seins bien fermes. Ma main touchait et excitait ses tétons sous la blouse. Elle a commencé à gémir. Je l'ai entraînée dans ma chambre et déshabillée. Une jolie brunette, un beau corps plein d'envies, plein de vie. Je m'en suis régalée ! Un bon moment bien agréable dans une nuit bien terne pendant laquelle je m'ennuyais de toi."

Comme elle m'a raconté cette aventure de Clem, j'ai compris que Jo avait alors perdu la tête : elle n'avait pas supporté les images qui se sont formées dans son imagination ; Clem se gavant de ce jeune corps pour oublier l'envie qu'elle avait d'elle ! L'enfer !

"J'ai découvert la jalousie !" s'est-elle exclamée. "Manon, sais-tu ce que c'est ?
—Bien sûr, Jo, qui n'éprouve pas un jour ou l'autre cet insupportable sentiment ? J'ai été jalouse une fois dans ma vie, et j'ai bien failli gâcher alors l'amour que j'avais pour mon amie. Si elle n'avait pas été plus lucide que moi, c'est bien ce qui serait arrivé. Donc, oui je connais.
—Moi, à plus de trente-cinq ans, je viens de découvrir cette horreur. Imaginer ma chérie faire des mamours à cette minette de vingt ans ! La tenir dans ses bras, la dévêtir, lui caresser les nichons, lui lécher la chatte ! Comment supporter ça ! Je lui ai fait une scène : j'ai hurlé, je lui ai dit de partir. Ce qu'elle a fait. Depuis lundi, je ne l'ai plus vue, ni entendue.
—Ce que tu as fait, Jo, ce n'est pas malin ! Maintenant, il ne te reste plus qu'à te repentir, il ne te reste plus qu'à t'excuser : avoir des relations occasionnelles avec quelqu'un d'autre ne veut pas dire qu'elle ne t'aime pas, ça n'a rien à voir, ça ne devrait pas porter à conséquence. D'ailleurs, tu supportes bien qu'elle baise avec ses collègues mâles, pourquoi une telle réaction pour une fille ? Elle n'a pas à te jurer une fidélité physique ! Pas plus que toi, d'ailleurs envers elle. Il t'arrive bien de t'offrir des extras, non ?
—Oui, mais pas avec des femmes depuis que je connais Clem, seulement avec des hommes, par exemple, avec des jeunes étudiants qui fréquentent la bibliothèque.
—Et, bien sûr, Arnaud trouve ça aussi normal que toi ?
—Mais oui, il s'en fout complètement, et d'ailleurs, il ne se prive pas, lui non plus !
—Tu es vraiment curieuse : Arnaud peut faire ce qu'il veut, Clem et toi aussi avec des garçons, mais Clem et toi, vous ne devaient pas coucher avec des filles. C'est bien ça ?
—Oui, c'est ça ! Tu vois que ce n'est pas confus du tout dans ma tête...
—Non, en effet ! Et qu'est-ce que ça veut dire, selon toi ?
—Je ne vois pas, mais c'est ainsi...
—Il serait pourtant temps que tu t'en préoccupes : à mon avis, ça veut dire que tu aimes vraiment Clem, et que pour Arnaud, tu éprouves peut-être de l'affection, une sorte d'amitié sensuelle, mais pas davantage.
—Oui, peut-être. Ce que tu dis ne me choque pas, sauf que...
—Sauf que quoi ?
—Sauf que le corollaire de ta démonstration serait que Clem, elle, ne m'aimerait pas d'amour !
—Là, ma chère, tu vas un peu vite. Moi je penserais plutôt que Clem, d'après tout ce que tu m'as dit de votre relation, t'aime vraiment, mais que faire l'amour à une petite minette bien craquante ne lui pose pas de problème. Simplement, elle ne résiste pas à ses pulsions, que l'objet de ses désirs soit une femme ou un homme. Toi, tu n'exclus que les femmes, parce que ton amour est une femme. Tu oublies une chose importante: Clem est la première femme que tu baises. C'est elle qui t'a fais découvrir et la sensualité saphique et l'amour pour une femme. Pour elle c'était une affaire courante. Réfléchis à ça! Je ne crois pas qu'il y ait matière à rupture. Tu ferais mieux de te réconcilier avec elle et de mettre les choses au point entre vous.
—Tu crois vraiment que ça peut marcher ?
—Jo, je suis certaine, en tout cas, d'une chose, c'est que le plus sûr moyen de le savoir est d'essayer... "

Quelques jours plus tard, j'ai retrouvé Jo souriante et détendue. Elle m'a fait une bise en me disant "merci !"

 

 

Me voilà encore obligée de refaire quelques rappels tant le temps s'écoule entre chaque épisode. C'est que, bien que mon héroïne principale n'ait guère plus de trente-cinq ans, elle a déjà eu bien des aventures ! Jo est une femme ordinaire : ni laide, ni belle, mais bien faite ; avenante, délurée, amusante. Je connais Jo Travers depuis mon arrivée à Aix. Je suis devenue son amie et confidente, et en quelque sorte, l'historiographe de sa "vie très ordinaire" 

Elle a été initiée, dès le lycée aux plaisirs sensuels par un de ses professeurs. Cela lui a donné le goût des hommes expérimentés qui, pour leur part, l'apprécient grandement car elle est devenue experte en l'art des jeux du sexe


Jo est perçue comme une fille bien dans sa peau, très épanouie. Elle prend grand soin d'elle par un régime simple et naturel et par la pratique régulière de l'athlétisme, y compris de la gymnastique du sexe.


Bien baiser est pour elle l'un des secrets de son équilibre.


Toujours tout sourires, elle n'a aucun mal à se faire de nombreux amis, dont certains deviennent ses amants, de façon transitoire le plus souvent.

Jusqu'à il y a peu, Jo n'avait jamais couché qu'avec des hommes. Elle n'avait même pas imaginé que sa sensualité puisse la porter vers des femmes : jusqu'à ce qu'elle rencontre Clem Gravier à une soirée ordinaire elle aussi. Depuis, elle forme avec Clem et Arnaud, son ami, un trio plein d'allant et riche de sensations mais pas exempte de soucis.


J'ai commencé cette chronique par l'histoire de la rencontre de Jo et Clem. Je vais la terminer par la rencontre de Jo et Arnaud, qui l'a précédée.


Elle fréquente Arnaud depuis près d'un an maintenant. Il est divorcé et, de ce fait, lui aussi vit en célibataire. Ils se rencontrent chez elle ou chez lui deux ou trois fois en semaine, car les week-ends d'Arnaud sont consacrés à ses enfants : un fils de onze ans et une fillette de huit ans. Rien que de très ordinaire, là aussi, aujourd'hui.

 

Ça s'est passé comme ça, de façon aussi très ordinaire...


Arnaud Lambert, ce samedi après-midi de début octobre joliment ensoleillé et doux, pour une fois libre de déambuler seul en ville, ses enfants étant retenus par leur mère pour une réunion familiale, se laissait aller tranquillement sur le cours Mirabeau, au rythme lent des badauds qui, comme lui, se détendaient d'une semaine chargée.

À une trentaine de mètres devant lui, il aperçut une silhouette qui accrocha son regard, de temps à autre, lorsque la houle des promeneurs devant le lui permit. Il pressa le pas pour se rapprocher, tant la marche élégante de la dame lui causait de plaisir.

Le déhanchement subtilement félin de cette longue femme chaloupant sur ses hauts talons lui semblait comme le comble de l'esthétique féminine. Ce mouvement ondulatoire animait lui-même une ample chevelure châtain doré qui tombait en souplesse jusqu'au milieu du dos bien droit. De longues jambes fines s'engouffraient sous la courte jupe de la robe lavande qui oscillait au même rythme. Étroitement ajustée à la taille, elle permettait d'apprécier la belle force des hanches, bien féminines, et le léger frémissement des fesses dans l'effort de la marche.

"De dos ? Voilà une fort belle femme" se dit Arnaud qui sentit poindre, entre son bas-ventre et son cerveau, comme une envie sourde mais franche, d'en savoir davantage sur le clair objet de son désir. Aussi, la dépassa-t-il vivement pour pouvoir se retourner et la contempler de face.

Arnaud enregistra la pure fraîcheur de son visage oblong et sa carnation plutôt pâle, le corsage largement échancré de sa robe, bien tendu cependant sur une honnête poitrine et la jupe appliquée sur le ventre plat et sur le triangle du pubis érotiquement moulé. De jolies cuisses musclées prolongeaient jusque sous la robe évasée ses fines jambes, toujours aussi élégantes vues de face. "Tout cela fait", suppute mentalement Arnaud, "que la dame, avec cette anatomie si bien balancée, et cet air à la fois aguichant et intelligent—si même elle est libre !—ne doit sûrement pas manquer de prétendants. J'ai pourtant bien envie de tenter ma chance."

Jo Travers n'avait pas manqué de remarquer le manège du monsieur. En arrivant à sa hauteur elle lui fit un gentil sourire qui adoucit, avec bonheur, les traits un peu rudes de son visage. Ce type annonçait une quarantaine avancée. Le port un peu alourdi, bien que sans embonpoint, et une chevelure brune déjà passablement argentée, le soulignaient sans ambiguïté. Et qu'il s'intéressât ouvertement à elle, ne la choquait pas, d'autant que la prestance de cet homme ne manquait pas de charme !

Encouragé par ce charmant sourire, Arnaud se plaça à ses côtés et, tout en marchant à son pas, entreprit de l'approcher. "Me permettriez-vous, Madame, de vous offrir un verre à l'une de ces terrasses encore au soleil ?"

Jo sourit derechef, lui répondit d'un hochement de tête affirmatif et, d'elle-même, obliqua vers le premier bistrot en vue.

Elle choisit elle-même la table. Il lui présenta le siège en rotin, et s'assit lui-même en face d'elle. Il eut le temps de plonger dans la vallée de ses seins par l'échancrure de la robe et de vérifier que sa poitrine, de volume modeste, se passait gaillardement de soutien, avant qu'elle ne le questionne, l'air mutin :

"Nous connaissons-nous ?
—Il m'a semblé un moment, vous avoir déjà rencontré. Mais je ne crois pas, ou alors c'est dans une autre vie ! Non, franchement, je ne pense pas vous connaître, pas encore. Je suis Arnaud Lambert, architecte. Et l'envie de faire votre connaissance m'est venue tandis que je déambulais, par ce bel après-midi, derrière-vous. Votre silhouette a attiré mon regard. Voilà c'est tout simple.
—Et vous m'avez dépassée pour vous retourner afin d'apprécier si mon côté face était aussi plaisant ?
—Je vois que l'on ne peut rien vous cacher, Madame...
—Josiane Travers. Veuillez m'excuser de ne pas m'être présentée avec la même spontanéité que vous l'avez fait vous-même. Je suis bibliothécaire, conservateur—c'est mon titre et ma fonction !— de la bibliothèque de l'Université de Provence.
—Ah, c'est bien ! Nous avons ainsi quelque chose en commun !
—Et quoi donc, grands dieux ?
—Mais la conservation ! J'ai un petit cabinet d'architecte qui travaille principalement, sous contrat pour le compte du ministère de la culture. Je m'occupe en effet de la réhabilitation du patrimoine immobilier d'une grande partie du sud-est. Ainsi, vous conservez les vieux livres et moi les vieilles pierres !
—Oh vraiment ! Mais vous faites un métier très très intéressant, car il ne manque pas de vielles bâtisses, petites ou grandes, à protéger dans la région. Quant à moi, le fonds ancien de la bibliothèque de l'université n'est pas très conséquent, mais je suis aussi consultante pour la bibliothèque de la ville, ainsi que pour la bibliothèque du Palais des Papes qui, elles, possèdent de riches trésors. Je suppose que vous devez vous y rendre assez souvent car il y a beaucoup d'archives relatives au bâti ancien.
—En effet ! Oh quelle chance j'ai de vous rencontrer ! Je sens que vous allez pouvoir nous apporter un précieux concours. Pourrai-je vous envoyer ma collaboratrice qui s'occupe spécialement des recherches historiques ?
—Mais oui, bien entendu !"

Après avoir bavardé de choses et d'autres, y compris de leur statuts personnels, charmés, l'un et l'autre, de leur rencontre, Arnaud demanda : "Il se trouve qu'exceptionnellement ce wee-end, je n'ai pas mes enfants, et, si de votre côté, vous n'aviez pas d'engagement pour ce soir, nous pourrions dîner ensemble ; si cela vous convient bien entendu !"

Jo hésita un court instant, mais pour la forme, car elle n'avait aucune obligation, et elle était tentée.

"Oui, je suis libre, et c'est avec plaisir que j'accepte votre invitation !
—Merci Josiane, si vous me permettez cette familiarité.
—Je vous la permets Arnaud, mais je n'aime pas beaucoup mon prénom : mes amis m'appellent Jo.
—Jo ? Pourquoi pas ? Mais je trouve que cela ne vous va pas très bien : c'est un peu masculin, non ? Pourquoi pas Josie ? C'est plus doux, je trouve, plus féminin.
—Josie, oui, je veux bien. Ma mère m'appelez ainsi. Mais savez-vous, Jo me va très bien, et sachez que je ne suis pas un bibelot, ni une femme douce... "

Un peu plus tard, il passa la prendre au pied de chez elle, dans la vieille ville, et ils allèrent dîner au "Clos de la Violette", un restaurant gastronomique et chic de la ville.

Au retour, elle lui proposa de prendre un dernier verre. Il ne sortit de chez elle que le dimanche vers midi. Et elle était avec lui. Ils allèrent déjeuner à Lourmarin, dans un autre restaurant réputé de la région.

Arnaud Lambert était enchanté de sa nuit chez Jo. Avait-il jamais, auparavant, fait l'amour avec autant de plaisir. Une telle plénitude des sens ! Une telle absence de déception ou de regrets ! Non, estima–t-il, c'était bien la première fois de son existence. Habituellement, il se sentait vite rassasié, vite écoeuré même, au point qu'avec son ex-épouse, comme avec ses nombreuses maîtresses d'une nuit ou deux, depuis son divorce, il se considérait comme un piètre baiseur. Cette nuit, ç'avait été la fête des corps !

Il est vrai, songeait-il, que Josie était si sensuelle et si experte, qu'il s'était senti lui-même comme un amant doué, plein d'une vigueur secrète, riche de réserves insoupçonnées. À aucun moment le dégoût, la nausée parfois, qui s'emparaient de lui, n'avaient surgis sans crier gare, lui coupant toute envie du corps de sa partenaire. Jamais, jusque-là, il ne s'était gavé, délecté même, des effluves et des sucs du corps d'une femme comme cette nuit-là. Jamais il n'avait tant reçu, jamais il n'avait tant donné.

Josie avait su, grâce à sa maîtrise de la gestuelle du sexe, tout faire jaillir du corps de son compagnon ! Et celui-ci jamais ne demanda grâce au cours de cette nuit extatique.

En outre, à Lourmarin, après un menu léger mais succulent arrosé d'un petit blanc du Luberon frais et gouleyant, non seulement son corps repu d'amour et de bonne chère était joyeux, mais il lui semblait devenir amoureux fou de cette femme que moins de vingt-quatre heure plus tôt il ne connaissait pas !


Depuis qu'elle a commencé sa liaison avec Arnaud, le nombre de ses partenaires s'est réduit : elle lui est fidèle, car elle l'apprécie sur bien des points. Elle ne se permet que quelques écarts, le week-end, ou en vacances, sans qu'Arnaud s'en offusque, car, homme moderne et modèle, il ne s'estime pas propriétaire de sa partenaire chérie et considère que la femme, comme l'homme, a le droit de vivre sa sexualité en toute liberté. Lui-même apprécie sa liberté dont il use peu d'ailleurs, parce que sa vie est déjà trop compliquée et parce qu'il trouve en Jo, une compagne intelligente, agréable, vive, amusante et sensuelle. Cette rencontre a vraiment changé sa vie...


Elle sera à nouveau bouleversée, cette vie, lorsque, séduite par Clem, Jo Arnaud et Clem formeront, comme je vous l'ai déjà conté, un heureux trio inséparable.

Pour combien de temps ?

Lectrices et lecteurs fidèles, vous comprendrez bien sûr, qu'en tant que chroniqueuse de la vie de Jo Travers, je ne puis inventer l'avenir !

 

                                            FIN de "Une vie très ordinaire"


Par MORE - Publié dans : Une vie ordinaire
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Mercredi 18 février 2009

Une vie très ordinaire (I)

Jo—Josiane, prénom qu'elle n'apprécie que modérément—est une femme ordinaire : trente-quatre ans, ni laide, ni belle, mais bien faite. Avenante, délurée, amusante : elle plait.

Célibataire par conviction, comme beaucoup de femmes de nos jours, ce qui ne veut pas dire sans vie sexuelle. Au contraire, elle n'a aucun mal à satisfaire une libido plus élevée que la moyenne, et ce depuis son adolescence, car elle trouve tous les partenaires qu'il lui faut... ...

Elle a été initiée, dès le lycée, aux plaisirs sensuels par un de ses professeurs, ce qui lui a donné le goût des hommes expérimentés : même maintenant, elle couche plus volontiers avec des hommes de dix à vingt ans plus âgés qu'elle, plutôt qu'avec des jeunots, qui en général la laissent insatisfaite.

Elle est plus cultivée et surtout plus futée que la plupart de ses partenaires, mais elle a le bon goût de ne pas le laisser paraître.

Elle fréquente, depuis presque une année, un homme de quarante-cinq ans, divorcé, qui vit maintenant lui aussi en célibataire. Ils se rencontrent chez elle ou chez lui deux ou trois fois en semaine, car les week-ends d'Arnaud sont consacrés à ses enfants : un fils de onze ans et une fillette de huit ans. Rien que de très ordinaire, là aussi, aujourd'hui.

Jo est conservateur en chef de la bibliothèque de mon université. C'est par ce biais que j'ai fait sa connaissance et que nous sommes devenues amies. Et c'est par elle que j'ai connu son histoire. Bribes par bribes d'abord. J'ai commencé à écrire et à imaginer sa vie à partir des quelques éléments qu‘elle m'a confiés et de mon imagination, et je lui ai fait lire une première mouture. Ça lui a plu, et comme elle apprécie, elle, ce que je "poste" sur Roomantic.fr, elle m'a raconté son histoire plus largement et autorisé à la mettre en ligne.

Je commence donc, aujourd'hui, en me limitant aux six derniers mois.

Jo est perçue comme une fille bien dans sa peau, très épanouie ; chevelure châtain doré, carnation plutôt pâle, corps bien balancé. Elle prend grand soin d'elle par un régime simple et naturel et par la pratique régulière de la natation et de la gymnastique, y compris celle du sexe. Bien baiser est pour elle l'un des secrets de son équilibre.

Toujours tout sourires, elle n'a aucun mal à se faire des amis, dont certains deviennent, de façon transitoire le plus souvent, ses amants.

Ce n'est guère que depuis qu'elle a commencé sa liaison avec Arnaud que le nombre de ses partenaires s'est réduit : elle lui est fidèle, car elle l'apprécie sur bien des points. Elle ne se permet que quelques écarts, le week-end, ou en vacances, sans qu'Arnaud s'en offusque, car, homme moderne et modèle, il ne s'estime pas propriétaire de sa partenaire chérie et considère que la femme, comme l'homme, a le droit de vivre sa sexualité en toute liberté.

Lui-même apprécie sa liberté dont il use peu, parce que sa vie est déjà compliquée et parce qu'il trouve en Jo, une compagne intelligente, agréable, vive, amusante et ardente dans l'amour : elle maîtrise deux ou trois positions amoureuses des plus excitantes qu'il n'avait jamais pratiqué, et ne connaissait même pas, avant de la connaître !

Jusqu'à il y a peu, Jo n'avait jamais couché qu'avec des hommes. Elle n'avait même pas imaginé que sa sensualité puisse la porter vers des femmes.

Jusqu'à ce qu'elle rencontre Clem Gravier à une soirée comme beaucoup d'autres, ordinaire elle aussi.

Soirée, et non partie, et encore moins partouze. La distinction est d'importance : ce n'est pas qu'on y rencontre pas le sexe, bien au contraire ! C'est seulement qu'il ne se consomme pas sur place...

Comme Jo se lie facilement, elle reçoit beaucoup d‘invitations. À la mi-août, elle s'est rendue à Allauch, près d'Aix, en fait beaucoup plus proche de Marseille que d'Aix, chez Paul, une connaissance d'Arnaud, chef d‘une grande agence bancaire de Marseille. Il y avait là du beau monde qu'elle ne fréquente qu'occasionnellement lorsqu'elle est invitée avec Arnaud. Cette fois-là, elle y est allée seule, car Arnaud était en vacances avec ses enfants. Et puis, elle s'était déjà rendue plusieurs fois chez Paul et sa femme, Dorine, avec qui Arnaud est très lié.

Il y avait bien une trentaine d'invités autour d'un buffet somptueux installé dans le jardin, enfin, disons plutôt, le parc. Bien qu'elle connaisse nombre d'entre eux, qu'elle ait été accueillie chaleureusement par Paul et Dorine, elle s'est sentie, sans Arnaud, tout de suite comme isolée, pas à sa place. C'était chichiteux et les quelques hommes seuls étaient collants et paonnants. Après une petite heure, elle se préparait à partir en douce, quand une voix grave et chaude dit dans son dos : "je sens que vous vous amusez presque autant que moi !"

En se retournant, elle se trouva faire face à une superbe créature, à peu près de son âge, très brune, élancée.

Jo se présenta : "Josiane Travers, bonsoir, en effet, j'allais partir." "Bonsoir, Clémentine Gravier, appelez-moi Clem." "Très bien Clem, moi je préfère Jo." "Entendu Jo. Moi aussi, je m'ennuie à mourir, et j'avais envie de partir, mais mon époux se trouve bien ici, lui ! Peut-être pourrions-nous nous échapper ensemble, si vous avez une voiture." "Oui, je suis en voiture, et seule. Donc, je peux vous emmener. Mais j'habite Aix." "Oh, c'est parfait alors, moi aussi !"

En chemin, elles bavardèrent. Clem était la femme de David Imbert, un médecin spécialiste d'ophtalmologie, ami de Paul. Elle-même aussi était médecin, en neurologie pédiatrique, au centre hospitalier d'Aix. Le couple sans être vraiment séparé, "à cause des enfants", vivait tout de même comme un couple désuni.

Jo se garda bien de faire des remarques, tout en décrivant son propre mode de vie, et en expliquant qu'elle avait fait le choix du célibat sans enfant.

"Vous avez sans doute fait le bon choix. Mais j'évite de penser au passé, car, comme on ne peut pas refaire l'histoire, rien ne sert d'avoir des regrets. D'autant que je ne regrette pas d'avoir épousé David, ni surtout d'avoir eu nos enfants, et d'ailleurs, nous vivons librement en bonne intelligence."

Sur la route qui les ramenait d'Allauch vers l'autoroute, Jo se sentit, pour la première fois, troublée par la présence d'une femme à ses côtés. Les effluves—naturels— qui émanaient du corps de Clem, mettaient en émoi, analysait-elle confusément, sa sensualité.

Elles étaient peu couvertes par cette nuit d' été. Elles portaient toutes deux des robes toutes simples, dégageant bien le cou et la poitrine, et fort courtes. Peu avant d'entrer sur l'autoroute, Clem posa sa main sur la cuisse droite de Jo et lui dit d'une voix rauque et insistante : "arrête-toi dès que tu le peux !"

Une entrée de chemin se présenta opportunément.

Clem se dégagea de la ceinture de sécurité, prit Jo par le cou et lui dit : "j'ai envie de toi." En même temps sa main continuait à caresser sa cuisse en remontant vers l'entrejambe.

Saisie, Jo, d'abord fut prise de panique, s'agitant, se débattant, comme pour se débarrasser de l'étreinte de Clem. Celle-ci, alors, se retira sur son siège en poussant un gros soupir. "Jo, pardonne-moi, je ne sais pas ce qui m'a prise, j'ai déjà ressenti du désir pour des femmes, j'ai déjà fait l'amour à des femmes, mais une pulsion aussi pressante qu'aujourd'hui, pour toi, c'est bien la première fois que ça m'arrive."

Haletante, palpitante, Jo resta d'abord muette. Elle ouvrit la portière et fit quelques pas sur le chemin. Clem, après une hésitation, la rejoignit, en se confondant en excuses.

"Ne t'excuse pas, moi aussi j'ai ressenti une attirance pour toi, bien avant que tu fasses ce geste. J'ai aimé ta main sur ma cuisse ; et même ta caresse indiscrète. Je crois que moi aussi j'ai envie de toi. Mais, vois-tu, c'est vraiment la première fois que cela m'arrive, et je suis terrifiée, comme le jour de mon dépucelage."

Clem la regarda, lui fit une petite caresse sur le visage et éclata de rire, d'un rire un peu nerveux, tendu. Jo, elle se contenta de sourire, un peu piteusement, puis, se rapprochant, elle posa ses lèvres sur celles de Clem.

Aussitôt, celle-ci répondit à ses lèvres par un baiser appuyé, sa langue, dure, se glissa entre les lèvres de Jo, et, presque avec violence, la pénétra profondément.

Elles s'étreignirent avec fougue et s'éloignèrent un peu sur le chemin. Clem, plus experte, passa sa main sous la robe de Jo. Écartant la ficelle du string, elle explora le sillon fessier, glissa, sans insister, sur l'anus et l'index atteignant la fente du sexe, en caressa doucement les lèvres. Jo se mit à gémir et à haleter et, soudain, l'orgasme qui montait la plaqua contre Clem.

Alors Clem se retourna contre Jo, l'invitant ainsi, en remontant sa robe légère, à s'enhardir ; les mains de Jo, passant sous le shorty de sa compagne, s'emparèrent de la foufoune brûlante et humide, et, comme si c'était la sienne, en masturba le kiki* jusqu'à ce que Clem, se cabrant de plaisir, poussât enfin un feulement rauque et prolongé.

Après encore de longs baisers et force caresses, les deux femmes retournèrent vers la voiture et prirent, en silence, l'échangeur pour prendre l'autoroute en direction d'Aix.

"Où allons-nous ? Chez toi ou chez moi ?" demanda Jo en entrant en ville.
— Chez toi, ou à l'hôtel, car chez moi, ce ne serait pas propice pour nous aimer. David et moi avons décidé de ne pas amener nos amants ou amantes à la maison. Tu comprends, non ?
— Bien sûr, je comprends ! Dans ce cas, allons chez moi. C'est mieux que l'hôtel. Je pensais que tu avais peut-être un studio en ville, ou à l'hôpital.
— Oh, penses-tu ! À l'hôpital, il y a juste une chambre qui ne m'est, d'ailleurs, pas spécialement destinée, où je peux me reposer lorsque je suis de garde. Non, quand il n'y apas d'autres solutions possibles, discrètes, nous allons à l'hôtel. Mais ne crois pas que je passe mes soirées à coucher avec les uns ou les autres.
— Mais Clem, je ne crois rien, je me posais simplement la question de savoir comment tu fais pour baiser tranquillement quand tu en as l'occasion et l'envie. C'est tout ! Pour moi, c'est simple : Arnaud, mon ami, vient chez moi, ou bien, c'est moi qui vais chez lui, sans que rien ne soit bien établi ; c'est selon, je ne sais, l'air du temps, peut-être ? Lorsque c'est un amant, disons occasionnel, c'est différent. S'il a une femme ou une compagne, nous allons chez moi ou à l'hôtel. Mais, bien sûr, je n'ai pas forcément envie d'amener la personne en question chez moi, donc c'est plus souvent l'hôtel. Avec toi, c'est différent ! Pourquoi, je ne sais pas trop. J'ai l'impression que ce ne sera pas, entre nous, une passade d'un soir, et surtout, j'ai envie d'intimité entre nous. L'hôtel, c'est commode, mais c'est rarement intime.
— Tu as raison, allons chez toi."


Jo vivait dans la vieille ville, dans un deux-pièces très bien aménagé. On entre directement dans un grand séjour de cinquante m2, avec coin cuisine à l'américaine, et une chambre qui s'ouvre sur le séjour, vaste aussi, de trente m2, à laquelle les sanitaires se trouvent associés.

"C'est bien chez toi, et en plein centre !" remarque Clem en s'asseyant dans le canapé du séjour. Jo se pose à ses côtés, puis se souvenant de ses devoirs d'hôtesse, demande : "veux-tu boire quelque chose ?
—Oh, oui volontiers, je n'ai pas bu grand-chose chez Paul ?
—Alcool, vin, bière, jus de fruit, thé, café...?
—Du vin plutôt. Un blanc sec frais sans bulles si tu as ça.
—J'ai un viognier d'Ardèche au frigo. Ça t'irait ?
—Oui, c'est parfait !"

Elles burent avec plaisir le vin, aux arômes d'agrumes. Servi bien frais il fut dégusté comme un préliminaire aux jouissances. Assez vite, Jo s'étendit sur le canapé, sa tête reposant dans le giron de Clem.

Pour Clem, c'était une invite aux caresses. "Tu devrais ôter ta robe" dit-elle. Jo, soudain décomplexée, se releva et ôta robe et sous-vêtements. Nue, elle se réinstalla sur le canapé.

Clem, émue, admira avec appétit les féminités offertes à sa vue, à ses mains, à son odorat, aussi. Nichons petits, mais durs et excités. Triangle engazonné crépu et tout doré. Pubis bombé. Jambes élancées et finement musclées. Effluves d'amour.

Elle caressa d'abord, doucement, le visage, le cou, les épaules et prit les seins en main, sans toucher encore aux tétons érigés. Le sexe l'attirait, mais sans rien vouloir presser, elle caressa seulement le poil du pubis et l'intérieur des cuisses, si doux, si chaud, si excitant... Puis elle revint aux tétons qu'elle pinça, qu'elle lécha, mordilla et pressa jusqu'à ce que Jo commence à haleter, à gémir, à se trémousser. Sans quitter l'un des seins d'une main, l'autre alors descendit vers le sexe en fête, en recouvrit la fente en se plaquant sur ses grandes lèvres charnues.

"Ah !" soupira Jo, "va, ne t'arrête pas ! Fais-moi jouir encore, fais–moi jouir toujours !"

Clem lui dit d'attendre. Elle se dégagea, se leva et se dévêtit. Puis elle entraîna sa partenaire dans la chambre, ouvrit le lit. Ce fut au tour de Jo de se régaler la vue de ce beau corps sombre et mat. Et décoré. Sur les fesses et le bas du dos, un superbe tatouage polychrome de style oriental: un dragon crachant le feu du désir vers une silhouette humaine à peine esquissée, mais sans doute féminine. Les seins deux fois plus volumineux que les siens, mais presque aussi fermes, avec de longs tétons dans des aréoles violettes, ou plutôt mauves.

Les deux femmes s'étreignirent, debout, avec vigueur, peut-être même avec violence et s'abattirent, entrelacées, sur le lit.

La nuit, pourtant chaude, sans beaucoup de sommeil, ne suffit pas à les satisfaire. Surtout Jo, médusée, émerveillée aussi, par tant de plaisir que deux femmes peuvent s'offrir.

C'était pour elle, vraiment, le parcours "découverte". Ce que peuvent faire deux femmes entre elles n'a vraiment rien à voir avec les ébats qu'elle pratique, ô combien, et avec plaisir, avec Arnaud, et avec (presque) tous les hommes qu'elle s'est choisie. Même les plus tendres, même ceux, comme Arnaud, qui savent que l'orgasme masculin est, d'une certaine manière, fruste, primaire, presque imposé, et placent la jouissance de leurs compagnes avant leur propre plaisir, ou, plutôt, qui trouvent aussi, et peut-être même avant tout, leur plaisir à les faire bien jouir.

Dans les bras de son amie, Jo se sentit en terrain compris : une femme sait ce qu'est une femme. Tout ce qu'une femme peut imaginer, sans pouvoir y parvenir elle-même en se caressant, peut devenir réalité avec une compagne qui aime les femmes. Avec Clem, ce fut éblouissant ! Et Jo se surprit à oser sur Clem ce qu'elle-même recevait de sa compagne.

Des mots agencés en vers médiocres, mais sincères, qu'elle avait lus quelque part*, refirent surface, avec, cette fois, une signification venue de son vécu :

"Superbe et douce (Clémentine)
Tes mains et ta bouche câlines
Bientôt suivent jusques aux cuisses
La voie qui me mène aux abysses
Ta langue fureteuse y aspire le miel
Qui prépare en douceur notre montée au ciel!"

À leur rencontre, il y avait si peu de temps encore, s'adaptait aussi ce texte ** qu'elle se surprit encore à se remémorer :

"(... )Entre femmes
Un tout petit coup d'œil en dit parfois plus long
Qu'un long regard mouillé
Un air de connivence un sourire dit-on
Un œil émoustillé
Où perce le désir si peu inconvenant
De souris et caresses
De longs profonds et tendres baisers survenant
Avec tant de tendresse
Que rien ne peut ôter de si beau de si bon
Et de si délectable
À l'esprit que l'attraction des corps si ronds
Des courbes si aimables"

Levées de bonne heure, ce jeudi matin 21 août, après une nuit quasiment blanche, si pleine de divine sensualité, Jo prépara le petit-déjeuner tandis que Clem se rafraîchissait sous la douche. Elle devait reprendre son service à huit heures. Jo, elle, avait jusqu'à neuf heures avant de rejoindre son poste à l'université encore presque vide.

Au programme, les chaudes odeurs du pain grillé se mêlant à celles du café : de quoi donner un coup de fouet bien nécessaire au démarrage d'une difficile journée de travail. Clem, qui avait emprunté pantalon, ticheurte et sous-vêtements à Jo (elles portaient à peu près les mêmes tailles, sauf bien sûr pour le soutien-gorge !) pour partir directement au travail, se mit à table avec appétit, et Jo, encore en tenue légère—un long ticheurte en guise de nuisette—fit de même.

"Souhaites-tu me revoir demanda, mutine, Clem, entre deux bouchées ?
—Oui, je crois que oui ? Et toi ?
—Tu crois, seulement ?
—J'en suis sûre, oui, je le veux absolument.
—Bon, j'aime mieux ça. Moi aussi. Es-tu libre le week-end prochain, à partir de demain soir ? Nous pourrions aller chercher le calme et le frais en montagne ? Je pense pouvoir obtenir la clé d'un petit chalet pour nous deux près d'Allos : ce serait bien, non, pour faire connaissance ?
—Oui, ce serait bien !Entendu, ça me va. Tu passes me prendre ?
—Oui, vers six heures."

Jusqu'au lendemain soir, tout en faisant, automatiquement, ce qu'elle devait faire, Jo ne cessa de se questionner sur sa rencontre improbable avec Clem, sur cette mystérieuse (al)chimie qui les attira l'une l'autre, sur cette nuit capiteuse qui les avait enlacées, encordées dans une nécessité absolue de se vouloir ensemble.


À Allos, très à l'écart du village, à deux ou trois km en direction du lac, elles passèrent deux jours et deux nuits dans un minuscule chalet Delta, rien qu'entre elles, ne sortant que pour faire les courses indispensables et se promener, le samedi en fin d'après-midi, autour du lac, par un temps idyllique. Elles se racontèrent, en essayant de tout se dire, pour se connaître, et, en quelque sorte, s'épouser.

Elles vivaient libres, sans témoins visibles, sensuellement nues, y compris sur la terrasse herbeuse qui dominait une pente abrupte qui plongeait vers la vallée profonde.

Le désir qui les poussait l'une vers l'autre, et le plaisir qui les retenait enlacées, la conviction, aussi, que leur sensualité n'était pas seule en cause dans leur souhait de s'unir, tout fit que, en rentrant le dimanche soir dans la nuit, elles furent certaines de vouloir rester aussi proches l'une de l'autre que possible, et de s'aimer.

Bien sûr, les enfants, et peu être aussi le mari de Clem et le compagnon de Jo, constituaient des contraintes qui ne leur permettaient pas de vivre en couple. Elles avaient encore une semaine à vivre librement en amoureuses. Et ensuite ? That is the question, the next one, la prochaine, à suivre dans le futur proche...


Six mois se sont écoulés depuis que Jo (Josiane Travers, bibliothécaire) et Clem (Clémentine Gravier, pédiatre) se sont rencontrées à une soirée à Allauch ( y aller par le lien suivant : http://www.roomantic.fr/... ). Elles n'ont pas, depuis, cessé de se voir, de s'aimer, aussi souvent que possible, sans que pour autant, ni l'une ni l'autre, ne cesse de mener leur vie personnelle : Clem avec sa famille, Jo avec son compagnon, Arnaud.

Leur vie affective est donc compliquée, tout en restant, somme toute, très ordinaire. Clem estime nécessaire de maintenir sa vie avec ses enfants, à côté de son mari, David Imbert. Jo poursuit sa relation avec Arnaud, sans interférer avec la vie de divorcé avec enfants de ce dernier : elle se sent bien dans sa peau entre ses amours saphiques avec Clem, et l'affection amoureuse avec Arnaud. Clem, de son côté, complète son besoin d'hommes avec ses collègues médecins, tous mariés, sauf quelques jeunes internes qui trouvent plaisant de baiser avec une femme expérimentée.

Un soir, cependant, Arnaud vint chez Jo, un soir inhabituel, et trouva Jo et Clem au lit. Leurs ébats étaient si ardents qu'elles ne l'entendirent pas entrer. Il connaissait, bien sûr, l'existence de Clem et les relations que Jo entretenait avec elle. Il n'avait pourtant jamais pensé se trouver dans une situation aussi embarrassante.

Sa discrétion innée lui ordonnait de se retirer, mais l'étreinte embrasée de ces deux superbes femmes, engagées dans un furieux 69, le retint immobile sur le seuil de la chambre. Aucune des deux amantes, dans l'incapacité de s'inquiéter de la présence d'un tiers ( ou trop occupée pour cela) ne le remarqua. Il resta sur le seuil de la chambre, subjugué par la tension qui émanait de ces deux corps qui montaient vers l'orgasme inéluctable. À tel point que lorsqu'il éclata, tonitruant, il ne songea pas à se retirer et que les deux femmes, en se déprenant, roulèrent sur le dos et le virent en même temps.

La première, Jo, retrouva la parole et, calmement, lui dit : "Alors, voyeur, tu te rinçais l'œil. Je vois que cela te faisait bander !
— Qui est ce malotru ?" s'inquiéta Clem en cherchant un drap pour se couvrir.

"Mais chérie, ne t'en fais pas, c'est Arnaud, tout simplement, qui n'avait pas prévu de passer aujourd'hui, il me semble.
—C'est vrai, Josie" fit ce dernier, "et je suis navré d'être venu sur un coup de tête. J'avais une furieuse envie de toi ce soir ! Veuillez me pardonner, mais je n'ai pas pu me détacher du spectacle que vous m'offriez ! Et c'est vrai que vous m'avez excité. Puis-je vous rejoindre, ou préférez-vous que je m'en aille ?"

Jo interrogea Clem du regard.

"Écoute, ma douce, je rencontre ton ami, pour la première fois, dans une situation totalement imprévue et je ne me sens pas en état de baiser avec un intrus qui fait ma connaissance, à mon insu, alors que je suis en plein colloque amoureux avec toi.

"Je n'apprécie pas du tout cette situation qui me dévalorise, et je préfère vous laisser seuls.
—Non Clem, pas du tout, je te comprends, c'est lui qui doit partir!
—Oui, Josie, tu as raison, c'est moi qui doit partir, reprend Arnaud. Mais Madame, laissez-moi vous dire, que vous n'êtes pas du tout en situation dévalorisante, bien au contraire, vous êtes superbe et je vous trouve super bandante. Bonsoir !"

Il partit, refermant la porte de la chambre, mais le charme de la soirée était rompu. Leurs ébats ne purent reprendre. Jo et Clem s'endormirent, étroitement embrassées.

Un peu plus tard, Clem se réveilla, avec comme une grande envie de Jo. Elle humecta, de sa langue, les lèvres de son amie, qui sans encore vraiment s'éveiller, comme dans un réflexe, lui rendit son baiser. Bientôt leurs langues se cherchèrent, se heurtèrent, pénétrant très loin dans la bouche de l'autre. Cette caresse, apparemment si anodine, mais si riche de sensations érotiques, les mit en état de s'aimer. Jo glissa sa main entre les cuisses de Clem : sa chatte était trempée.

 

Après l'orgasme, Clem, toute vibrante encore des assauts de Jo, lui dit :

"Tu aurais dû me faire rencontrer plus tôt ton ami, après tout, ce n'est pas comme mon mari avec qui je n'ai plus de rapports depuis longtemps : tu l'aimes, cet homme, autant que moi, ce serait bien, peut-être, que nous baisions ensemble. Un trio, c'est parfois gratifiant. En tout cas, pour toi, ce serait bien d'avoir tes deux amours dans le même lit.
—Si tu veux, on peut essayer tout de suite. Car il n'est sûrement pas rentré chez lui, s'il est venu sans avertir, c'est qu'il avait vraiment envie de moi ; il doit attendre sur le canapé que tu t'en ailles !"

 

Jo se leva et passa, nue, dans le séjour. Elle revint avec Arnaud qui se dévêtit à son tour et dit : "je me passe sous la douche en vitesse et je suis à vous." Clem eut le temps de voir qu'il était bien monté et que sa queue se dressait déjà dans une assez belle érection. Elle se dit que la nuit valait peut-être bien la peine d'être vécue.

 

Depuis lors, c'est assez souvent que les deux femmes et Arnaud se retrouvent ensemble. "Arnaud gagne à être connu pense Clem. Il est tendre avec elle comme avec Jo ( qu'il se permet d'appeler Josie !) il est solide, il aime les femmes. Il aime nous faire jouir et il aime jouir de nous."

Comme beaucoup d'hommes, ce qu'il préfère, pour lui-même, ce sont les mains, les langues et les bouches de ces dames sur son dard. Et Clem a le sentiment de réussir la masturbation et la fellation, au goût d'Arnaud, mieux que Jo. Mais lui se garde bien de manifester sa préférence.

De son côté, sachant qu'elles attendent avant tout de lui ce qu'elles ne peuvent pas se faire elle-même, il ne les prive pas de glisser son bélier dans leur fourreau, où il les bourrent, avec une délicatesse qui n'exclut pas la puissance.

Pour leurs plus grands et bruyants plaisirs.

En somme, ce trio coule des nuits heureuses sans trop se poser de questions...

 

 

"Clem, ma chérie, veux-tu savoir comment, ma sensualité s'est éveillée, comment j'ai eu mes premiers rapports amoureux, comment j'ai perdu mon pucelage ?
—Si tu te sens prête à te confier, oui ma jolie, j'aimerais bien, oui. C'est si rare qu'une femme de trente-cinq ans, à l'apogée d'une vie sexuelle bien remplie, accepte de revenir sur la période post-pubertaire qui en général ne se passe pas si bien que ça chez une adolescente tout feu tout flamme comme tu as dû l'être.
—Oh, là,là ! C'est le médecin, la pédiatre, même, qui me parle !
—Sans doute, oui, pour une part. Mais pas seulement, car je suis passée par là, moi aussi, à peu près en même temps que toi. Mais surtout, Jo chérie, c'est pour mieux te connaître, pour mieux comprendre comment tu es devenue une femme si riche de sensualités aussi fortes et diverses.
—Ma sexualité s'est enrichie récemment, grâce à toi, ne l'oublie pas. Jusque-là, pendant plus de vingt ans, j'ignorais qu'une part de moi-même était assujettie aux femmes, à une femme au moins, peut-être qu'avec d'autres femmes que toi, ça ne marcherait pas. En outre, c'est avec toi, que je connais maintenant le plaisir de faire l'amour, en même temps, avec ma femme et avec mon homme (http://www.roomantic.fr/...). Tout cela, cette richesse de sensations, c'est vraiment tout nouveau et c'est à toi que je le dois. Auparavant, j'avais déjà pratiqué le triolisme, mais avec deux hommes, deux hommes qui, de plus, étaient des partenaires occasionnels, donc, il s'agissait de pratiques simplement sexuelles : baiser pour le plaisir, le plaisir de baiser, l'art pour l'art, en somme.
—Eh, eh ! te voilà bien partie. Je pourrais te dire aussi que, sauf avec David, pendant cinq ou six ans, puis avec toi, et avec Arnaud maintenant, je n'ai jamais baisé que pour le sexe. S'il y a autre chose, avant ou après, ce n'est tout de même pas un drame. Si je m'envoie en l'air, pendant une garde, avec un de mes petits camarades, ça me fait du bien sans faire de mal à quiconque, il me semble. Bon, en attendant de reprendre cette discussion très philosophique, tu pourrais me parler de ton adolescence... "

Eh bien, ma jolie, je n'ai pas été perturbée autant que tu l'imagines, en tout cas beaucoup moins que beaucoup de mes camarades.

Sans doute parce que mes parents m'ont donné l'image d'un couple uni et se plaisant au lit, sans être absolument, l'un comme l'autre, d'une fidélité irréprochable. Toutefois, il ne m'a pas semblé que cela ait posé, entre eux, des problèmes insurmontables. Ma mère m'a même dit un jour, bien après la mort précoce de mon père qui l'a laissée anéantie à 38 ans, que le mariage était le plus sûr moyen d'engendrer l'infidélité. C'est peut-être ce qui me tient éloignée du mariage...
"Notre couple a tenu, parce que nous avons toujours su qu'être fidèle l'un à l'autre ne voulait pas dire se priver de quelques fantaisies sexuelles avec d'autres partenaires, mais au contraire, respecter les besoins de l'autre et vivre dans la clarté."

Comme pour tous les adolescents je pense, ma sensualité s'est d'abord exprimée en me touchant, en me caressant : d'ailleurs, je continue à me masturber ; et j'aime toujours me contempler, soupeser mes seins et me les caresser, de même que la face interne des cuisses et les fesses... J'adore le jet de la douche sur mes parties sensibles.

Ensuite, mes premiers rapports avec les garçons ont été du même ordre. Me faire peloter. La première langue sur mon clito, quel souvenir ! Pourtant, qu'il était maladroit ce mec ! J'ai tout de suite aimé les sucer mes camarades... Mais attention, il fallait qu'ils soient propres ! J'ai tout de suite aimé recevoir leur purée sur la langue... ...

Mais, j'ai vite été rassasiée de ces petits jeux qui se terminaient pour moi, au mieux, par un petit orgasme mesquin. J'avais envie de leur queue en moi, mais ils étaient peu entraînés. Souvent, ils lâchaient avant même d'approcher de ma chatte. Aussi, je n'avais aucune confiance. Le simple fait d'enfiler la capote, et hop ! c'était fini. Et pas question de m'enfiler sans capuchon. Alors j'ai attendu de me confier à un homme, un vrai qui pourrait faire de moi une femme, une vraie.

Ça s'est présenté avec l'amant de ma mère.

Qui était aussi mon prof de math !

C'est l'année de mes seize ans, un peu avant, disons quinze ans et demi. J'étais en seconde et Joël habitait dans le même immeuble que nous : lui au second, nous au quatrième. Ma mère, qui travaillait au lycée tout proche comme secrétaire, avait fait sa connaissance deux ans plus tôt, et elle allait baiser chez lui, assez souvent. Parfois, c'est lui qui passait la nuit à la maison. Il était célibataire et assez porté sur la baise. Maman était sa favorite, mais pas la seule femme qu'il sautait !

Il me plaisait aussi.

Un jour, j'ai sonné à sa porte, il ne s'est pas méfié, il m'a laissé entrer.

"Qu'est-ce que tu veux ?
—Voilà, je voudrais que vous me fassiez l'amour !"

J'étais gonflée, non ? Oui, en effet,me dit Clem, tu étais gonflée !

"Ça ne va pas, qu'est-ce qu'il t'arrive ?
—Vous baisez bien ma mère, non ? Pourquoi pas moi ?
—Ta mère, d'abord je l'aime, et elle est adulte depuis longtemps. Toi, tu es mineure. En plus, je suis ton professeur ! Sais-tu seulement ce qu'il m'en coûterait, si je me faisait pincer avec toi dans mon lit ?
—Personne ne le saura, il suffit d'être discret !
—Non, ce n'est pas possible ! Si tu as le feu aux fesses, adresse-toi à tes copains. Ils sont en âge de te donner satisfaction, non ?
—Non ! Justement non ! Ils ne savent pas faire. Vous, vous avez de l'expérience... je ne vous plais pas ? Je suis pas moche pourtant, je suis bien faite, non ? Je pourrais vous faire bander, vous savez !
—Là n'est pas la question ! Josiane, la réponse est non.
—Bon, alors, je vais le dire à ma mère.
—Qu'est-ce que tu vas dire à ta mère ?
—Que vous couchez aussi avec la prof d'histoire !
—Qu'est-ce que tu racontes, il n'y a que ta mère qui m'intéresse !
—Je sais que c'est faux ! Il y a la prof, le jeudi, chez elle, et il y a aussi, la fleuriste du 1er, le vendredi après-midi, chez vous, quand son mari vient prendre la relève. Je le dirai à ma mère que vous aimez tant. Ça va lui faire plaisir, sûrement.
—Sale petite peste, tu ne diras rien, n'est-ce pas ?
—Si, je le lui dirai, si vous ne faites rien pour moi."

Et je suis partie.

Le surlendemain au lycée, c'était un mercredi, il m'a dit, en douce, "passe me voir tout à l'heure, à 3 heures ; sois discrète, la porte ne sera pas complètement fermée, ne sonne pas, et entre seulement s'il n'y a personne dans l'escalier."

Et voilà, j'avais gagné !

Clem dit en riant : "c'est ma foi vrai que tu étais une peste, dis donc !
—C'est vrai, sauf que je n'aurais rien dit, mais ça, il ne pouvait pas le savoir. Je n'aurais rien dit pour ne pas faire de peine à ma mère ; parce que je pensais qu'elle avait bien le droit de prendre son plaisir avec ce type. Elle l'a d'ailleurs appris qu'il baisait aussi d'autres femmes qu'elle, mais c'est vrai que c'est ma mère qu'il préférait : ils sont restés ensemble longtemps après que d'autres femmes aient remplacé la prof d'histoire, la fleuriste et moi-même. Ce type avait besoin de plusieurs femmes en même temps : la favorite et les occasionnelles... "

J'ai été l'une de ces occasionnelles, pendant un an et demi tout de même : jusqu'à mes dix-sept ans ; après mon bac, je suis allée à l'école nationale des bibliothèques, à Lyon (l'ENSSIB), et j'étais devenue grande, et je couchais, avec qui je voulais, sans me cacher, avec la bénédiction de ma mère d'ailleurs. Je lui ai dit, plus tard, que son ami Joël m'avait dépucelée et appris à baiser. Ça l'a amusée. Elle m'a seulement dit que j'avais fait le bon choix, car c'était, selon elle, un excellent baiseur.

Clem, impatiente, me demande : "Comment ça c'est passé ?"

Tu ne peux pas savoir comme j'étais paniquée ! Pour me calmer, je me suis fait une toilette soignée, j'ai mis des sous-vêtements propres, un collant (un truc que j'ai ensuite évité de mettre pour aller baiser, tellement c'est malcommode !), un ticheurte bien moulant et une jupe vraiment très mini. Des escarpins à talon assez hauts empruntés à ma mère !

Je suis entrée chez Joël comme prévu ; il m'attendait, en peignoir de bain, lui aussi ayant fait toilette. Il m'a entraînée sur son canapé et a commencé tout de suite à me prendre dans ses bras, à m'embrasser et à me peloter. Cette langue dans ma bouche ! Quel plaisir ! Il me dit "mais, oui, en effet, ils sont mignons tes nichons : si tu me les montrais ?" Le ticheurte envolé, il m'ôta lui-même mon soutien-gorge, en murmurant "c'est-y pas dommage de les emprisonner là-dedans !" Aussitôt sa bouche se promena sur mon cou, mes épaules, mes nichons, justement. Voilà, me dis-je, comment un homme expérimenté sait caresser une femme.

Il acheva ensuite de me dévêtir, puis il ôta lui-même son peignoir, sous lequel bien sûr il était nu : son sexe était déjà gonflé ; et il commençait à le brandir. Je ne pus m'empêcher de me mettre à genoux et de le prendre dans ma bouche.

"Wahou, fit-il en riant, mais c'est qu'elle sait déjà y faire la petite salope". Sa bite devenait, sous mes caresses, dans ma bouche, très longue et surtout très grosse. Je suis sûre que je n'avais encore rien vu de pareil. J'ai caché ma peur, mais je me suis demandé comment il allait la rentrer sans me faire mal.

Je lui ai dit quand même, "comme elle devient grosse, votre queue !
—C'est pour mieux te baiser, mon enfant. Alors, comme ça, tu es vraiment encore pucelle ? Et tu voudrais que je fasse de toi une femme ? Rien de plus facile, ni de plus plaisant pour moi. C'est vrai que tu es un bien joli petit lot ! Et tu me fais bien bander... Elle est grosse, tu trouves ? Plus grosse que celle de tes copains ? N'aie pas peur, elle ne te fera pas mal. Quand tu seras prête, elle glissera toute seule !"

Et il a eu raison. Il a mis longtemps avant d'en arriver là ! Il m'a baisoté de partout, passer la main sur les fesses, introduit un doigt dans l'anus, léché la chatte, malaxé le kiki, glissé deux, peut-être même trois, doigts dans la fente : j'avais déjà joui deux ou trois fois, j'étais inondée : il a dit, voilà, c'est le moment ! Et il a enfilé sa capote avec une dextérité que j'ai admirée et sans me laisser lanterner alors qu'il m'avait donné une envie folle d'être pénétrée par cet énorme sexe violacé.

Et, en effet, il m'a prise tout délicatement, par derrière, sur le bord du lit, en me soulevant par les hanches. Sa queue a glissé en moi, il y a eu une petite résistance, qui a cédé sous la douce pression de son dard, sans même me faire vraiment mal.

Il m'a dit : " Voilà, c'est fait. Ça va ? Je peux continuer ?
—Oui, vas-y, ça va."

Et il a terminé son affaire, doucement, sans forcer dans ses allers-retours. J'ai à peine saigné.

Il m'a dit : "Bravo ! Voilà une nouvelle femme ! Si tu le veux, reviens me voir, je t ‘apprendrai à baiser, à prendre du plaisir.
—Quand ?
—Mais dans une semaine, par exemple, quand tu auras cicatrisé ce petit bobo, nous pourrons commencer. Mais il faudra que tu reviennes ensuite encore car il faut du temps pour qu'une jeune femme prenne son pied."

Ça n'a pas demandé tellement de temps, mais je suis revenue régulièrement jusqu'à ce que je parte pour Lyon. Nous avons passé de très bons moments tous les deux. Et pendant ce temps, j'ai eu aussi d'autres aventures, avec des hommes plus jeunes que lui, mais pas du tout aussi expérimentés.

Je crois même que si le sexe a été notre principale activité, ça n'a pas été, à la longue, sans qu'une vraie tendresse se noue entre nous. Pour maman, il était temps que ce commerce prenne fin.


Par MORE - Publié dans : Une vie ordinaire
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Samedi 10 janvier 2009
-I- Denise Monfort

« À trente ans, j'occupe une position “enviable“ dans les matériaux composites utilisés, notamment, dans le domaine spatial, à Bordeaux, mais, en ce qui concerne sexe et sentiments, je suis obligé d'avouer un constat d'échec retentissant : je n'ai pas réussi à vivre plus de six mois avec la même fille ! »

C’est ainsi que se présentait Martin Bayard dans « Brève rencontre » une précédente histoire dans laquelle il faisait, croyait-il, la conquête de Lola. Depuis, il n’a eu que des liaisons occasionnelles qui ne se sont pas toujours bien terminées comme en témoigne « Pauvre pécheur baisé », où on le retrouve, bien qu’il ne soit pas nommé.

Ce pauvre garçon erre de femme en fille sans jamais se fixer, et en ayant tendance de viser toujours plus mal. Câline et Perrine, ses dernières « conquêtes », se sont moquées de lui de belle façon alors qu’il croyait être maître de la situation.

Il décida de réagir en cherchant désormais à séduire des femmes mariées—réputées, selon lui, insatisfaites!—en commençant par les épouses de ses collègues de travail, qui, au moins celles qui restent au foyer, s’ennuient à mourir entre la vie quotidienne à assurer pour les enfants et le mari et les dîners plus ou moins mondains à fréquenter ou à préparer…
 

Denise Montfort, la femme du DRH de sa “boite“, la SOPRO—Société Occidentale de PROpulsion—, est la première dans la longue liste des femmes plus « mûres » qu’il mit dans son lit.

En réalité, il triompha sans gloire, car elle était constamment assoiffée de chair jeune et nouvelle… C’est elle qui l’embobina dès la première soirée où ils se rencontrèrent.

C’était à un repas chez le PDG, ennuyeux au possible, où Montfort se montra particulièrement fier de l’exhibition sexy de sa moitié. 

Elle a au moins dix ans de plus que lui, mais elle est très bien entretenue, a un physique agréable, notamment une avant-scène et des hanches voluptueuses, celles-ci étant prolongées vers l’arrière par un vrai cul de vedette.

Le tout était bien souligné, ce soir-là, par une robe noire très moulante et pourvue d’un décolleté vertigineux. La brève longueur de ce vêtement, bien que tout à fait correct eu égard à la mode en cours, mettait en valeur de façon quasi irrésistible les longs fuseaux de ses cuisses.

Lorsqu’elle se laissa aller à s’asseoir dans les profondeurs moelleuses d’un canapé au moment de l’apéritif, Martin, qui se trouvait juste en face d’elle ne put que s’enflammer à la vue des attaches de ses bas, largement découvertes malgré les  efforts de Madame Monfort à retrouver une décence minimale en tirant vainement sur sa robe. Comme, se faisant, elle dut écarter un peu les cuisses, il lui plut  d’apercevoir en outre les frisottis roux d’une chatte découverte.

À ce moment, il capta, en un éclair, un regard de la belle surveillant le gonflement de sa braguette. Il sut alors qu’il y avait là une partie à gagner.

Au même moment, il remarqua le sourire amusé d’Amélie, la femme de Raoul Riffaut, son chef direct, assise aux côtés de Denise, qui elle était absolument décente, car portant pantalons, mais tout aussi séduisante, quoique dans un autre genre que Denise.

Entre Amélie Riffaut et lui, s’échangèrent des regards complices, qui lui apprirent que rien, non seulement rien ne lui avait échappé, mais qu’en outre, Amélie n’était pas sans éprouver de l’intérêt pour lui !

Le hasard ou quelque diable aussi s’y substituant, fit que Martin se trouva placé, à table, entre Denise, à sa gauche, et Amélie, à sa droite. Denise, sentant peut-être le danger, eut la précaution de presser sa jambe contre celle de Martin, avant qu’Amélie n’approcha la sienne. Martin eut, ce soir-là, la prudence de répondre plus ardemment à la première, sans toutefois complètement négliger, loin de là, la seconde qui était elle aussi un morceau de choix à maintenir au feu.

Avant la fin du repas, il savait qu’il pourrait compter sur les deux. Il réussit, une fois, au moment où un serveur l’obligea à se serrer contre Denise, à glisser sa main dans l’entrejambe humide de sa voisine ; celle-ci, pour convenir de son approbation, enserra sa main entre ses cuisses l’espace d’un instant. Sur sa droite, il fit savoir à Amélie, par la pression furtive d’une main sur sa cuisse qu’il n’était pas insensible à ses avances.

Le lendemain, il reçut de Denise, au bureau, sur son ordinateur un message ( à effacer aussitôt ) lui donnant rendez-vous le soir même, à 21 heures à l’Hôtel Mercure du Lac. Il devait lui-même y retenir une chambre, et en communiquer par SMS le numéro, vers 20 heures, sur le portable de Denise. Intrigué, Martin fit une petite enquête discrète du côté du secrétariat du DRH, en demandant un rendez-vous pour la fin de l’après-midi. Il vérifia ainsi que Montfort partait dès le début de  l’après-midi et ne serait pas de retour à la boite avant le surlendemain.

Le même jour, c’est lui qui prenait l’initiative d’appeler Amélie Riffaut. Celle-ci lui demanda : « Quel bon vent vous amène, Monsieur Bayard ?
—Eh, bien, chère Madame, je ne vous cacherais pas plus longtemps mon vif désir de faire plus ample connaissance…
—Diable, comme vous y allez ! Et qu’est-ce qui vous dit que je partagerais ce vif désir ?
—Voilà qui est difficile à dire ! Est-ce que cela vous irait si je vous confiais que c’est une certitude  que ma raison ne saurait expliquer?
—Vous êtes audacieux mon cher, mais vous avez gagné : que me proposez-vous ?
—Mais c’est très simple, Amélie—vous me permettrez, n’est-ce pas cette familiarité ?
—Oui, Martin, allez-y, proposez !
—Eh bien, Monsieur Riffaut, il me semble, s ‘absente pendant presque toute la semaine prochaine pour aller à une importante réunion en Californie ; nous pourrions peut-être nous retrouver chez moi, un soir ou l’autre, non ?
—Je vais y réfléchir, Martin ; donnez-moi un n° discret où vous rappeler. »

Il lui donna celui de son portable.



Le lendemain, à l’heure dite, il referma la porte de la chambre 333 de l’Hôtel Mercure, après avoir fait entrer Denise Montfort. Elle était vêtue sobrement, pour ne pas se faire remarquer, sans doute, d’une gabardine beige foncée et d’un chapeau de pluie d’autant plus justifié qu’il pleuvotait ce soir-là. Mais, sous le « masque », quelle splendeur : minijupe rouge écarlate, bas noirs, un haut blanc cassé dégageant sa superbe poitrine pigeonnant par la grâce du soutien-gorge que Martin s’empressa de révéler en enlevant le ticheurte.

Martin se délecta en la déshabillant :  le soutif pour libérer deux seins majestueux, lourds dans ses mains, mais ayant cependant encore une excellente tenue ; la jupe fut bientôt à terre, dégageant simplement un modeste porte-jarretelles qui ne cachait en rien une touffe frisottée aussi rousse que sa chevelure. Il ne jugea pas nécessaire, pour l’instant, d’aller plus loin : Denise Monfort en porte-jarretelles, bas et escarpins noirs était parfaitement excitante, et il était pour lui temps de se dévêtir pour rendre la liberté et son sexe bandé.

Denise lui dit : « Mon cher, je devrais vous quitter à minuit, mais d’ici là je veux que vous me baisiez avec tout ce que j’attends de vous : doigté, vigueur et empressement, c’est-à-dire en donnant tout de vous mais en vous contrôlant. Faites-moi jouir, sans lésiner. J’aime tout, même la sodomie. Voici un martinet, car j’aime être fouettée. J’aime aussi les postures acrobatiques. Ne me privez de rien. »


Denise ne fut privée de rien et après son départ, vers une heure et non minuit. Martin, lessivé, s'endormit comme une masse...

En arrivant au boulot, il trouva un message, d'une inconnue, mais qui ne pouvait être que Denise utilisant un pseudo et une adresse spéciale. Il lut:

"Mon ami, tu bandes et tu baises comme un bon étalon, mais pour les acrobaties, il faudra t'entraîner. Je te proposerai, dès que possible un parcours de repêchage. Tu as besoin aussi de te perfectionner en sodomie: tu devrais voir quelques véritables sodomites pour te rendre compte par toi-même de ce que j'en attends. Mais au total c'est bien. À propos, tu as raison de faire du rentre dedans à cette chère Amélie. Elle a vraiment besoin de se dégourdir un peu. Quand tu l'auras bien déniaisée, ce ne serait pas mal de prévoir quelques soirées à trois. J'espère que mon cher et tendre qui vise un poste plus intéressant au siège parisien va multiplier ses déplacements pour nous laisser le champ libre. Merci, et à bientôt. Mes compliments à Amélie quand tu la sauteras la semaine prochaine."

La garce! se dit Martin, elle en sait plus que moi, sur les intentions d'Amélie...
 

-II-En avant vers Amélie Delmas.

Déçu par sa difficulté à établir des relations durables avec ses amies de rencontre, Martin Bayard décida d’assouvir désormais sa virilité en séduisant des femmes mariées ( cf billet précédent).
 
Denise Montfort, l’épouse du DRH de sa “boite“, la SOPRO, est la première dans la longue liste des femmes qu’il projeta de  mettre dans son lit.

En réalité, il triompha sans gloire, car c’est elle qui l’embobina dès la première soirée où ils se rencontrèrent, et même bien davantage qu’il le soupçonna, après sa première nuit avec elle. Trois jours plus tard, elle se fit donner, à nouveau, un rendez-vous dans un hôtel de la périphérie de la ville, et ce fut encore une soirée débridée, pendant laquelle les postures acrobatiques et la sodomie fut le principal du menu.

Elle lui recommanda à nouveau, avec insistance, de séduire Amélie Riffaut, la femme de son chef de labo, pendant l’absence de celui-ci, et de la lui amener ensuite pour une partie à trois. Mais Martin se jura de ne plus se laisser entraîner par Denise qu’il trouvait par trop envahissante.

Il relança donc Amélie qui n’avait pas encore répondu à ses avances, alors que Riffaut, s’apprêtait à partir aux Etats-Unis pour une semaine.



« Bonjour, je me permets de vous rappeler, Amélie. Je suis Martin Bayard.
—Oh, c’est vrai, je devais vous rappeler pour régler cette question de rideaux. Veuillez  m’excuser Monsieur Marty. Est-ce que je peux vous rappeler un peu plus tard, car maintenant je suis occupée ?
—Mais bien sûr, chère Madame, je compte sur vous. »

Plus tard, en soirée, elle l‘appela sur son portable.

« Voilà, mon mari est parti pour Paris et de là il s’envolera pour Los Angeles. J’ai tout mon temps. Vous pensez toujours que nous pourrions nous rencontrer ?
—C’est mon plus cher désir, Amélie.
—Est-ce bien raisonnable, Marin ? N’avez-vous pas déjà une liaison avec Denise Montfort ? Oui, n’est-ce pas, c’est bien vrai, ce n’est pas une rumeur ?
—Une rumeur ? D’où proviendrait-elle, cette rumeur ?
—Mais tout simplement d’elle-même, de Denise. Elle ne se priverait pas de le faire savoir. C’est Nicole Bouchard, l’épouse du DG de la SOPRO, qui m’a dit cela tout à l’heure. Nous sommes très amies depuis longtemps, c’est elle qui était chez moi lorsque vous m’avez appelée, cette après-midi. Elle n’est pas cancanière, pas du tout, je puis vous l’assurer ! Donc je pense que c’est vrai.
—C’est vrai, mais c’est terminé, c’était une simple passade. Avec vous, je souhaite une relation  sérieuse.
—Sérieuse ? Voyez-vous ça !
—Oui, tout à fait ! J’ai le sentiment que nous pouvons nous entendre. Vous n’êtes pas heureuse avec Riffaut, je le sens.
—Je ne sais pas d’où vous tenez cela, mais, en admettant que ce soit vrai, pourquoi pensez-vous que je veuille tenter ma chance avec vous ?
—Parce que je suis, comme vous, disponible pour une relation tendre et sensuelle et que je ne vous déplais pas.
—Vraiment ? Parce que je n’ai pas fait de scandale l’autre jour, parce que j’ai feint d’accepter vos attouchements grossiers, vous pensez que je suis prête à accepter davantage, à souhaiter, même, une relation avec vous ?
—Oui, Amélie, je le pense, j’en suis sûr, même. Tenez, dînons ensemble, demain, par exemple, et nous verrons bien. Le voulez-vous ? 
—Vous êtes pugnace, Martin ! Heureusement pour vous qu’une amie m’a dit du bien de vous ! Alors, oui, j’accepte.
—Une amie ? Quelle amie ?
—Lola Machado, vous vous souvenez d’elle, non ?
—Oui, en effet, elle m’a parlé d’une Amélie Delmas, de Bordeaux, comme elle. Elle devait vous rencontrer quand elle est venue en septembre. Est-ce vous ?
—Oui, tout à fait, c’est moi, nous étions ensemble au lycée et à la fac… »

Que la France est petite, pensa-t-il !

Sur un ton plus détendu, ils discutèrent d’un lieu de rendez-vous.  Martin proposa de prendre une chambre au Mercure du Lac et de commander un repas en chambre. « Ou encore, si vous préférez, chez moi, en commandant un repas chez un traiteur de ma connaissance.
—Chez vous ? Non, vous n’y pensez pas sérieusement, et vos voisins, qu’est-ce que vous en faites ? Et les cancans ? Non, à l’hôtel, c’est mieux. Je vais retenir une chambre à votre nom, pour Mme et M. Bayard. Je me ferais passer pour votre secrétaire. Demain soir, à 20 heures. Je vous téléphonerai avant de monter pour connaître le n° de la chambre. »

C’est dans la poche, se dit Martin. « Elle est vraiment futée, et mordue, la suave Amélie. Qu’à bien pu lui raconter Lola en ma faveur pour qu’elle se laisse aller si facilement ? Et que cache cette histoire de Denise ? Que veut-elle faire croire, quel rideau de fumée veut-elle tirer en  déclarant elle-même avoir, elle mariée au DRH de la SOPRO de Bordeaux, une relation avec un employé de la société?"



-III- Érotique Amélie…

Martin arriva un peu avant huit heures, et Amélie une demi-heure plus tard. Le hasard voulut que la chambre qui lui fut attribuée soit encore la 333 ! Martin se demanda si c’était de bon ou de mauvais augure, sans se décider pour un parti ou pour un autre ; puis il n’y pensa plus dès qu’Amélie se présenta. Elle était dans toute sa beauté…

…vêtue d’une longue chemise vague en soie grège, tombant sur un caleçon bleu clair. L’ensemble convenait bien à sa silhouette fine et gracieuse dépourvue, toutefois, de rondeurs féminines très apparentes.





Plutôt grande, Amélie était fort brune, avec une peau d’une belle teinte mordorée, comme si elle avait du sang indien. Cette particularité s’expliqua lorsqu’il apprit, dans la soirée, qu’elle était originaire de la Réunion, par sa mère. Son visage, encadré d’une chevelure noire, à peine ondulée, coupée droit au niveau du menton, était plus ovoïde que rond. Il se caractérisait par des pommettes saillantes, un nez droit et court, de belles et larges lèvres sensuelles et, suprême curiosité, des yeux  d’un bleu marine profond. Ce regard exprimait naturellement   douceur et sensualité, mais pouvait aussi laisser percer une pointe d’humour, voire, parfois, de colère et même de fureur.



Martin se sentit fortement attiré par cette femme un peu mystérieuse qui se laissa tout de go embrasser et supporta avec grâce et même un plaisir évident, d’emblée, les mains de son hôte sur les parties intimes de son corps, qui n’était pas aussi plat qu’il l’avait cru.

Elle se laissa aussi dévêtir sans réticence, et, une fois nue, entreprit à son tour de libérer Martin de son carcan  vestimentaire.

Ils passèrent ensemble sous la douche et, en grande hâte, comme poussés par un désir extrême, ils firent l’amour debout dans la salle de bain, sans autres préliminaires. Ensuite, ils passèrent dans la chambre, et le premier feu étant calmé, ils prirent le temps de s’explorer.

Assise au bord du lit, Amélie attira Martin debout devant elle, le sexe dressé, encore enrobé de leurs sécrétions mêlées, le prit dans ses mains, puis dans sa bouche, avec précaution et lenteur, jusqu’à l’amener au bord de l’éjaculation. Puis, elle s’allongea, offrant sa chatte au visage et à la bouche de son partenaire qui s’agenouilla entre ses cuisses écartées.

Lorsqu’elle fut prête à son tour, elle l’attira en elle, enserrant les reins de Martin entre ses cuisses et ses jambes repliées et, de ses mains, tirant sur ses fesses pour amener sa hampe bandée au fond d’elle-même. Ils savourèrent un moment, en restant presque immobiles,  cette intense pénétration, puis ils s’engagèrent dans une chevauchée endiablée pleine de bruits et de fureur, vers un orgasme puissant et synchrone.

Lorsque l’extase retomba, ils ne s’étaient pas encore adressé la parole!  Amélie, alors, fit remarquer : « Ne m’avais-tu pas invitée à dîner ? » Martin sourit et appela le service de la restauration en chambre pour commander à manger et à boire. En attendant, Amélie évoqua sa jeunesse et son amie Lola, qu’elle admirait car elle eut le courage  d’afficher son amour pour Célia.

« Mais, je dois avouer, à ma grande honte, que je fus longtemps jalouse de cette fille qui me souffla Lola en débarquant au lycée, arrivant de je ne sais plus où. Et j’en ai voulu à Lola dont j’étais secrètement très amoureuse. Sans savoir, d’ailleurs, ce qu’était l’amour entre filles…»

Quand vingt minutes plus tard, ils entendirent le bruit d’un chariot approchant, elle passa dans la salle de bain, tandis que Martin, le zob encore à demi érigé, enfila vite un peignoir de bain pour recevoir le serveur.


Lorsqu’elle reparut, toujours nue, Martin ne put s’empêcher d’admirer ce corps aux longues cuisses fuselées qui se fondaient en des hanches étroites. Ce corps aux rondeurs certes modestes, mais ô combien ! harmonieuses.

Deux petits nichons ronds bien fermes, avec de longs tétons érectiles jaillissaient  du centre d’aréoles mauves. De l’autre côté, deux petites fesses également rondes, et musclées, rétablissaient  la symétrie ou, plutôt l’équilibre d’un corps que l’on aurait pu croire quasiment impubère, n’était la motte saillante, couverte d’un fin duvet noir, surplombant une fente aux grandes lèvres épaisses.

De la fleur des petites lèvres, fines et rose foncé, s’écoulaient comme des gouttes de rosée…

Il fut repris d’une grande envie de la pénétrer. Il l’enlaça, la baisota un peu partout, mais elle l’écarta en disant : « J’ai faim ! Je veux manger et boire avant de remettre ça ! »

Foie gras, saumon fumé, salade, un bon champagne bien frais… « Voilà de quoi reprendre des forces ! » claironna Amélie, déjà ivre avant même d’avoir bu !

Il s’était remis à nu, et voyant sa queue se redresser à nouveau, elle ne put, à la longue, résister, mutine, à la tentation de l’enduire du foie gras restant, pour avoir prétexte à la sucer à nouveau. Cette fois, elle lui fit une fellation complète, et dégusta sa crème avec une lampée de champagne. « Wouah ! C’est très très bon, voilà une fameuse recette de coquetèle ! » fit-elle les yeux brillants.

Et ce fut l’occasion de nouveaux ébats, de halètements, de chuchotements, de cris orgasmiques, d’extase…Ils mangèrent, burent et baisèrent. Ils baisèrent, burent et mangèrent. Ils ne se lassaient pas de ces plaisirs, s’assoupissant parfois, enlacés. 

Amélie se révélait comme une amante bien différente de Denise: elle acceptait les caresses et les positions dont Martin la gratifiait, sans exiger des acrobaties plus exotiques que confortables ; tendre, lascive, jouissant facilement, elle se plaisait dans ces ébats gratifiants.

Clouée par le sexe puissant de Martin, elle était heureuse :

« Rien à voir avec les exhibitions laborieuses de ce pauvre Raoul qu’exigeait, selon lui, le devoir conjugal qu’il se croyait obligé de me rendre de temps en temps, quoique de plus en plus rarement, depuis que je fais chambre à part ! » pensait-elle en se réjouissant d’avoir osé répondre aux avances de Martin.

« Pourquoi diable m’a-t-il épousée au lieu de se consacrer uniquement à Denise ? Est-ce simplement pour avoir une attitude symétrique de la sienne, afin de masquer leur étrange commerce ? Et elle, Denise,  pourquoi s’en est-elle prise à Martin, fomentant elle-même la fuite de la rumeur ? S’agit-il, là encore de brouiller les pistes au moment où son mariage avec Monfort menace de se rompre, maintenant que celui-ci a fini par comprendre, comme moi, ce qu’il se passait entre Denise et Raoul ?

« Est-ce que je dois avertir Martin de la situation ? Ne va-t-il pas se déprendre de moi, croyant sa position à la boite compromise ? C’est que ce type me plait, j’ai envie qu’il me baise encore—il baise si bien, comme me l’a confié Lola !

« J’ai envie qu’il s’éprenne de moi, au moins quelque temps. J’ai envie, enfin, d’un homme qui me fasse l’amour avec désir et tendresse. Je dois le mettre au parfum, afin qu’il ne saute plus Denise. Je dois lui faire comprendre qu’il ne risque rien de Raoul, ni de Denise, s’il sait la vérité. »








-IV- Révélations et embrasements sensuels…


Jusqu’à l’aube, ils alternèrent baise et courts moments de sommeil, puis, enfin, ils s’endormirent, épuisés. Vers neuf heures, ils s’éveillèrent et pendant le petit-déjeuner, Amélie  proposa à Martin :

« Veux-tu me rejoindre dans ma maison de Cap Ferret ? Elle est à l’écart, et à cette saison, il n’y a pas beaucoup de monde, nous serons tranquilles. Je vais passer chez moi, me changer, puis faire quelques achats pour compléter ce qu’il y a sur place. Tu pourrais me rejoindre plus tard, par le bateau de midi et demi ou d’une heure, peut-être. Je vais te faire un plan, tu trouveras facilement. Nous allons passer un week-end de rêve, entre le lit et les promenades sur la plage ou dans la forêt, non ? »



Elle prit un bain et partit sur un baiser tout doux. Il la retint pour lui demander :

« Il faudrait m’expliquer ce qu’il se passe avec Denise Monfort : pourquoi fait-elle savoir qu’elle a couché avec moi ? Sais-tu qu’elle tenait absolument que je te séduise, et que je t’amène ensuite à accepter une partie à trois, avec elle !
—Ah bon, c’était ça sa combine ? Quelle garce ! Tout s’éclaire ! Ne t’en fais pas, je vais t’expliquer ça tout à l’heure. Mais j’espère tout de même que ce n’est pas pour lui plaire que tu m’as relancée ?
—Non, j’ai beaucoup de défauts, mais je ne suis pas un salaud. Amélie, j’avais vraiment envie de toi, et j’étais déterminé à ne plus coucher avec cette cinglée. Avec toi, je suis bien. Et je me sens plein de tendresse pour toi.
—Bon, alors ça va, je te fais confiance, mais surtout ne me déçois pas… Je vais te faire une confidence qui est de fait un commencement d’explication : le nom de jeune fille de Denise Monfort est Riffaut.
—Tu veux dire que ton mari et Denise sont parents? Cousins, ou frère et sœur ?
—Mais oui ! Réfléchis maintenant… »


Martin prit la navette d’Arcachon au Cap Ferret à 13 heures. Sans difficulté, il trouva la maison d’Amélie, en fait un chalet bas, planté sur la côte ouest, mais adossé, et même jumelé  à un blockhaus de l’ancien  “mur de l’Atlantique“, et ainsi abrité par lui. Une construction vraiment curieuse.

« C’est l’œuvre de mon père » dit-elle en le faisant entrer dans la grande salle des canons  transformée en salle de séjour éclairée par les ouvertures longues, mais étroites, maintenant fermées par des vitres épaisses capables de résister aux coups de vents furieux qui balaient parfois cette côte peu élevée. Grâce aux travaux effectués, cette lourde masse de béton est restée à peu près d’aplomb, contrairement à nombre de ces ouvrages défensifs qui se sont enfoncés dans les sables, parfois même en basculant, sous l’assaut des vagues.

Sous la salle, l’espace a été compartimenté pour y ménager des resserres de rangement et une cave à vins, très saine et bien pourvue de bonnes bouteilles. Le chalet lui-même abrite chambres, salles de bain et cuisine. Sur le toit du blockhaus, une terrasse doit être  débarrassée fréquemment  du sable qui s’y accumule. Comme tout le pourtour de l’édifice.

« Raoul vient rarement ici, et je m’en occupe seule, grâce aux quelques rentes que j’ai héritées de mes parents. Mon père était membre, en tant que Delmas, de la grande bourgeoisie bordelaise et m’a laissé quelques biens, dont cette maison. C’est là que je me réfugie seule, ou avec des amies, ou, comme aujourd’hui, avec mes amants.
—Tes amants ? Vraiment, tu as beaucoup d’amants?
—Non, pas tant que ça, de temps en temps, je m’offre un amant, mais en général, ce sont plutôt des amantes.
—Ah, je comprends, ton amitié avec Lola, et aussi pourquoi Denise voulait que je te convainque de faire une partie à trois : elle est bisexuelle, comme toi.
—Erreur complète, mon cher ! D’abord, je n’ai jamais couché avec Lola, et Denise ne sait pas que parfois je baise avec des femmes, et je ne pense pas que cela lui arrive. Non, elle veut simplement me compromettre avec toi, pour avoir prise sur nous deux, de peur que le scandale finisse par éclater, et pouvoir mener tranquillement sa vie sexuelle  avec Raoul, son frère.
—Avec son frère ?
—Mais oui ! Son frère ! Ils sont amants depuis toujours ! C’est pour avoir un alibi qu’ils se sont mariés. Monfort s’en est aperçu depuis peu, sans doute ; et a fini par le lui dire. C’est pour cela que finalement il veut divorcer et quitter la boite. Moi aussi je le sais, et depuis bien longtemps, mais je m’en fous, si on me laisse vivre à ma guise. Et je n’ai pas l’intention de provoquer de scandale : ainsi, tu peux être sûr que Denise est partie, ou va partir, rejoindre Raoul à son prétendu congrès.
—Bon, en effet, c’est une salope ! Et je me suis bien fait avoir…Mais dis-moi, ai-je bien compris ? Je serais un de ces amants que tu t’offres de temps en temps, non ?
—Oui, tu peux penser cela, et en un sens, c’est vrai…Sauf que je sens entre nous, en plus du plaisir que nous avons d’être ensemble, en plus de cette superbe sensualité que nous avons su faire émerger, comme un flux de sentiments que je ne sais encore comment nommer, mais qui me laisse espérer beaucoup plus qu’un simple corps à corps au demeurant très gratifiant.»


Ils déjeunèrent puis, comme le temps s’y prêtait, ils allèrent marcher, main dans la main, ou enlacés, sur la plage, en se dirigeant vers la pointe du cap. Bien que ce soit samedi, il y avait peu de promeneurs : on était tout de même à la mi-novembre.

Au couché du soleil, dont ils observèrent la dernière phase de la salle de séjour, Martin, la serra dans ses bras, adossée à lui,  ses mains caressant doucement les seins d’Amélie : bientôt celle-ci sentit Martin bander contre ses fesses. Tout en se frottant malicieusement contre lui, elle proposa : « Roudoudou s’ennuie, viens le mettre dans le velours, allons au lit. »

Et ce fut à nouveau une grande fête du sexe : elle commença par le sucer, longuement, lascivement, faisant durer, durer cet immense plaisir de l’homme dans la bouche de la femme : bientôt, il ne fut plus maître de lui et son foutre jaillit sur les lèvres, la gorge et les seins d’Amélie. De ce lait de beauté intime, il lui massa les seins. Puis  Martin se glissa entre les cuisses de sa belle afin d’aller laper le miel de Chypre qui coulait d’abondance de son calice velouté.

Il la fit s’agenouiller sur le lit et la pénétra en levrette ; lentement, tout en lui massant le kiki, jusqu’à ce qu’elle hurle de plaisir.

Mais il se réserva pour un autre coït. Il se mit sur le dos et la fit s’empaler sur son chibre dressé en lui laissant l’initiative du branle à imposer à leurs corps emmêlés, pour atteindre les sommets du plaisir sensuel.


Jusqu’au lendemain soir, ils ne quittèrent guère la chambre que pour quelque repas ou quelque promenade. Ils étaient bien ensemble et entendaient jouir à plein de cette communion, de crainte peut-être de ne pas retrouver ce bien-être s’ils en rompaient le charme en rentrant à Bordeaux affronter les tracas quotidiens.

En se quittant sur le quai de départ de la dernière navette, ils se promirent de se retrouver chaque  soir de la semaine pour arrêter ensemble ce qu’ils feraient après le retour de Riffaut annoncé pour le  samedi  ou le dimanche suivant. Vont-ils s’entendre pour un développement durable de leur liaison ?


-V-  Amours tempétueuses ?



Martin et Amélie passèrent ensemble chaque nuit de la semaine, et le vendredi soir, ils repartirent pour Cap Ferret.  L’entente physique entre eux deux prit de plus en plus de consistance et ils en éprouvaient une profonde reconnaissance l’un pour l’autre. Amélie connut très vite les petites gâteries qui rendaient Martin euphorique et l’incitaient à prendre lui-même grand soin, avec dévotion, des caresses qu’Amélie appréciait le plus. Il faut dire que la grande expérience de Martin rendait, aux yeux d’Amélie, son savoir-faire incomparable. Il savait bien, justement, que chaque femme est comme un instrument de musique qui a besoin de se faire aux mains de qui en joue, et que toutes ne réagissent pas de la même façon : il eut le bonheur d’apprendre vite et bien à jouer du corps d’Amélie.


En début de semaine Monfort appela Amélie :

« Amélie, bonjour, c’est Monfort.
—Bonjour Daniel. Comment ça va ?
—Pas très bien. Es-tu au courant pour Denise et Raoul ?
—Au courant de quoi ?
—Qu’ils couchent ensemble depuis toujours ?
—Oui, je le sais, depuis longtemps.
—Tu sais ça depuis longtemps ! Et tu ne m’en as jamais dit un mot, à moi ton beau-frère ! Et tu continues à vivre avec lui !
—Je n’avais aucune raison de t’en parler. Pourquoi me mêler des affaires de votre couple qui semblait bien fonctionner en dépit des écarts de Denise que tu donnais l’impression de tolérer, que ce soit avec Raoul ou avec un autre ? Dernièrement encore, chez Bouchard, tu l’as laissée s’exhiber en tenue hyper sexy, notamment face à Bayard qui s’est délecté, oui absolument, je l’ai bien remarqué à la tension de son pantalon, d’une vue plongeante sur sa chatte !!! Je pensais que c’était le résultat d’un accord entre vous, d’un “modus vivendi“. Quant au fait que j’ai  continué à vivre avec Raoul jusqu’à maintenant, pardonne-moi, mais c’est seulement mon affaire.
—Oui, c’est vrai, presque tout ce que tu dis est vrai. Pour la garder, il me fallait transiger. Je sais bien qu’elle baise à droite et à gauche : notamment avec Bayard. Mais, pour ce qui est de Raoul, je ne l’ai appris que récemment…Et elle vient de partir avec lui ! N’es-tu pas choquée par cette relation incestueuse ?
—À vrai dire, je m’en fous complètement ; et d’ailleurs, qui te dit qu’il s’agit d’inceste ? Ils ont été adoptés, rien ne prouve qu’ils soient génétiquement frère et sœur.
—Ah, tu crois ?
—Je ne crois rien, c’est simplement une possibilité. Je n’ai jamais rien demandé et je n’ai pas l’intention de le faire : il y a longtemps qu’il ne se passe plus grand-chose entre Raoul et moi. Chacun vit sa vie comme il l’entend.
—Et bien moi, je veux divorcer, et j’ai l’intention de mettre cette histoire sur la place publique.
—Fais comme tu l’entends, mais je ne te le conseille pas. Tu acceptes que Denise couche ici ou là, et tu vas, tout à coup, faire une histoire parce qu’elle couche avec son (prétendu) frère ? Quelle satisfaction vas-tu en retirer ? Aucune ! Que du ridicule, car on sait que, frère ou pas, ta femme n’est pas fidèle, crois-moi. Divorce si tu veux, cela suffira bien à te rendre ta dignité. Et ensuite, trouve-toi une compagne avec qui refaire ta vie. »

La conversation se poursuivit encore longtemps, sans qu’Amélie soit certaine d’avoir réussie à convaincre Montfort de quitter Denise sans faire de vagues. Elle se dit que, par contrecoup, sa tranquillité et surtout ses relations sensuelles diverses et variées risquaient  bien d’en souffrir…


Sans se laisser inquiéter par cette conversation, Amélie et Martin jouèrent de leur corps sans modération. Ils surent se rendre indispensables l’un à l’autre, à jouir superbement de leur relation : un simple geste tendre, ou l’intonation avec laquelle un mot était prononcé, et, aussitôt, le désir surgissait  d’un côté ou de l’autre, avec une force irrésistible qui les attirait, qui les entraînait dans la fournaise de la fusion érotique. Sans en avoir l’air, Amélie l’entraîna même vers des pratiques qu’avec Denise il n’avait pas tellement appréciées.

Qui plus est, il prit peu à peu conscience qu’un tendre sentiment prenait naissance entre eux. Ce sentiment de bonheur  donna à la sensualité de leurs ébats une plus-value que Martin n’escomptait pas voir surgir de cette relation au départ purement érotique. À sa grande surprise, et sans doute pour la seconde fois de sa vie mouvementée (la première fois, c’était, très brièvement avec Lola), cet érotisme auquel ils s’adonnaient sans complexe, s’en trouvait, en quelque sorte, sublimé. Il eut l’illusion inconsciente,  sans se la formuler clairement, que ce qui se construisait entre eux, c’était l’amour.

Amélie, fine mouche, subodora, d’ailleurs bien  avant lui, dans quel abîme sentimental Martin se laissait sombrer, ce qu’elle espérait bien pour pouvoir l’entraîner dans la tourmente de sa vie sexuelle, osa  tester sa   découverte ; dans la nuit du vendredi, elle lui dit :

« Martin, j’aimerais vivre avec toi.
— Vraiment ?  Tu es sérieuse ? Et moi qui n’osais pas y penser ! Entendu, je te prends au mot.  Quand il sera de retour, que tu l’auras averti, et que nous serons, aussi, au clair avec Denise, tu viendras   t’installer chez moi, chez nous.
— C’est cela, ô mon chéri, oui, c’est ce que nous ferons !»


Le samedi soir, Martin reçut un appel sur son portable. C’était Denise. D’une certaine manière, ils l’attendaient, cet appel et s’étaient mis d’accord sur la réponse à faire. De même que pour Riffaut.

Denise venait aux nouvelles : « Alors beau séducteur, que deviens-tu ?
—Tiens, tu es de retour ?
—Comment ça, de retour ? Je ne suis pas partie ! Je t’ai seulement laissé prendre tes aises avec Amélie…
—Tu étais là, sans répondre ni au téléphone, ni aux mails? J’ai du mal à te croire !
—Je n’ai pas voulu te détourner de ta conquête. J’espère que tu n’as pas oublié notre “deal“ et que nous allons nous faire bientôt une jolie partie à trois…Quand ? Demain soir peut-être ? »
—Tu  parles d’un “deal“  comme s’il y avait  eu entente entre nous. Tu sais bien que ce n’est pas le cas. Cette partie à trois était ton idée, pas la mienne, comme je te l’ai rappelée dans mes mails. Que tu n’as pas lu donc…Parce que tu n’étais pas là, c’est bien ça, non ? Dis-moi où tu étais, tous ces jours. Avec un de tes nombreux amants ? »

Silence embarrassé de Denise qui enfin bredouille :

« Nombreux amants, non mais de quoi tu te mêles ? Oui, j’étais avec un mec comme toi avec Amélie, et après ? »

Puis reprenant l’initiative :

« C’est-elle qui ne veut pas ? C’est ça ? Ne me dis pas que tu n’as pas réussi à la sauter…
—Je ne te dis pas ça, je te dis que je ne veux pas recommencer à coucher avec toi, que ce soit avec Amélie ou seul.
—Et pourquoi donc ?
—Parce que je ne veux plus être ton jouet, et Amélie sait très bien pourquoi tu veux la mouiller, en la mettant, avec moi, dans ton lit alors que tu ne t’es jamais intéressée aux femmes. Elle m’a mis au courant de ta relation de longue date avec Raoul.
—Qu’est-ce que tu racontes ? Je coucherais avec mon frère ?
—Frère ou pas, tu couches avec lui, et ton mariage avec Monfort, comme celui de Riffaut avec Amélie, n’ont jamais servi à autre chose qu’à cacher votre relation. Et comme Monfort a fini par se rendre compte de la chose, le pauvre, tu voulais t’assurer du silence  d’Amélie, en la fourrant dans mon lit, et avec moi dans le tien. Tu pensais ainsi brouiller les pistes. D’ailleurs tu t’es toi-même chargée de faire courir la rumeur de notre relation avant que de filer aux Etats-Unis avec Riffaut…
—Tu parles d’un roman… » bredouilla-t-elle en raccrochant.


Peu après, c’est Riffaut qui appela Amélie :

« Bonjour, c’est moi, je suis rentré. Je pensais bien te trouver là. Est-ce que tu rentres ou tu préfères que je vienne te retrouver ?
—Bonjour, j’espère que tu as passé de bonnes journées de travail à San Diego. Je rentrerai demain en fin de journée. Non, ne viens pas, je n’y tiens pas, et je ne suis pas seule.
—Ah bon ! tu profites de mon absence pour prendre du bon temps avec tes amantes.
—Erreur mon cher, je suis avec mon amant. Et je profite de ma liberté comme toi qui baises à San Diego, ou ailleurs, avec Denise.
—Qu’est-ce que tu racontes, je baiserais, selon toi, avec ma sœur ?
—Mais oui mon cher, avec ta sœur, et ce n’est pas d’aujourd’hui! Mais, rassure-toi, de moi, vous n’avez rien à craindre, du moment que tu me fiche la paix. Mais du côté de Daniel, c’est moins sûr ! Il vient de découvrir la chose et il est furieux…À demain ! »


Assez contents d’eux, et encore plus excités, Amélie et Martin passèrent leur dernière nuit puis la journée du lendemain, dans une sensualité la plus confondante et à faire des projets d’avenir.


-VI- Épilogue : Martin  encore floué !

Amélie vint s’installer chez Martin, mais pour quelques jours seulement, lui expliqua-t-elle. « Comprends-moi, je ne peux pas, d’un coup, rompre avec Raoul. Je dois le ménager, car j’ai besoin que le jugement de divorce m’octroie une bonne pension. Ce n’est pas toi seulement qui va me maintenir mon train de vie actuel. Les rentes dont j’ai hérité de mes parents me permettent juste (et même pas vraiment dans la conjoncture actuelle !!!) d’entretenir la maison de Cap Ferret. Tu ne penses pas, je pense, que  je vais me mettre au travail ? »

Déçu, Martin comprend qu’il va devoir continuer à partager avec Raoul, et qu’Amélie ne sera à lui que selon son bon plaisir.

De soir en soir, le comportement d’Amélie se modifia ; après quelques soirées passées encore en  tête à tête, elle l’entraîna dans des clubs de rencontres d’abord plutôt selects, puis plus glauques, histoire pensa-t-il a posteriori, de le préparer aux partouzes très privées où elle pensait pouvoir l’entraîner auprès ses amies proches, et où il deviendrait un jouet sexuel en chair et en os de celles-ci.


Subjugué par l’attrait qu’elle exerçait sur lui, il ne protesta que mollement, d’autant que si elle passait de partenaire en partenaire, il en était de même pour lui et y trouvait son content de plaisirs. Mais vint un soir, où elle lui dit : « Chéri, cette nuit, nous allons dans une réception particulière où je vais te présenter et te partager avec quelques amies : je souhaite que tu les honores  comme tu me le fais si bien. »

Il se contenta juste de demander : « Y aura-t-il Denise ?
—Tu veux rire, non ? Depuis quand range-tu Denise au nombre de mes amies. Nous ne serons que trois femmes : Nicole, oui, la femme de ton Directeur, Élise, une amie de faculté, et moi. Tu vois nous commençons modestement : Nicole, tu la connais, elle a l’âge de Denise, mais elle est incomparablement plus belle et plus intelligente, et c’est une “bi“ très ardente. Cette femme, c’est du feu, et tu vas te régaler. Quant à Élise, superbe lesbienne de mon âge, ma 1ère amante d’ailleurs, et la plus chère, elle ne te demandera rien d’autre que de l’exciter par tes ébats avec Nicole, ou avec moi. »

La rencontre eut lieu dans l’appartement  d’Élise. Nicole Bouchard était déjà là, méconnaissable. La bourge de quarante ans (un peu) passés, à demi nue, en cuissardes de cuir, mini short de même matière et soutien-gorge encore en cuir, dont les bonnets, ouverts, laissaient saillir, tout en les soutenant à la base, de beaux nichons de femme mûre. Elle avait en main un fouet à plusieurs lanières, de cuir souple aussi évidemment.

Élise portait un déshabillé vaporeux entièrement transparent qui permettait d’apprécier son corps somptueusement proportionné.

Amélie se dénuda en un clin d’œil : elle était nue sous sa robe, à l’exception d’un porte-jarretelles arachnéen et de ses bas noirs qu’elle conserva, ainsi que ses escarpins.

Sous le regard amusé d’Élise, Amélie et Nicole dévêtirent Martin. Nicole enleva son short dévoilant alors un cul d’anthologie et une chatte entièrement épilée, ce qui donna l’occasion à Martin de d’admirer une chatte gonflée, largement fendue et déjà dégoulinante de mouille, ce qui sans doute impliquait que les deux femmes n’étaient pas restées inactives en les attendant.

Nicole mit son fouet dans la main de Martin en lui disant : « vas-y ! » en lui tournant le dos. « Puis tu passeras à Amélie. »

Écoeuré, il refusa tout net.

Il rassembla ses vêtements et commença à se rhabiller.

Mais les femmes s’emparèrent de lui, lui passèrent des menottes aux poignets et aux chevilles avant qu’il pensât même à réagir. Pour finir, elles attrapèrent une corde fine de nylon, munie d’un noeud coulant qu’elles lui passèrent au cou, Élise se chargeant, juchée sur une chaise de la passer dans un crochet de suspension, non utilisé, au plafond. La corde fut ensuite légèrement tendue et liée à un piton fixé dans le mur derrière lui.

Ainsi appareillé, Martin n’eut d’autre choix que de se tenir tranquille.

Ce que lui firent les trois femmes—Oh rien de méchant, croyez le bien ! Il eut seulement à satisfaire, plus que de raison, Nicole et Amélie, et aussi, quoique indirectement, Élise—il vous reste à l’imaginer.

Il rentra sain et sauf, mais humilié et en colère, à la maison.

Lorsque Amélie se présenta, toute guillerette, tout sourires, le lendemain soir à sa porte, elle y trouva, emballés dans des sacs poubelles, ses vêtements et autres objets personnels. Et  un mot succinct et sans appel :

« Merci pour tout le plaisir que je t’ai donné ; mais n’y reviens pas, ma bêtise est certes abyssale, mais pas sans fond. »

Par MORE - Publié dans : Martin
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Mardi 16 décembre 2008

Il est connu pour être un bon baiseur jamais rassasié, jamais content avec une seule copine et toujours prêt à découcher pour de nouvelles partenaires...mais,lorsque les femmes s'y mettent, elles font fort!


Elle a bien fait les choses Câline
Ô la salope ce soir
Avec grand talent et sereine
La coquine déploya au noir
Le grand jeu sachant qu'en cette fin de semaine
Il s'en allait trousser Perrine
Pour en lécher le lait et en gober les œufs
Et lutiner les miches oui celles de la copine
Qu'elle-même lui présenta avec ses meilleurs vœux
Pour une fine partie
Et en lui prédisant "tu verras cette pisseuse
Qui fut mon amoureuse
Elle te montera au ciel
Grâce à son miel
À sa cyprine
Que tu boiras
Jusqu'à la lie"
Et elle-même ce soir-là Câline
Elle la lui jouera fine
Justement
Comme Perrine la bonne du curé
Fit exactement
Et il en fut tout dérouté
Elle se déshabilla
Avec le savoir faire d'une effeuilleuse
Et toute la grâce d'une amoureuse
Puis elle se chargea
De le dévêtir
Il la laissa faire sans trop se languir
Trop heureux de tant d'égards...
"Ô chérie—oui—caresse moi du regard
Et surtout de tes mains en tous les points sensibles
Que tu connais si bien"
Sur le lit ensuite et s'en est ainsi bien
Risible
C'est la course de lenteur
Sans accès de langueur
Elle peut se maîtriser dans les préliminaires
Fusion de bouches de langues emmêlées
Caresses liminaires
Et subtiles des tétons
Sur son bâton dressé
Longs baisers mouillés
Sollicités
Dans la vallée de ses nichons
Dans les creux du nombril et du cul
Et de son fruit qui n'est pas défendu
Surtout par elle oh non
Qui s'attarde en un long moment d'éternité
Sur son sceptre sucré
Le long duquel monte un désir immense et si délicieux
Qui finira seulement quand elle le décidera par exploser au plus haut des cieux
En un orgasme de folie
Et au matin il se réveille enchaîné menotté
Au lit


Jusqu'à la fin de la semaine
Pendant que dans ce temps la vilaine
Câline
Ainsi que sa Perrine
Baisent sans relâche le grand pécheur baisé

Par MORE - Publié dans : Martin
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